Publié le 28 Jan 2021 - 23:21
DIFFAMATION

Serigne Mboup réclame 1 milliard F CFA 

 

Le procès opposant Serigne Mboup aux membres du bureau de la Chambre de commerce de Dakar s’est tenu hier à la barre de la chambre correctionnelle de Dakar. Le président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal reproche à ces derniers de l’avoir diffamé. 

 
Estimant être diffamé par les membres du bureau de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar, le président de l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal leur a servi une citation directe. L’affaire a été évoquée, hier, à la barre de la Chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar. Serigne Mboup leur reproche d’avoir publié dans la presse une résolution dans laquelle son honneur a été sali. La citation est servie à 11 personnes, mais seuls Abdel Kader Ndiaye et Bruno D’Erneville ont répondu à la convocation.
 
Face au juge correctionnel, les deux prévenus ont contesté les faits. Toutefois, ils ont tenu à assumer leur signature apposée sur la résolution. D’après eux, ils ont agi de la sorte, car ils sont solidaires aux décisions du bureau. ‘’Je suis solidaire avec ce que le bureau a fait. Je ne suis pas allé voir la presse. Ce n’est pas mon rôle. Je ne suis pas habilité à parler à la presse. Je n’ai jamais dit qu’il est incompétent et qu’il est dangereux’’, s’est défendu Bruno D’Erneville. 
 
‘’Je respecte le plaignant. Il s’est fait tout seul. On est allé à des élections et Abdoulaye Sow a gagné à Dakar. Je ne sais pas ce qui oppose Serigne Mboup à ce dernier. Mais après, il nous a convoqués à son bureau sis au centre commercial Touba Sandaga, pour contester le vote du budget du bureau’’, a dit l’économiste et chef d’entreprise. ‘’Il nous a demandé ce qu’on a à gagner à la Chambre de commerce. Je lui ai dit qu’on n’est pas là pour se faire des sous, mais pour y représenter des hommes d’affaires’’, a-t-il poursuivi.
 
Pour sa part, son co-prévenu, Abdel Kader Ndiaye, a soutenu être surpris quand il a reçu la citation directe. ‘’La Chambre de commerce de Dakar, suite aux sorties de Serigne Mboup dans la presse, a décidé de suspendre sa participation à la rencontre de l’Union nationale des chambres de commerce. La décision a été prise au cours d’une assemblée générale. Je suis solidaire d’une décision prise par le bureau’’, a-t-il précisé. A l’instar de M. D’Erneville, il réfute le fait d’être l’auteur de la résolution, même s’il a signé le document. ‘’Notre assemblée comprend 100 personnes et je n’ai pas communiqué avec la presse. Dans le texte, je n’y vois pas de propos diffamatoires’’, renchérit-il.
 
Pour se justifier, il affirme : ‘’Le bureau s’est basé sur les sorties de Serigne Mboup pour faire cette résolution. J’assume avoir signé le document, car je suis solidaire du bureau. Nous sommes des responsables. Nos propos sont objectifs.’’ 
 
Selon la partie civile Serigne Mboup, ce n’est pas la première fois qu’il fait l’objet de ces attaques de la part des mêmes personnes qui sont traduites aujourd’hui à la barre. L’homme d’affaires informe qu’en 2015, ces individus avaient sorti une résolution que le président Abdoulaye Sow n’avait pas signée. Et dans ce document, il y avait des propos diffamatoires. D’ailleurs, à ce propos, son avocat, Me Baboucar Cissé, renseigne qu’une procédure judiciaire a été enclenchée. Mais après rapprochement de son client, la partie civile s’était désistée de son action. Il n’empêche qu’en 2020, ils ont récidivé.
 
‘’Ce n’est pas ma personne qui m’importe, dans cette affaire. Ils ont signé individuellement la résolution. Au niveau de l’UEMOA, on ne parle pas de la Chambre de commerce de Dakar ou de Thiès. Toutes les chambres sont concernées. Je ne faisais qu’alerter. Le fait de divulguer la résolution dans la presse peut entacher la crédibilité de l’union. Pour préserver les intérêts de la Chambre de commerce Dakar, ils jettent le discrédit sur les autres chambres de commerce’’, s’est désolé le plaignant.
 
Pour conclure, Serigne Mboup affirme qu’il est diffamé, car il est qualifié d’incompétent et d’erratique dans le document. ‘’La résolution est adressée au président, et c’est moi le président’’, a-t-il fait remarquer.
 
La défense sollicite le renvoi des prévenus des fins de la poursuite 
 
Les avocats de la partie civile, pour qui la culpabilité des prévenus ne souffre d’aucun doute, ont réclamé la somme d’un milliard pour laver l’honneur de leur client. ‘’Il faut oser assumer ces actes. Mon client a été diffamé. Quand on signe une résolution, on en est l’auteur. Peu importe qu’on l’ait écrite ou pas. Si vous êtes solidaires, acceptez que vous êtes solidaires de la publication’’, a plaidé Me Ousseynou Ngom.  ‘’L’objectif était de discréditer Serigne Mboup aux yeux de l’opinion internationale. Ils ne pourront se prévaloir de la bonne foi. Ils n’avaient pas le droit de divulguer la résolution. Ils ont choisi de le faire par voie de presse’’, a fustigé la robe noire.
 
Son confrère, Me Bamba Cissé, de poursuivre : ‘’Je précise que c’est une page de publicité. Ce qui veut dire qu’ils ont payé. En lisant ça, des opérateurs ont appelé Serigne Mboup, en croyant qu’il est corrupteur, qu’il est incompétent. Ça fait mal.’’
 
L’avocat a demandé que la décision rendue par le tribunal soit publiée dans la presse. Par la même occasion, Me Cissé a sollicité que les prévenus soient astreints au paiement de 10 millions de francs CFA pour chaque jour de retard.  ‘’Ils sont 11 prévenus dont les neuf se sont débinés dont le président de la Chambre de commerce de Dakar, Abdoulaye Sow. Ils sont tous de mauvaise foi’’, a relevé Me Baboucar Cissé.
 
‘’Depuis 1960, ils sont là. C’est des gens qui vivent aux basques de la Chambre de commerce de Dakar. Quatre-vingt pour cent du budget de la Chambre de commerce de Dakar vont au fonctionnement. Serigne Mboup veut un assainissement. C’est ce qui lui vaut ces attaques’’, lance l’avocat. 
 
A la suite du parquet qui a requis l’application de la loi, les avocats de la défense ont sollicité le renvoi des prévenus des fins de la poursuite. ‘’Sur la demi-page incriminée, on n’y voit pas les noms d’Abdel Kader Ndiaye et de Bruno D’Erneville. Ils sont auteurs de la résolution, mais pas de la publication. La résolution ne peut pas être considérée en elle-même comme des faits diffamatoires’’, a motivé Me Ousmane Thiam, un des avocats des prévenus.
 
Maitre Emmanuel Diatta, quant à lui, estime que les propos imputés aux parties civiles sont en réalité ceux de la partie civile. ‘’Sur la base de leurs propres termes, ils demandent la condamnation de nos clients. Il faudrait prouver en quoi les termes consignés dans la résolution sont diffamatoires’’, a plaidé Me Diatta. 
 
Au terme des plaidoiries, la chambre a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 10 février prochain. 
 
MAGUETTE NDAO

 

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