Publié le 8 May 2014 - 14:36
SUPPOSÉE INTERDICTION DE VISITE A KARIM WADE

La défense dénonce des actes de torture 

 

Les avocats de Karim Wade considèrent que leur client est injustement privé de visites. Dans un communiqué, ils dénoncent une violation des droits de l'Homme. Une source judiciaire parle de lenteurs liées à une affectation.  
 
 
Les  avocats  de  Karim  Wade sont très remontés contre l’État. La raison de leur courroux s’explique par les visites dont Karim Wade serait privé. Dans un communiqué parvenu à ‘’EnQuête’’, la défense considère que ‘’l’État  du  Sénégal vient de franchir un nouveau pas dans la violation de ses engagements internationaux et  la négation de  droits de l’Homme  de Monsieur  Karim  Wade’’. Les robes noires accusent les autorités ‘’de  priver’’ leur client de ‘’toute visite  de  la  part  de  sa  famille,  de  ses  proches,  de  ses  amis  et  de  ses  soutiens’’. 
 
Tout en précisant que cette situation perdure depuis trois semaines, les avocats soutiennent que  la  seule explication fournie par la Cour de Répression de l’Enrichissement illicite (CREI) est  ''qu’il s’agit  d’instructions  provenant  de  la  hiérarchie’’. Pour les conseils, il s’agit tout simplement d’un ''isolement'' constitutif ‘’d’actes de torture au sens du droit international des  droits de l’Homme’’.
 
A leurs yeux, cette situation a toujours prévalu depuis l’incarcération de leur client. ‘’Depuis, tous les subterfuges et astuces ont été utilisés pour restreindre son droit de visite, en  accompagnant  la délivrance des permis  de  visiter un détenu le concernant de restrictions, de  limitations sur fond de tracasseries et de refus arbitraires’’, fustigent-ils, tout en soulignant que ‘’des  milliers  de  personnes se sont vu refuser sans explication et sans recours leur demande d’autorisation de visite’’. 
 
Au regard de cette situation, les avocats de l’ex-ministre d’État ‘’exigent  de  la  part  de  l’État  du Sénégal  la  cessation immédiate de  cette  violation’’. Aussi, invitent-ils l’État ''à se conformer  à ses engagements internationaux, notamment, au  tire  de  la  convention contre  la  torture  et  les traitements  et  peines  humiliants  et  dégradants  de  1984  et  à  respecter  son  propre  droit’’.
 
Une voix autorisée évoque des lenteurs
 
Au moment où les avocats de Karim Wade dénoncent une privation de visites dont serait victime leur client, une source judiciaire s’inscrit en faux. Notre interlocuteur renseigne qu'il appartient désormais au parquet spécial de délivrer les permis de visite, puisque la commission d’instruction a déjà fini son travail et lui a transmis le dossier. Sans être tout à fait formel, notre source nie une quelconque privation. 
 
Notre interlocuteur considère qu'il s'agit là de lenteurs. Il renseigne que trois greffiers sont mis à la disposition de la commission d’instruction de la CREI, tandis qu'un seul est au parquet spécial. Or, celui qui y était affecté jusque-là a été relevé de ses fonctions pour des manquements. Notre source de renseigner que son remplaçant n’a rejoint l’équipe qu’hier mercredi. Ce qui lui fait croire qu’il s’agit tout simplement de lenteurs. 
 
À propos d'un possible refus de visite à l'ex-président Wade, notre source judiciaire botte en touche. ‘’Est-ce qu’il en a formulé la demande ? Car personne ne lui aurait refusé le permis’’, tranche-t-elle, avant d’ajouter pour conforter sa position : ‘’Viviane Wade n’a jamais été privée de visite. D’ailleurs, elle ne s’est jamais présentée. A chaque fois qu’elle en avait besoin, elle a envoyé ses avocats ou certains responsables libéraux.’’
FATOU SY
 
 

 

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