Publié le 11 Jul 2026 - 10:51
APRÈS DEUX NOUVEAUX MEURTRES DE MINEURES

Waxjotna réclame la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal

 

Après les meurtres d'une adolescente de 14 ans et d'un bébé de deux ans en l'espace de deux jours, le collectif Waxjotna dénonce le silence des pouvoirs publics face aux violences faites aux femmes et aux enfants. Dans un communiqué, il appelle l'État à reconnaître le féminicide comme une infraction spécifique et à accélérer l'adoption du Code de l'enfant.

 

Le collectif Waxjotna hausse le ton après les récents meurtres d'une adolescente de 14 ans et d'un bébé de deux ans. Dans un communiqué publié ce jeudi, l'organisation estime que ces drames illustrent la persistance des violences faites aux femmes et aux enfants au Sénégal et regrette ce qu'elle considère comme une faible mobilisation des pouvoirs publics et de l'opinion face à ces crimes. Selon le collectif, huit féminicides auraient déjà été recensés au Sénégal depuis le début de l'année 2026, un rythme comparable à celui observé en 2025. Waxjotna considère que ces meurtres ne peuvent être réduits à de simples faits divers, mais s'inscrivent dans un phénomène plus large de violences fondées sur le genre.

Le collectif plaide pour l'inscription du féminicide comme crime autonome dans le Code pénal sénégalais, au même titre que le parricide ou l'infanticide. Selon Waxjotna, l'absence d'une qualification juridique spécifique empêche de prendre pleinement en compte la dimension genrée de ces homicides et limite les réponses pénales, statistiques et préventives de l'État.

L'organisation demande également que le mobile lié au genre soit explicitement reconnu dans le droit sénégalais et que des politiques publiques adaptées soient mises en place pour prévenir ces violences et mieux accompagner leur traitement judiciaire. Waxjotna rappelle qu'un groupe de travail avait été mis en place par le ministère de la Justice en 2014 pour élaborer un projet de Code de l'enfant. Plus de dix ans après, ce texte n'a toujours pas été adopté, déplore le collectif. Il exhorte les autorités à accélérer son adoption afin de renforcer la protection juridique des enfants.

Le collectif rappelle également que, lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait condamné les féminicides et annoncé des mesures destinées à lutter contre ces crimes. Waxjotna estime qu'il est désormais temps de traduire ces engagements en actes.

Au-delà de la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal et de l'adoption du Code de l'enfant, Waxjotna appelle les autorités à mettre en place des politiques pénales, statistiques et préventives adaptées à l'ampleur des violences faites aux femmes et aux enfants. Le collectif affirme enfin qu'il poursuivra son action de sensibilisation et de plaidoyer afin que la protection des femmes et des enfants devienne, selon ses termes, « une priorité nationale ».

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