2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés

Une opération internationale coordonnée de lutte contre le trafic d’êtres humains a permis d’identifier 2 070 victimes, d’arrêter 1 024 suspects et d’ouvrir 465 enquêtes.
L’opération Global Chain, menée du 8 au 12 juin, a rassemblé les forces de l’ordre de 59 pays d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe dans un effort ciblé contre les réseaux de trafic impliqués dans l’exploitation sexuelle, le travail forcé, la criminalité et la mendicité forcée.
L'opération, menée par les autorités autrichiennes et roumaines et coordonnée par INTERPOL, Europol, Frontex et Ameripol, a abouti à 334 arrestations pour des infractions liées à la traite des êtres humains et à 690 pour des crimes connexes.
Durant cette opération de cinq jours, la police, les autorités frontalières et des unités spécialisées de lutte contre la traite des personnes, selon un communiqué, ont effectué des contrôles aux points de passage frontaliers, dans les aéroports et autres centres de transport, ainsi que dans les lieux identifiés comme points chauds de la traite lors des enquêtes.
Les pays participants ont échangé des renseignements en temps réel via le réseau de communication sécurisé I-24/7 d'INTERPOL, ainsi que par l'intermédiaire d'Europol et d'Ameripol, permettant des vérifications croisées et des actions de répression coordonnées. À l'appui des enquêtes, INTERPOL a émis 17 nouvelles notices, tandis que les contrôles aux frontières ont permis d'établir 20 correspondances avec des notices existantes.
Deux centres de commandement internationaux ont été mis en place à Skopje, en Macédoine du Nord, et à Rio de Janeiro, au Brésil, afin de faciliter les briefings opérationnels, le soutien analytique et la communication directe entre les pays.
Des victimes identifiées dans le monde entier
Bien que les victimes proviennent de 45 pays répartis dans plusieurs régions, la majorité est originaire d'Argentine, de Colombie, du Venezuela, ainsi que de Moldavie et du Népal. Nombre d'entre elles ont été victimes de trafic transfrontalier après avoir été trompées, contraintes ou ciblées en raison de leur vulnérabilité.
Le secrétaire général d'INTERPOL, Valdecy Urquiza, souligne que le trafic d’êtres humains demeure l’une des formes de criminalité organisée les plus lucratives et les plus répandues au monde, générant chaque année des centaines de milliards de dollars de revenus illicites et causant des préjudices graves et durables aux victimes.
"L’opération Global Chain, ajoute-t-il, témoigne de notre engagement commun à lutter contre cette menace par une action coordonnée et interinstitutionnelle. Les résultats obtenus démontrent ce qui peut être accompli lorsque les pays unissent leurs efforts pour démanteler les réseaux criminels et renforcer la coopération interrégionale. Les trafiquants d’êtres humains exploitent les vulnérabilités au-delà des frontières ; notre riposte doit être tout aussi mondiale, coordonnée et implacable".
Ainsi, les conclusions opérationnelles ont mis en lumière l'évolution des itinéraires et des méthodes de trafic, illustrant comment les réseaux criminels continuent de s'adapter à l'évolution des opportunités économiques, à la dynamique migratoire et aux développements géopolitiques. Parmi les tendances identifiées figurent le trafic de victimes latino-américaines à des fins de travail forcé en Europe, leur exploitation dans des activités criminelles en Asie du Sud-Est et les cas de trafic liés à l'engagement forcé dans des conflits armés.
Environ 10 % des victimes sont des mineurs originaires des Amériques. Elles ont subi des actes d'exploitation sexuelle.
C’est pourquoi, face à l'évolution des tactiques de recrutement utilisées par les trafiquants, les autorités colombiennes ont lancé une campagne de prévention ciblant les ressortissants attirés par de fausses offres d'emploi à l'étranger.
En mettant en lumière les tactiques courantes de trafic d'êtres humains, la campagne vise à réduire la vulnérabilité et à renforcer la sensibilisation du public aux risques.
CHEIKH THIAM






