Publié le 31 May 2017 - 21:33
15 ANS DE PRISON POUR AVOIR ATTAQUE SA FEMME A LA MACHETTE

Les regrets et excuses d’Oumar Matel Kâ n’ont pas suffi

 

Oumar Matel Kâ a écopé hier de 15 ans de travaux forcés. En prononçant cette sentence à son égard, la Cour d’appel de Thiès a confirmé le jugement rendu en 2013 par le Tribunal de grande instance de Diourbel.

 

Poursuivi pour menaces de mort, coups et blessures volontaires ayant entraîné l’amputation de la main de son épouse, Oumar Matel Kâ a interjeté appel, suite au jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Diourbel, en 2013. Ce dernier pensait qu’il allait recouvrer la liberté ou voir sa peine réduite. Que nenni ! Hier, la Cour d’appel de Thiès a reconduit la peine et l’a condamné à son tour, à 15 ans de travaux forcés. Les faits remontent au 7 août 2009. Ce jour-là, une dispute a éclaté entre les conjoints Kâ. Une de plus.

Devant la barre, Aїssata Kâ a relaté la scène ayant conduit à son accident et a enfoncé son mari Oumar Matel Kâ. ‘’Il est venu et a trouvé Sidy Kâ (son beau-fils) qui prenait son petit-déjeuner. A ma grande surprise, il l’a sommé d’arrêter et de rejoindre le troupeau. Je lui ai gentiment demandé de le laisser finir son repas. Mais cela ne l’a pas plu. Il a commencé à frapper mon fils. Je suis intervenue lui disant qu’il n’avait le droit de le corriger, parce que Sidy n’est pas son fils. Mieux, que le troupeau appartient à ma mère, à Sidy et à moi. Ce n’était pas son affaire’’, a déclaré Aїssata Kâ.

‘’A la suite de cette échange de propos, il a peut-être senti son autorité bafouée. Toujours est-il qu’il s’en est pris à moi. Il m’a donné quatre coups de coupe-coupe. Trois sur la main droite et un au visage. Aujourd’hui, je ne peux pas le lui pardonner, parce que c’est à cause d’une histoire banale que j’ai perdu ma main droite’’, a ajouté Aїssata Kâ qui a pleuré tout au long de son interrogatoire devant la Cour. D’autant plus qu’elle a révélé que son mari n’avait de cesse de proférer des menaces de mort contre elle et la bastonnait très souvent dans la maison de ses propres parents. Toutefois, Aїssata Kâ a précisé qu’avant cet événement malheureux, ils vivaient le parfait amour. ‘’Je l’aimais beaucoup tout comme lui d’ailleurs’’, a-t-elle lancé. Cependant, a-t-elle souligné, ils ont divorcé après cette agression.

Oumar : ‘’On ne maltraite pas sa femme’’

Après avoir commis son forfait, Oumar Matel Kâ a fui et a abandonné le domicile conjugal qu’il avait lui-même rejoint, alors que son épouse était entre la vie et la mort à l’hôpital de Diourbel. Il est resté introuvable pendant trois ans, avant d’être arrêté en 2013. Hier, le prévenu a reconnu tous les faits qui lui sont reprochés. Il a ajouté avoir regretté son acte et en a profité pour présenter ses excuses à la Cour, avant le délibéré final. ‘’Je reconnais que j’ai mal agi. On ne peut pas marier une femme et la maltraiter. Je présente toutes mes excuses au tribunal.

Et je demande la clémence de la Cour, car j’ai laissé une vieille maman au village en plus des enfants de mon frère qui est décédé. Je suis le seul qui peut les prendre en charge’’, s’est défendu Oumar Kâ. Avant d’ajouter : ‘’Je suis vraiment désolé. Je sais que ce que j’ai fait n’est pas bon’’, a reconnu l’ex-époux d’Aїssata. Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense Me Mbodji a demandé à la Cour d’infirmer le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Diourbel et de disqualifier les faits. D’après lui, il n’y a pas eu de crime. ‘’C’est juste un délit. Sa femme a même reconnu qu’ils vivaient en amoureux. C’est une histoire qui a éclaté et qui s’est très mal terminée. C’est regrettable. Et la Cour doit le comprendre’’, a plaidé Me Mbodji.

Par contre, dans son réquisitoire, l’avocat général Cheikh Tidiane Ndour a soutenu que les 15 ans de travaux forcés devaient être reconduits, parce que, a-t-il révélé, Oumar s’en était pris à une dame ‘’faible et sans défense’’. Pour lui, Oumar Matel Kâ est bel bien conscient de ce qu’il avait fait, ‘’parce qu’il a disparu pendant trois ans’’. Le président de la Cour a reconduit les 15 de travaux forcés contre Oumar Matel Kâ. Outre cette peine, Oumar doit verser une amende de 15 millions de F Cfa à Aїssata Kâ, en guise de dommages et intérêts. Cependant, le président a disqualifié les faits de menaces de mort et a retenu les charges de coups et blessures volontaires ayant entraîné une amputation. 

GAUSTIN DIATTA (THIÈS)

 

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