Publié le 2 Feb 2021 - 07:27
VIOLENCE ET BAVURE DES FORCES DE L’ORDRE, DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

La gendarmerie promet des sanctions, la police réfute et s’explique

 

La vidéo compromettante d’un gendarme en train de battre des manifestants interpellés et des messages audiovisuels accusant la police de bavure circulent, depuis des jours. Les autorités de ces deux entités ont réagi à ces polémiques.

 

Le jeudi 28 janvier dernier, une vidéo a été publiée dans les réseaux sociaux montrant un gendarme en train d’asséner des coups à des personnes interpellées et embarquées à bord d’un véhicule de service à Semme, une localité non loin de Ourossogui, dans le nord du pays. Face au spectacle choquant, dégradant et inadmissible, la gendarmerie nationale a tenu à réagir. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la division de la communication renseigne que la brigade de Semme est intervenue pour rétablir l’ordre, suite à une manifestation de jeunesse sur la route nationale n°7, à quelques kilomètres du village de Bondji. Au terme d’une opération de rétablissement de l’ordre au cours de laquelle les protestataires ont fait preuve de détermination et usé de violences, la viabilité de l’axe routier a été rétablie. Quelques manifestants, qui ont opposé une vive résistance et défié les forces de l’ordre, ont été interpellés, puis acheminés à la brigade de la gendarmerie pour les besoins de leurs auditions.

‘’Contre toute attente, un gendarme du détachement d’intervention s’est permis de porter des coups injustifiés aux personnes interpellées, en contradiction avec les principes d’exécution du service de la gendarmerie, fondées sur le respect de la dignité humaine, notamment. Tout en réprouvant cette attitude aux antipodes des valeurs que le gendarme est censé incarner, le Haut commandement de la gendarmerie a pris les mesures conservatoires appropriées’’, annonce la division.

Selon qui, une enquête est initiée en vue d’établir les responsabilités des dysfonctionnements à l’origine de l’incident.

Par ailleurs, selon d’autres sources, le gendarme en question, qui a été identifié, sera traduit en conseil d’enquête.

Violences, lors d’opération de retrait des enfants de la rue : les dénégations de la police

La police nationale est aussi sous les feux de la rampe, depuis que des messages audiovisuels, diffusés sur les réseaux sociaux, dénoncent une utilisation exagérée de la force par des policiers, ce samedi. Elle a réagi à travers un communiqué reçu à ‘’EnQuête’’ et tient à préciser que c’est dans le cadre des activités du Comité départemental de protection de l’enfant (CDPE) que des opérations de retrait des enfants de la rue ont été menées, le jeudi 28 janvier dernier, dans les secteurs de la Médina, Dieuppeul, Grand-Dakar, Colobane et Point E. L’objectif, selon la note, est de protéger les enfants des risques de contamination à la Covid-19 et de leur assurer un accès à l’éducation et à la santé. A ce titre, et conformément à la procédure, la police nationale, par le biais de la Brigade des mœurs et des mineurs de la Sûreté urbaine, a apporté son concours aux acteurs impliqués dans ces opérations.

Dès lors, poursuivant leur mission dans le secteur de Grand-Dakar, renseigne le document, deux individus se sont présentés devant les éléments de la police pour s’opposer vigoureusement à l’opération et ordonner aux enfants de saccager le bus affrété par le ministère chargé de la protection de l’enfant pour les besoins de ladite opération. ‘’Cette entrave au travail de la police a entrainé l’interpellation de l’un des récalcitrants, qui a été conduit au commissariat de Grand-Dakar, avant d’être relaxé quelques minutes plus tard. C’est pourquoi nous souhaitons réfuter ces allégations dénuées de tout fondement, eu égard aux accusations graves portées à l’endroit de la police nationale et de l’État du Sénégal qui, en aucune manière, ne peuvent être derrière une cabale contre les ‘’daaras’’ et les maitres coraniques’’, se défend la police. Qui a rappelé que la mission menée, dans le cadre des activités de la CDPE, ne vise pas les écoles coraniques, mais il s’agit plutôt de retirer les enfants de la rue et leur assurer un retour sécurisé dans leurs foyers respectifs, aux côtés de leurs parents.

‘’En définitive, nous rappelons que la police nationale est au service de tous les Sénégalais sans distinction aucune et continuera, comme toujours, de mener ses missions régaliennes dans le respect de la loi et des droits des citoyens’’, conclut le Bureau des relations publiques de la police.

CHEIKH THIAM

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