Publié le 13 Apr 2026 - 15:21
MODERNISATION ET RÉGULARISATION DU TRANSPORT AU SÉNÉGAL

L’appel des Chauffeurs Allo Dakar

 

L’Association Nationale des Chauffeurs Allo Dakar du Sénégal a exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble de ses chauffeurs, mobilisés dans les 14 régions du pays, pour leur comportement exemplaire durant les deux semaines de grève du syndicat des transporteurs. Elle a lancé un appel aux autorités.

 

La grève des transporteurs routiers a fortement perturbé la mobilité des populations, les privant de conditions de déplacement adéquates. Elle a notamment affecté la communauté chrétienne lors de la célébration de la fête de Pâques. Face à la presse hier, le président de l’Association Nationale des Chauffeurs Allo Dakar du Sénégal, Abdoulaye Ndiaye, a fait le bilan du mouvement de grève qui a duré deux longues semaines.

Il a souligné que cette période de perturbation a fortement impacté les populations sénégalaises, limitant leur accès à des conditions de déplacement adéquates. Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées par la communauté chrétienne lors de la célébration de la fête de Pâques. Avant de féliciter les membres de son organisation pour leur mobilisation, ayant permis d’assurer la continuité du service sur l’ensemble du territoire national, couvrant les 14 régions et les 45 départements du Sénégal, parfois dans des conditions sécuritaires difficiles.

Le président de l’Association a également exprimé sa compassion à l’endroit des usagers pour les désagréments subis, en particulier les hausses tarifaires constatées dans certaines zones. Il a toutefois précisé que ces pratiques ne relèvent pas des directives de l’organisation, qui avait instruit ses membres de maintenir des tarifs accessibles dans toutes les gares.
Insistant sur la place centrale des clients, Abdoulaye Ndiaye a réaffirmé l’engagement de son organisation à offrir des services de transport sûrs, fiables et accessibles.

Ce faisant, il a réitéré son appel à l’État du Sénégal en faveur de la régularisation du covoiturage. Selon lui, ce secteur représente un levier important de création d’emplois, impliquant plus de 50 000 jeunes au quotidien et contribuant significativement aux revenus de nombreuses familles.

Il a souligné que la mise en place d’un cadre légal permettrait non seulement de structurer cette activité, mais aussi de renforcer la sécurité routière et d’améliorer les conditions de travail des acteurs, en les mettant à l’abri des contraintes et des tracasseries.

Abdoulaye Ndiaye estime, en effet, que la récente grève a permis aux Sénégalais et aux autorités publiques de mesurer pleinement l’utilité et l’efficacité des services Allo Dakar, dont la qualité des prestations continue de renforcer la confiance des usagers à l’échelle nationale.
Dans ce sens, il lance un appel solennel aux autorités, notamment à Bassirou Diomaye Faye, Président de la République, à Ousmane Sonko, ainsi qu’au ministre des Transports Yankhoba Diémé, afin d’engager des réformes concrètes pour une modernisation durable du secteur du transport au Sénégal.

Un secteur en retard face aux mutations des infrastructures

Dans e Secrétaire Général National d’Allo Dakar, Gora Ndiaye, basé à Thiès, a dressé un diagnostic sans complaisance du secteur du transport sénégalais, appelant à des réformes profondes pour l’adapter aux exigences modernes en matière de sécurité, de professionnalisme et de qualité de service.

Le transport au Sénégal reste marqué par un amateurisme persistant, qu’il estime inchangé depuis les indépendances. « Cette situation contraste fortement avec les avancées enregistrées dans les infrastructures, notamment avec la mise en service d’axes modernes comme les autoroutes à péage, qui exigent désormais des véhicules adaptés, fiables et sécurisés », dit-il.

C’est pourquoi, il prône un renouvellement du parc automobile à travers l’utilisation de véhicules modernes, notamment des voitures de type 7 places d’origine, climatisées et conformes aux standards actuels. Il déplore la persistance de modèles anciens tels que les Peugeot 504 et 505, dont la production a cessé depuis plusieurs décennies, et qu’il juge inadaptés aux réalités actuelles du transport.

Le responsable d’Allo Dakar met en avant les performances de leur modèle de transport, qu’il présente comme plus sûr, plus économique et nettement plus confortable que les systèmes traditionnels. Il insiste sur la nécessité de replacer la qualité de service et la sécurité des passagers au cœur des priorités du secteur.

Des contraintes réglementaires à repenser

Abordant les enjeux réglementaires, Gora Ndiaye a évoqué les limites de la législation actuelle, notamment une loi datant de 1992 qui encadre le transport interurbain et réserve les licences aux véhicules de plus de 12 places. Une disposition qu’il considère inadaptée, car elle exclut des véhicules plus récents, plus sûrs et mieux adaptés aux besoins des usagers.
Il appelle ainsi à une collaboration renforcée avec l’État afin de moderniser le cadre réglementaire et d’éviter les tensions récurrentes entre autorités et acteurs du transport.

Insistant sur la dimension humaine, Gora Ndiaye rappelle que le transport est un métier à part entière, qui nécessite une formation structurée. Il plaide pour la mise en place d’écoles de formation dédiées, axées sur la conduite, l’accueil des clients et la présentation professionnelle.

Selon lui, l’indiscipline et le manque de formation constituent les principales causes des accidents, bien plus que l’état des véhicules eux-mêmes.

Flux et tarification : l’axe Thiès-Dakar sous pression

S’agissant de l’axe Thiès-Dakar, il indique que les tarifs pratiqués s’élèvent en moyenne à 3 000 FCFA, pouvant atteindre 4 000 FCFA en fonction de la demande ou des perturbations du trafic. Il souligne par ailleurs l’intensité du trafic sur cet axe stratégique, avec plus de 3 000 véhicules assurant quotidiennement la liaison entre les deux villes.

Enfin, Gora Ndiaye dénonce l’état des gares routières traditionnelles, notamment celle de Thiès, construite en 1971 et restée quasiment inchangée depuis. Il pointe du doigt le manque d’hygiène et l’insuffisance des services de base, tels que les installations sanitaires, appelant à une modernisation urgente de ces infrastructures pour répondre aux attentes des usagers.

Ndeye Diallo (Thiès)

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