Publié le 21 Oct 2025 - 17:33
FIÈVRE DE LA VALLÉE DU RIFT

Six régions touchées, 192 guérisons enregistrées

 

Pour faire face à la fièvre de la Vallée du Rift, qui a touché six des 14 régions du Sénégal, le gouvernement, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP), a pris une série de mesures que le ministre Ibrahima Sy a rendues publiques hier.

 

Pour faire le point sur la situation épidémiologique actuelle relative à la fièvre de la Vallée du Rift, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a fait face à la presse hier. Une occasion pour Ibrahima Sy d’informer qu’à ce jour, la maladie affecte six des 14 régions du Sénégal, et que 258 personnes ont été atteintes, dont 192 sont désormais guéries.

Face à cette situation, le gouvernement, selon lui, a mis en place une riposte multisectorielle, coordonnée à l’échelle nationale et régionale, et a pris des mesures fortes et immédiates. Parmi celles-ci, il a cité l’activation des comités de gestion des épidémies à tous les niveaux – du national au local – afin d’assurer la coordination des interventions et la prise en charge médicale des malades, avec l’hospitalisation des cas graves et le traitement à domicile des cas simples. Cette organisation a été rendue possible grâce au renforcement de l’équipement médical de l’hôpital de Saint-Louis, d’une valeur de 139 900 000 F CFA, dont 104 millions destinés à cet établissement.

Parmi les mesures de santé publique, il a également mentionné la vaccination du bétail, notamment des petits ruminants, afin de limiter la propagation du virus chez les animaux. S’agissant des autres mesures, il a évoqué la lutte antivectorielle, qui consiste à identifier les sites susceptibles d’abriter les gîtes larvaires et à déterminer les moyens de les éliminer. « Dans la lutte antivectorielle, nous considérons aussi l’utilisation de moustiquaires, de pièges et de pulvérisations, ainsi que la sensibilisation des populations », a-t-il précisé.

Il a également annoncé le déploiement du laboratoire mobile de l’Institut Pasteur de Dakar pour renforcer la détection rapide des cas, actuellement opérationnel dans deux centres situés dans le nord du pays. « Cela permet de prendre en charge très rapidement les cas suspects, d’assurer une détection précoce et de traiter sans délai, afin d’éviter les évolutions vers des formes graves », a-t-il expliqué. En outre, des actions de communication en langues locales sont menées par des professionnels de santé pour informer et sensibiliser les populations dans les marchés, les villages et les zones pastorales. « L’ensemble de ces efforts conjugués a permis de ralentir la progression de l’épidémie. Mais la vigilance doit rester de mise, car nous avons un cheptel important qui circule activement, et des populations qui demeurent vulnérables », a rassuré le ministre.

Sur un autre registre, Ibrahima Sy a appelé chacun à adopter les bons comportements, consistant à éviter les contacts avec des animaux malades ou morts, et à signaler rapidement les cas suspects.
Il a également recommandé l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées, le recours aux structures de santé en cas de fièvre ou de symptômes inhabituels, et l’abandon de l’automédication, rappelant que « l’usage d’anti-inflammatoires accroît le risque de complications ».

Par ailleurs, le ministre a informé qu’à la date du 3 octobre courant, le budget estimé pour faire face à cette épidémie s’élève à 1 312 147 900 F CFA, dont 822 393 400 F (63 %) alloués aux six régions touchées, et 489 754 450 F (37 %) réservés à la coordination nationale.
Sur ce montant, 74 millions ont déjà été mobilisés, tandis qu’un financement complémentaire de 888 147 000 F CFA, soit 67 %, reste à trouver.

« Il se peut qu’on n’ait pas beaucoup de cas au mois de novembre »

Pour le docteur Boly Diop, gestionnaire de l’incident, les formes graves représentent environ 1 % des cas. Selon lui, la maladie peut survenir partout, mais le rythme de progression montre une nette régression. « Cela a été possible grâce aux activités de saupoudrage. Il se peut qu’on n’ait pas beaucoup de cas au mois de novembre », a-t-il indiqué. Les 15-35 ans représentent 70 % des cas, soit 147 personnes. Les caractéristiques des cas confirmés montrent que la maladie touche toutes les catégories sociales, mais davantage les hommes (64 %) que les femmes (36 %). La zone rurale est la plus touchée (75,2 % contre 24,8 % en zone urbaine). Plus de 40 % du cheptel, soit 14 245 petits ruminants, ont déjà été vaccinés. Sur 1 657 prélèvements effectués, on dénombre 4 cas hospitalisés, 27 cas simples et 206 cas guéris, a-t-il précisé.

CHEIKH THIAM

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