Les clubs se rebellent contre le président

Absence de réunions, décisions prises seul et comptes flous : la majorité des clubs de judo demandent le départ immédiat d'Ababacar Ngom et l'organisation d'élections.
Rien ne va plus sur les tatamis. Mercredi matin, le "collectif des clubs majoritaires" a pris la parole pour dénoncer la mauvaise gestion de la Fédération sénégalaise de judo. Menés par Cheikh Sadibou Ndiaye et Maître Abdou Karim Seck, ces responsables affirment que leur sport est en danger à cause de l'attitude de l'actuel président. Le premier reproche est le silence total du président. Selon les règles (les statuts), les dirigeants doivent se réunir tous les trois mois pour discuter. Or, cela ne serait plus arrivé depuis deux ans.
« Le problème vient du mutisme sans explication du président. L’association est régie par des textes qui stipulent clairement que nous devons nous réunir tous les trois mois en comité directeur. Pourtant, cela fait maintenant deux ans que nous ne nous sommes pas réunis », explique Me Seck.
Le collectif accuse aussi le président de décider de tout, tout seul, même à l'étranger. Par exemple, lors d'un vote important pour le judo africain, il aurait choisi de ne pas soutenir le candidat sénégalais. « Nous nous attendions à un soutien pour notre ancien président Ababacar Wade. Mais à notre grande surprise, l’actuel président Ababacar Ngom a apporté son soutien au candidat malgache, réélu en janvier 2025. Une décision prise avec seulement deux voix favorables contre trois au sein du bureau », ont-ils regretté.
Un climat de tension
En janvier dernier, 34 clubs sur 48 ont demandé de nouvelles élections. Mais depuis, rien n'a bougé. Pire, ceux qui ont réclamé ce vote auraient été renvoyés de leurs postes. Pour les clubs en colère, le président n'a plus aucun pouvoir légal. « Ababacar Ngom n’est plus le président de la fédération. Depuis le 5 mars, date initialement retenue pour les élections, nous ne le reconnaissons plus », a déclaré le collectif.
Enfin, le collectif s'inquiète pour les finances. Selon eux, personne ne sait vraiment comment l'argent est utilisé, pas même celui qui devrait s'en occuper : « Le trésorier lui-même n’est pas informé des entrées et sorties d’argent ».
Pour sortir de cette impasse, les clubs demandent le respect des règles et une élection rapide pour choisir une nouvelle équipe dirigeante.
MAMADOU DIOP







