Publié le 2 Apr 2025 - 10:54
PROPOSITION DE LOI PORTANT INTERPRÉTATION LOI D'AMNISTIE  

Anta Babacar Ngom rejoint le front de la contestation 

 

Les anti- “loi Amadou Ba” se mobilisent avant son vote, ce 2 avril. Cette fois-ci, c'est la présidente du mouvement Alternative pour la relève citoyenne qui décoche une flèche contre la proposition de loi de plus en plus polémique.

Car selon la députée, “l’adoption de la loi d’interprétation de l’amnistie de 2024, prévue le 2 avril 2025, marquera un tournant sombre pour notre démocratie encore convalescente”. À travers un communiqué parvenu à ‘’EnQuête’’, la députée souligne que “ce texte est une diversion face aux vraies préoccupations des Sénégalais ! Une désillusion amère ! Ce n’est ni ce que les Sénégalais attendaient ni ce pour quoi ils se sont levés, battus et sacrifiés ! Ce n’est pas cela la promesse du Premier ministre, le 27 décembre dernier, lors de sa déclaration de politique générale”. Pour le principe, Anta Babacar Ngom est clairement pour “l’abrogation pure et simple de cette loi d’amnistie, même si les effets de droit ne sont pas rétroactifs”. Et heureusement, semble dire Arc, c'est largement dans les cordes de la majorité.

Dans sa requête, l'Alternative pour la relève citoyenne soutient qu'une interprétation de la loi n'est pas nécessaire. ‘’Elle institue une amnistie sélective et donc injuste. Nous assistons alors à une manœuvre désespérée pour sortir par la petite porte ce que la grande porte de la République avait déjà refermé par une loi d’amnistie contestée, inique, mais qui avait un champ d’application clair, délimité et connu de tous”, dit-elle. Cela est d'autant plus inutile, dans la mesure où “les incriminations visées par l’interprétation relèvent déjà des crimes internationaux, donc sont imprescriptibles et ne peuvent pas être couvertes par une loi d’amnistie nationale. Alors, à quoi bon interpréter la loi d’amnistie de 2024 qui est déjà limpide dans son esprit, sa lettre et ses intentions. Que vise-t-on, sinon une justice à géométrie variable ?”.

D’après Anta Ngom, “le peuple sénégalais aspire à guérir. Il a soif de vérité, de réconciliation et d'avenir. Et pour cela, il nous faut le courage de regarder ensemble dans le rétroviseur de notre histoire, non pour juger, mais pour comprendre. Non pour punir, mais pour panser”.

Ainsi, elle propose “d’abroger cette loi et d’ouvrir de larges consultations nationales, en vue de la mise en place d’une commission ‘vérité et réconciliation’, à l’image de ce que fit l’Afrique du Sud post-apartheid”. L'ancienne candidate à la Présidentielle de 2024 en appelle à “la sagesse du président de la République et à l’engagement de la société civile, des guides religieux, des acteurs politiques et à tous les citoyens épris de justice”.

Toutefois, Arc promet de respecter le verdict si jamais la loi est adoptée, tout en déclarant faire usage des voies de recours possibles pour avoir gain de cause. “Nous ferons usage, dans le même esprit républicain, de nos droits constitutionnels, notamment ceux prévus par l’article 74 de la Charte fondamentale. Nous saisirons le Conseil constitutionnel pour faire constater l’irrégularité flagrante de ce texte”.

Enfin, comme tout dernier rempart contre la loi Amadou Ba, Anta Babacar Ngom tend la main à ses collègues parlementaires. “J’en appelle à la conscience des députés. À leur honneur. À leur sens de l’histoire. Celles et ceux qui ne veulent pas que demain on leur reproche d’avoir été les complices d’un déséquilibre moral. Il est encore temps de se lever. Non pour un parti, mais pour la justice. Non pour une revanche, mais pour la République”.

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