Marie Angélique Mame Selbé Diouf veut rompre avec “l’assistanat”

Rompre avec la logique de l’assistanat et faire de l’action sociale un moteur de développement. Telle est l’ambition affichée par Marie Angélique Mame Selbé Diouf, nouvelle ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités. Lors de sa prise de fonction, elle a présenté les grandes orientations de son action, après le bilan dressé par sa prédécesseure Maïmouna Dièye.
À peine installée à la tête du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Mame Selbé Diouf a donné le ton. Lors de la cérémonie de passation de service tenue ce lundi, la nouvelle ministre a affiché sa volonté d’orienter davantage l’action sociale vers l’autonomisation économique des populations vulnérables, en particulier des femmes.
Une ambition qu’elle inscrit dans la vision Sénégal 2050, tout en prenant le relais d’un département marqué ces deux dernières années par d’importants programmes de protection sociale. « Notre vision politique rompt avec l’assistanat. » C’est autour de cette conviction que Marie Angélique Mame Selbé Diouf entend bâtir son action à la tête du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités. Succédant à Maïmouna Dièye dans le cadre du récent remaniement gouvernemental, la nouvelle ministre a plaidé pour une politique sociale davantage tournée vers la création de richesses et l’autonomisation des bénéficiaires.
Ancienne députée, elle considère que les femmes doivent occuper une place centrale dans la transformation économique du pays. À cet effet, elle entend favoriser leur accès au financement, soutenir les initiatives entrepreneuriales et renforcer les mécanismes permettant aux femmes productrices de contribuer davantage à la souveraineté alimentaire nationale. Selon elle, l’investissement productif constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté et la précarité. La nouvelle ministre a également insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources publiques. « Les financements seront accessibles avec équité et transparence », a-t-elle assuré devant les autorités administratives, les partenaires techniques et les acteurs de la société civile présents à la cérémonie.
Un ministère au cœur des politiques sociales
Cette passation de service intervient dans le contexte du remaniement gouvernemental consécutif à la nomination du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Elle a aussi été l’occasion pour la ministre sortante, Maïmouna Dièye, de dresser le bilan de son action depuis avril 2024. Dans son allocution, celle-ci a rappelé les principaux chantiers menés au cours des vingt-six derniers mois, notamment à travers les programmes Promoville, PUMA et PUDC, qui ont permis la réalisation de plusieurs infrastructures sanitaires, routières et d’assainissement dans différentes régions du pays. Elle a également mis en avant les résultats obtenus dans les domaines de la protection sociale, de l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, de l’autonomisation économique des femmes et de la protection de l’enfance. Selon les chiffres présentés, plus de 42 000 enfants ont bénéficié de services de protection sociale au cours de la période 2025-2026. Dans le même temps, 600 enfants et jeunes déshérités, 250 personnes âgées et plus de 1 050 enfants vulnérables ont été pris en charge.
Dans le domaine de l’éducation préscolaire, 69 infrastructures ont été construites ou réhabilitées, tandis que près de 15 000 ménages victimes de chocs socio-économiques ont bénéficié d’une assistance alimentaire. La ministre sortante a également souligné les avancées enregistrées en faveur des personnes vivant avec un handicap. Plus de 600 bénéficiaires ont reçu des appareillages adaptés et 123 organisations ont obtenu des subventions destinées à renforcer leurs capacités d’intervention. Sur le volet genre, plusieurs programmes ont permis de former des acteurs judiciaires, sanitaires et sociaux aux questions liées aux violences basées sur le genre et à la budgétisation sensible au genre. Plus de 8 000 femmes et jeunes filles ont également bénéficié de formations dans les domaines de l’entrepreneuriat, du numérique et de l’artisanat.
Parallèlement, près d’un millier de projets générateurs de revenus ont été soutenus grâce aux mécanismes de financement dédiés aux femmes. Maïmouna Dièye a enfin rappelé plusieurs réformes engagées sous son mandat, notamment la gratuité de la dialyse dans le cadre de la Couverture sanitaire universelle, la mise en place du comité de pilotage du Programme national de bourse de sécurité familiale ainsi que les travaux relatifs à la future loi d’orientation sur la protection sociale. En transmettant le témoin à sa successeure, elle a exprimé le souhait de voir ces différents chantiers poursuivis et consolidés.






