Publié le 8 Oct 2021 - 16:28
ACCROISSEMENT DE LA CYBERSÉCURITÉ

Les pistes de solutions de l’État selon le ministre Yankhoba Diatara

 

Face à une recrudescence de la cybersécurité à tous les niveaux du pays, il urge pour l’État de chercher des solutions. Dans ce sens, hier le ministre de l’économie numérique et des télécommunications a livré une recette de remède.

 

Les réseaux sociaux, espaces de communication et d’expression des libertés, profitent pleinement des avantages et retombées de cette technologie, parce le numérique stimule les innovations d’usages et de consommation (consommation collaborative, co-production et diffusion de connaissance, communautés). Malheureusement, le constat est que, depuis un certain moment, ces espaces ont muté vers des milieux ou la recrudescence de diffusion de vidéos, audio, écrits ou images qui portent atteinte à la dignité humaine ou l’incitation à la haine sous toutes ses formes.

A cet effet, selon le ministère de l’économie numérique et des télécommunications qui présidait hier la cérémonie de lancement d‘’’Octobre cyber’21’’, une réflexion est menée au plus haut niveau, pour prendre en charge la préoccupation et la forte demande citoyenne pour une régulation et un encadrement des réseaux sociaux, impliquant l’expertise nationale et les parties prenantes pertinentes pour trouver une solution à cette situation inconfortable et qui devient la préoccupation de tous, particulièrement les guides religieux.

Selon Yankhoba Diatara, l’accélération de la transformation digitale des économies sénégalaises, même en raison de la COVID-19, accroit l'importance de la cybersécurité. Les infrastructures critiques, allant du secteur de la santé, de l'eau, des transports, de l'énergie, des télécommunications, des finances, des forces de défense et de sécurité, sont de plus en plus numérisées et interconnectées. Ainsi, poursuit-il, ‘’les cybermenaces deviennent de plus en plus protéiformes et évolutives, d’autant plus que le cyberespace est devenu une zone de compétition stratégique et de tensions géopolitiques. D’où l’importance pour les acteurs de l’écosystème d’échanger sur les voies et moyens de renforcer notre cyber résilience. L'économie numérique est aujourd'hui un vecteur de croissance, de productivité et de compétitivité des entreprises et des pays. Son caractère transversal impacte tous les secteurs de l'économie, et est à l'origine de nouveaux secteurs innovants’’.

‘’Au Sénégal, déclare le ministre, le taux de pénétration des services Internet est estimé à 92,29% avec un parc de 15 418 058 abonnés Internet (selon le Rapport de l’ARTP publié en 30 juin 2021). Par ailleurs, notre pays est classé 18ème pays africain du Global Cybersecurity Index 2020 de l’Union international des télécommunications (UIT). Cette place se justifie, entre autres, par le cadre juridique et réglementaire solide mais à améliorer et une absence de centre national de réponse aux incidents. Ainsi, le Gouvernement du Sénégal, conscient de l’énorme potentiel et de l’effet catalyseur du secteur du numérique, est en train de créer les meilleures conditions pour une transformation numérique de notre économie’’.

Dans ce cadre, poursuit-il, la stratégie nationale de cybersécurité du Sénégal ‘’SNC2022’’ a été élaborée et validée en novembre 2017 par l’ensemble des acteurs concernés. Ce document qui a pour vision : ‘’en 2022 au Sénégal, un cyberespace de confiance, sécurisé et résilient pour tous’’. Elle se veut de promouvoir, entre autres, une culture généralisée de la cybersécurité au Sénégal, avec comme objectif de sensibiliser tous les groupes concernés ainsi que le grand public sur les risques de sécurité dans le cyberespace. Cette stratégie qui arrive à terme, dans quelques mois, a fait l’objet du premier débat de la journée d’hier, afin de leur permettre de faire un état des lieux et de décliner les perspectives.

Par ailleurs, selon le ministre, l’occasion est aussi saisie, cette année, pour procéder au lancement du programme ‘’ambassadeurs numériques’’, initié par CYBER221, un groupe de jeunes, avec comme ambition de promouvoir la culture de la cybersécurité chez les populations, particulièrement, les enfants. Dans ce sens, 200 jeunes ont été mobilisés pour faire une tournée au sein des 46 départements que comptent le pays.

Au premier trimestre de 2020, le monde a enregistré près de 445 millions de cyberattaques

Le représentant de zone bureau de zone de l’UIT pour l’Afrique de l’ouest fait remarquer que l’Économie Numérique est salutaire pour les Pays, mais, le revers de la médaille existe. Car, la cybercriminalité reste toujours en embuscade, et qu’il faut prendre les mesures idoines pour y faire face. En effet, d’après Ali Drissa Badiel, la digitalisation accélérée des Pays pendant la pandémie aura en même temps créé un terreau favorable à la recrudescence des cyberattaques. A titre d’exemple, poursuit-il, au premier trimestre de 2020, le monde a enregistré près de 445 millions de cyberattaques, soit une augmentation de 20% par rapport au trimestre précédent, à tel point que certains ont parlé d’une pandémie dans la pandémie de COVID-19, celle-là, notamment liée aux failles de cybersécurité.

Les conséquences économiques de cette seconde pandémie sont incalculables. En effet, en 2020, renseigne-t-il, au temps fort de la pandémie, la violation de données a coûté en moyenne 3,86 millions de dollars par incident. ‘’Vous vous en doutez, pour vaincre cette autre pandémie, des mesures barrières sont nécessaires. En effet, en plus de mesures drastiques telles que la protection des réseaux et services liés aux TIC, la mise en place d’un Centre de gestion des incidents de cybersécurité (Comupter Incident Response Team, CIRT), la formation et la sensibilisation sont une composante essentielle du dispositif de lutte contre la cybercriminalité, afin que l’Homme ne soit pas le maillon faible de cette démarche de cyber résilience. Et ce dernier point est justement l’objet même d’Octobre Cyber’’, dit-il.  

CHEIKH THIAM

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