Publié le 17 Jul 2026 - 14:03
PRESUMEES MENACES DE MORT SUR SA PROPRE MERE

Un fils de 41 ans devant la justice

 

C’est une affaire familiale à haute tension qui a été jugée devant le Tribunal de grande instance de Mbour. P. N. Diagne, 41 ans, a comparu pour insultes, menaces de mort et détention de chanvre indien, à la suite d’une plainte déposée par sa propre mère, A. Loum. Au cœur du conflit : un terrain situé à Saly, objet d’un litige foncier entre les deux parties.

 

Attrait à la barre du Tribunal de grande instance de Mbour par sa propre mère, P. N. Diagne a contesté l’intégralité des faits, hier. Malgré la diffusion à l’audience d’un enregistrement audio dans lequel on l’entend proférer des insultes contre sa mère, il a maintenu qu’il ne l’a ni insultée ni menacée.

Sa mère, elle, a livré un témoignage poignant. Elle affirme avoir été menacée en ces termes : « Je vais te rouer de coups de couteau ». Inquiète pour sa propre sécurité, elle a demandé au tribunal d’ordonner à son fils de quitter son domicile. Selon elle, ce dernier cherche à s’accaparer de son patrimoine de son vivant.

Interrogé sur la détention de chanvre indien également retenue contre lui, le prévenu a livré une explication singulière : il aurait acheté la drogue « uniquement pour donner raison à sa mère », qui l’accusait de se droguer.

Au cours de sa déposition, P. N. Diagne est également revenu sur son passé judiciaire. Il a rappelé qu’en 2019, des problèmes conjugaux lui avaient valu deux ans de prison, après une altercation avec son ex-épouse qui avait insulté sa mère. Il lui avait asséné une gifle, sa chute dans les escaliers lui ayant fait perdre huit dents.

Un terrain au cœur de la discorde

Le véritable nœud de l’affaire reste le foncier. Le terrain disputé à Saly porte le nom de P. N. Diagne. Celui-ci y a entamé des travaux, avec l’acheminement de sable et de béton, dans le cadre d’un projet de construction qu’il doit mener avec un partenaire étranger.

Mais, sa mère conteste sa propriété. Elle assure avoir acheté elle-même la parcelle en 1992, alors que son fils n’avait que 8 ans, et explique avoir simplement inscrit le nom de son enfant sur les documents, à l’époque. C’est en apprenant le début des travaux qu’elle a décidé de porter plainte.

Pour la défense, Me Abdoulaye Tall a tenu à replacer le dossier dans son contexte familial. Selon lui, son client a toujours contribué au bien-être de sa famille et a même pris la défense de sa mère, lorsqu’elle traversait des moments difficiles.

L’avocat a mis en doute la valeur probante des vidéos et enregistrements versés au dossier et a décrit P. N. Diagne comme « une personne très sensée » qui a elle-même connu des épreuves familiales. Il a appelé le tribunal à favoriser une réconciliation plutôt qu’une sanction, dans ce dossier où se mêlent conflits de génération, insécurité et enjeux immobiliers.

À l’issue de débats marqués par deux versions diamétralement opposées, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 21 juillet prochain.

PAPE MBAR FAYE

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