Publié le 10 Oct 2026 - 19:41
LA SITUATION DU CHÔMAGE AU SÉNÉGAL

Le marché de l’emploi sous tension au deuxième trimestre 2026

 

Le taux de chômage élargi a atteint 19,1 % au deuxième trimestre 2026 au Sénégal, marquant une légère hausse sur un an. Selon les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, cette dégradation touche particulièrement les jeunes et le milieu rural, dans un contexte de baisse de l'emploi salarié.

 

Dans l'imaginaire sénégalais, le taux de chômage est souvent exagéré, le vocable chômage lui-même est souvent galvaudé, voire extrapolé. C'est dans ce genre de contexte de rumeur généralisée que l’ANSD entre en scène pour mettre la lumière un peu partout. Ainsi, les derniers chiffres de l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal reflètent un marché du travail à la peine.

Entre avril et juin 2026, le taux de chômage élargi a très légèrement progressé pour être « estimé à 19,1 %, correspondant à une légère hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à la même période en 2025 (19,0 %) ». Ceci étant dit, si l’indicateur au sens strict du Bureau international du travail affiche une valeur plus modeste de « 3,2 % au trimestre sous revue », la réalité vécue sur le terrain traduit une vulnérabilité bien plus répandue, faite de précarité et de quête d'opportunités stables.

Selon les données de l'agence nationale, ce ralentissement frappe en premier lieu les jeunes générations. Ce taux atteint « 23,5 % chez les jeunes, contre 14,7 % chez les adultes, soit un écart de 8,8 points de pourcentage ».

Au-delà de la recherche d'emploi, c’est l'isolement qui s’installe pour une part croissante de la jeunesse : au deuxième trimestre de 2026, « 35,3 % des jeunes » âgés de 15 à 24 ans n’étaient « ni en emploi, ni en éducation, ni en formation ». Par rapport à la même période de l’année précédente, la proportion de ces jeunes concernés a augmenté, « passant de 32,8 % au deuxième trimestre de 2025 à 35,3 % en 2026 ».

Le lieu de vie pèse lui aussi lourdement dans la balance. Le chômage élargi reste « plus élevé en milieu rural (29,2 %) qu’en milieu urbain (12,6 %) ».

Face à un marché qui peine à absorber les demandes, la participation globale à l'économie montre des signes de fatigue. « 55,9 % des personnes en âge de travailler » ont participé au marché du travail, marquant une baisse de « 0,6 % » du taux d'activité par rapport à l'année précédente. Chez les jeunes, ce taux est à « 46,3 %, alors que chez les adultes, il atteint 70,4 % ».

Le taux d’emploi s’est établi quant à lui « à 41,4 % au trimestre sous revue, contre 41,7 % au deuxième trimestre de 2025, soit un recul de 0,3 % ». Là encore, l'écart de génération demeure marquant, le taux d'emploi étant « presque deux fois plus élevé chez les adultes (57,7 %) que chez les jeunes (30,6 %) ».

Trouver un emploi salarié, souvent garant de stabilité, devient plus difficile. L’emploi salarié « a représenté 41 % du total des emplois, contre 42,6 % à la même période de 2025 ». Cette forme de travail demeure d'ailleurs principalement urbaine, « s’établissant à 45,2 % en milieu urbain, contre 32,0 % en milieu rural ».

Faute d'accès au salariat, une grande majorité de personnes façonnent elles-mêmes leur propre activité : « six personnes occupées sur dix étaient des travailleurs indépendants, soit 60,8 % ». Cette catégorie regroupe « les travailleurs pour compte propre (59,8 %) et les employeurs (1,0 %) ». Pour le reste de la main-d’œuvre, les salariés représentent « 30,4 % », tandis que les travailleurs familiaux en constituent « 8,5 % ».

Mamadou Diop

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