Publié le 29 Jun 2013 - 03:45
VOTE DE LA LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE

Les députés sont contre les 26 décrets d’avances signés par Macky Sall

 

Les députés de la mouvance présidentielle comme ceux de l’opposition n’ont pas apprécié les 26 décrets d’avances auxquels a fait recours le gouvernement, après seulement moins d’un an de fonctionnement. Et ils l’ont fait savoir au ministre de l’Economie et des Finances, hier, lors du vote du projet relatif à la première loi de finances rectificative pour l’année 2013.

Le projet de loi relatif à la première loi de finances rectificative pour l’année 2013 a été adopté, hier. Même si cette loi a été votée par une grande majorité des députés, la question qui a le plus préoccupé ces derniers reste le nombre de décrets d’avances. En moins d’un an, le Président Macky Sall a fait recours à 26 décrets d’avances. Les députés, de la mouvance présidentielle comme ceux de l’opposition, se sont interrogés sur les urgences qui ont poussé le gouvernement à  recourir à ces décrets d’avances. Selon le député Cheikh Seck, ce qui est le plus gênant dans cette loi de finances rectificative est les décrets d’avances. ‘’26 décrets d’avances, c’est trop.

Je ne peux pas comprendre qu’il y ait une urgence pour que 26 décrets d’avances soient prises’’, s’offusque-t-il. Pourtant, le gouvernement sortant avait fait recours à 8 décrets d’avances dans sa dernière loi de finances rectificative. Ce qui avait été décrié l’année dernière par les députés de la 11ème législature. Pour cette année, les décrets d’avances listés par le gouvernement constituent une enveloppe de plus de 100 milliards de F CFA, informe le président du groupe parlementaire libéral, Modou Diagne Fada. ‘’Qu’est-ce qui est à l’origine de ces décrets d’avances ? Qui sont les bénéficiaires ?, se demande-t-il. ‘’Tous ces décrets d’avances sont gagés sur des annulations d’égal montant’’, répond le ministre de l’Économie et des Finances. ‘’Ces décrets d’avances sont conformes à la loi. Ils sont aussi exécutés exactement comme les crédits inscrits dans la loi. Ils font l’objet de liquidation et de paiement dans les mêmes procédures. On les a mis en place pour faire face à des urgences’’, rassure-t-il.

‘’Les urgences ne souffrent d’aucune contestation’’

Parmi les urgences qui ont poussé le gouvernement à recourir à ces types de décrets, Amadou Kane liste les subventions allouées aux universités pour 9,5 milliards pour faire face au dernier trimestre de 2012, le paiement des bourses et allocations du dernier trimestre de 2012 pour 10 milliards, le sommet de l’Africités, la subvention de l’hémodialyse pour 1,5 milliard, les inondations, etc. ‘’La nature de ces urgences ne souffrent d’aucune contestation’’, ajoute, M. Kane. ‘’L’année dernière on avait décrié les décrets d’avances. Cette année encore nous allons les décrier. Trop c’est trop. Ces décrets, nous allons le suivre et s’il y a des zones d’ombre, nous allons ouvrir une commission d’enquête parlementaire’’, dit le président du groupe majoritaire, Bennoo Bokk Yaakaar.

Dans cette loi de finances rectificative, le budget de la présidence de la République a connu une hausse de plus de 32 milliards. Son budget passe de 76 milliards à 109 milliards. Mais, cela se justifie, selon le ministre de l’Économie par l’organisation du sommet de la Francophonie que le Sénégal doit accueillir en 2014. Il sera alors construit à Diamniadio un centre de conférence pour cette manifestation. En plus de la présidence de la République, les budgets de la Primature et du ministère des Affaires étrangères en ont bénéficié. Les ressources et les charges de la loi de finances sont arrêtées pour l’année 2013 à 2527,036 milliards.
 

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

Section: 
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ONU : Macky Sall dans le dur
COMMISSION D’ENQUÊTE A L’AN : Takku Wallu Sénégal se retire et dénonce un « cirque médiatique »
FONDS SPÉCIAUX : Le Conseil constitutionnel bloque la réforme de la LOLF, sans trancher le fond
PREMIÈRES GRANDES CONFÉRENCES DU SYNPICS : Makhtar Cissé défend une presse libre de critiquer
COMMISSION D’ENQUÊTE « UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » Daouda Ngom répond présent
AUDITIONS D'ABDOU AZIZ DIOUF ET D'ABOUBAKRY NIANE : Destins croisés de deux universitaires
COMMISSION D’ENQUÊTE « UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » : Moussa Baldé refuse de se présenter à l’audition du 16 octobre
… Abdoulaye Daouda Diallo non plus
COMMISSION D’ENQUÊTE « UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » Moussa Baldé refuse de se présenter à l’audition du 16 octobre
PÉTROLE - FONDS SPÉCIAUX - INONDATIONS : Pastef réclame de nouvelles enquêtes
MASSIFICATION DU PARTI AU POUVOIR : Le MNAS-KIIRAAY s’engage
CEP SUR LE “PATRIMOINE BÂTI DE L’ÉTAT” : Abdou Karim Fofana se lave à grande eau
« UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR » : Cheikh Oumar Anne conteste l’enquête et décline l’invitation
Assemblée nationale
Mouvement DKA
LICENCES DE PÊCHE : Les zones d’ombre de la chaîne décisionnelle
Commissions d’enquête parlementaire
LICENCES DE PÊCHE : La CEP remonte la chaîne des décisions
ENQUETE PARLEMNATIRE/PATRIMOINE BÂTI DE L’ÉTAT : Baux emphytéotiques, données incomplètes, actifs récupérés : les zones d’ombre d’un patrimoine mal maîtrisé
ENQUÊTES PARLEMENTAIRES : Le Forum Civil veut étendre le contrôle aux véhicules de l’Assemblée et de l’ONRAC