Publié le 24 May 2026 - 00:27
TENSIONS SOCIALES

Le Front syndical hausse le ton et brandit la menace d’une grève générale

 

Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) durcit sa position face au gouvernement. Dans un communiqué publié à l’issue de la conférence de ses secrétaires généraux tenue jeudi à Dakar, la coalition syndicale dénonce le non-respect de plusieurs engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale et annonce une série d’actions de mobilisation, dont une grève générale prévue le 25 juin prochain.

 

Le ton se durcit entre le gouvernement et les organisations syndicales. Réuni hier à Dakar, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), qui regroupe plusieurs centrales syndicales, a exprimé sa « colère » face à ce qu’il considère comme un non-respect des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale. Le Front annonce déjà une montée en puissance de son plan d’action, avec en ligne de mire une grève générale prévue le 25 juin prochain. Dans un communiqué publié à l’issue de la conférence de ses secrétaires généraux, le FSDT dresse d’abord un bilan positif du défilé unitaire du 1er Mai 2026. Les syndicats saluent « la mobilisation exceptionnelle des travailleurs » ainsi que l’unité affichée par les différentes centrales autour d’un défilé qualifié d’« historique ». Mais derrière cette satisfaction, le climat reste tendu avec les autorités.

Le Front syndical estime que plusieurs engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale sont restés lettre morte. Parmi les points soulevés figurent notamment la réintégration des travailleurs licenciés jugés abusivement, l’extension de l’indemnité de logement aux contractuels de la santé, ainsi que la relecture concertée du Code du travail et du Code de la sécurité sociale avant leur examen à l’Assemblée nationale. Les syndicats disent également avoir été déçus par les réponses apportées par le président de la République lors de l’audience accordée aux centrales syndicales le 1er mai dernier. Mais c’est surtout le dépôt à l’Assemblée nationale des projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale qui a mis le feu aux poudres.

Le FSDT affirme qu’une réunion tenue à la Primature le 2 avril 2026 sous la présidence du Premier ministre avait pourtant acté l’organisation d’une concertation tripartite avant toute transmission des textes au Parlement. Les syndicalistes dénoncent aujourd’hui une « violation flagrante » des engagements pris par le gouvernement. Pour le Front syndical, cette démarche constitue « une remise en cause grave du dialogue social » et « une provocation inacceptable » envers le mouvement syndical. Face à cette situation, les centrales syndicales annoncent un renforcement progressif de la mobilisation. Le FSDT prévoit notamment la tenue d’un comité technique élargi le 5 juin, une assemblée générale des délégués syndicaux le 15 juin, des tournées de sensibilisation dans les régions, mais aussi un sit-in devant l’Assemblée nationale lors de l’examen des projets de loi contestés.

Point culminant de ce plan d’action : une journée de grève générale est annoncée pour le 25 juin prochain. Malgré cette montée de tension, le Front syndical affirme rester attaché au dialogue social. Mais il avertit qu’« aucune paix sociale durable ne peut être construite sur le mépris, les passages en force et la marginalisation des représentants légitimes des travailleurs ».

F. BA (STAGIAIRE)

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