Publié le 31 Jan 2026 - 13:55
AFFAIRE PRODAC

Les avocats de Mame Mbaye Niang en ordre de bataille

 

Avec le retour de l'affaire Prodac et la probable révision du procès, la défense de Mame Mbaye Niang s'organise et ne compte pas rester les bras croisés face à un adversaire qui revient à la charge.

 

Comme quoi, la balle est désormais dans leur camp. Après une longue possession et une circulation de balle sans partage, multipliant les offensives sur le camp adverse, la défense du Premier ministre Ousmane Sonko doit maintenant subir les assauts de son vis-à-vis. Plus de deux ans après, place aux prolongations, et l’on est loin d’une finale de Coupe d'Afrique des Nations Sénégal–Maroc. Du côté de Mame Mbaye Niang et de son pool d'avocats, on manœuvre pour remporter une nouvelle bataille judiciaire contre le président de Pastef.

Plus que jamais déterminées à défendre leur client, ces robes noires passent à l’attaque, mettant tout en œuvre pour que la révision du procès ne voie pas le jour. Mais, dans un premier temps, elles ne s’en prennent pas seulement au Premier ministre, mais également à deux autres ministres.

« On a déjà déposé une plainte pour faux et usage de faux contre les ministres Cheikh Diba, Yassine Fall ainsi que le chef du gouvernement, Ousmane Sonko. Et on espère que cette plainte sera instruite, car tout simplement le soi-disant rapport est un faux », souligne Me Baboucar Cissé, membre du pool d’avocats de Mame Mbaye Niang.

Pour le porte-parole du jour, il faut revenir sur cette histoire de rabat d’arrêt. « La procédure de rabat d’arrêt a été jugée le 1er juillet 2025 par la Cour suprême. La Cour avait estimé qu’en utilisant le rabat d’arrêt, Ousmane Sonko voulait faire rejuger une affaire déjà jugée. Elle avait donc rejeté cette demande de M. Sonko. Malgré tout cela, d’aucuns, on ne sait par quelle alchimie, veulent introduire une procédure de révision. C’est ce qui est ridicule dans cette histoire », martèle Me Cissé.

Selon lui, ce revirement s’explique par un changement à la tête du ministère de la Justice. « Je rappelle que lorsque le ministre Ousmane Diagne était en fonction, une commission avait été saisie et avait émis un avis défavorable, estimant qu’une révision n’était pas possible. Mais qu’a-t-on fait entre-temps ? On a débarqué l’ancien ministre de la Justice, Ousmane Diagne, pour installer Yassine Fall, malléable et corvéable à merci », accuse-t-il.

Poursuivant son propos, Me Baboucar Cissé explique comment, selon lui, la garde des Sceaux, Yassine Fall, aurait orienté la situation en faveur du chef du gouvernement, l’accusant d’avoir placé ses hommes afin de réécrire l’histoire. « C’est elle qui a institué une nouvelle commission au sein de laquelle 12 membres sur 13 sont sous ses ordres. Bien évidemment, comme on pouvait s’y attendre, cette commission n’a pas mis son veto. Mais la question que l’on devrait se poser est la suivante : sur quoi se sont-ils fondés pour justifier cette révision ? »

Autre membre de la défense de l’ancien ministre du Tourisme et des Loisirs, Me Omar Youm estime que le processus de réouverture du dossier viole certains principes fondamentaux. « Pour une procédure de révision, il faut des conditions. Il faut que la pièce invoquée soit inconnue au moment des débats ayant abouti au jugement rendu. Or, la pièce était déjà connue lors des débats. Il ne faut pas faire d’amalgame entre une pièce inconnue et une pièce nouvelle. Dans cette procédure de révision que l’on essaie de nous imposer, il n’y a qu’une pièce fabriquée pour les besoins de la cause », soutient-il.

Toutefois, l’avocat espère un retour à la raison des partisans de la révision du procès. À défaut, selon lui, les magistrats de la Cour suprême devront sauver l’honneur de la justice. « Il faut que la justice n’accepte pas de se faire manipuler pour servir une cause personnelle, de se faire piétiner parce que le prince veut quelque chose. On espère que ceux d’en face reviendront à la raison et retireront leur requête en révision, faute de quoi ils seront tout bonnement humiliés par les magistrats de la Cour suprême », conclut-il.

Mamadou Diop

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