Halte à la recherche de scoop !

La recherche du scoop ne doit jamais primer sur le respect des droits des victimes, particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants. Un atelier de formation de deux jours consacré aux questions de genre, à l’exploitation sexuelle des enfants en ligne réunit une trentaine de journalistes à Thiès.
La Cellule Zone Ouest de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), en partenariat avec Plan International Sénégal, a lancé hier à Thiès une session de renforcement de capacités. L’objectif est de permettre aux 35 jeunes journalistes venus des différents départements de la région de Thiès, notamment Mbour, Tivaouane, Mboro et Thiès, d’acquérir les connaissances et les outils nécessaires pour produire des contenus médiatiques responsables et de qualité sur des thématiques sensibles touchant les droits et la protection des enfants.
Selon le coordonnateur de la Cellule Zone Ouest de la CJRS, Djiby Diagne Ndiaye, cette initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des violences numériques, du harcèlement en ligne et de la diffusion de contenus portant atteinte à l’image et à la dignité des enfants. « À l’ère du numérique, les journalistes ont une responsabilité importante dans le traitement de l’information liée aux enfants. Il est essentiel de respecter leurs droits, leur image et leur dignité, notamment lorsqu’ils sont victimes de violences ou d’abus », a-t-il déclaré.
Cette formation, ajoute-t-il, vise à sensibiliser les professionnels des médias aux bonnes pratiques journalistiques, notamment en matière de protection des mineurs. Il insiste sur la nécessité pour les journalistes de privilégier les sources spécialisées et de s’appuyer sur l’expertise des organisations de protection de l’enfance afin d’assurer un traitement éthique et responsable de l’information.
S’agissant de la question des violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire, il rappelle que les journalistes ont un rôle déterminant dans la prévention et la sensibilisation des communautés. Selon lui, la recherche du scoop ne doit jamais primer sur le respect des droits des victimes, particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants.
De son côté, Fatoumata Fall, représentante de Plan International Sénégal, a souligné l’importance du partenariat avec la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal. « Plan International œuvre pour la promotion et la protection des droits des enfants, en particulier ceux des filles. Les journalistes constituent un maillon essentiel dans la diffusion de l’information. Il est donc naturel de collaborer avec eux, afin de renforcer leurs capacités et de les accompagner dans la production d’informations fiables, objectives et respectueuses des droits des enfants », a-t-elle indiqué.
Mme Fall a également relevé que, malgré les progrès enregistrés dans le traitement médiatique des questions liées à l’enfance, des efforts restent encore à fournir. Elle estime que la formation continue demeure un levier indispensable pour améliorer la qualité des contenus diffusés et favoriser une meilleure compréhension des enjeux par les populations.
Durant ces deux jours, les participants vont ainsi être outillés sur les mécanismes de protection de l’enfant, les violences basées sur le genre, les risques numériques, ainsi que les principes déontologiques à respecter dans le traitement des informations impliquant des mineurs. À l’issue du premier jour, les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des échanges et à la pertinence des thématiques abordées.
Selon eux, cette formation constitue une véritable opportunité d’acquérir des outils pratiques pour produire des contenus médiatiques plus équilibrés, inclusifs et respectueux des droits humains. Elle contribue également à améliorer le traitement des informations sensibles, à prévenir toute forme de revictimisation des survivantes et des victimes, et à promouvoir une communication médiatique favorisant l’égalité de genre, le respect de la dignité humaine et la protection des droits de l’enfant.
Ndeye Diallo (Thiès)






