Publié le 23 Jul 2026 - 11:23
AFFAIRE DES FONDS FORCE COVID-19

Sophie Gladima gagne une manche

 

Le procès de l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima Siby, ne s’est pas ouvert au fond, ce mercredi 22 juillet 2026. La Haute Cour de justice a renvoyé l’affaire après les vacances judiciaires et ordonné la levée de son bracelet électronique. Une nouvelle date sera communiquée aux parties.

 

Le procès de l'ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima Siby, ne s'est finalement pas ouvert au fond, mercredi 22 juillet. La Haute Cour de justice a renvoyé l'affaire après les vacances judiciaires et ordonné la levée de son bracelet électronique, une mesure dont elle bénéficiait depuis sa mise en liberté provisoire. La juridiction a fait droit à une demande de la défense en estimant que la durée légale du placement sous surveillance électronique, prévue par l'article 138 du Code de procédure pénale, ne pouvait être prolongée. Le ministère public s'en est remis à la sagesse de la Cour.

Si cette décision met fin au contrôle judiciaire exercé au moyen du bracelet, elle ne remet nullement en cause les poursuites engagées contre l'ancienne ministre, qui sera convoquée à une prochaine audience. Ouverte aux environs de 10 heures, l'audience a essentiellement porté sur des questions de procédure. Les avocats de Sophie Gladima ont sollicité un renvoi afin de disposer du temps nécessaire pour étudier le dossier. Selon eux, plusieurs membres récemment intégrés au collectif de défense n'avaient pas reçu l'ensemble des pièces dans des délais suffisants. La Cour a accédé à cette requête et décidé de reporter les débats après les vacances judiciaires. La nouvelle date sera fixée par une ordonnance de citation.

La défense a également soulevé une difficulté de fond. Elle estime qu'il est délicat de juger sa cliente pour complicité alors que la responsabilité pénale des auteurs présumés des faits principaux n'a pas encore été définitivement établie. Deux personnes sont particulièrement visées dans ce volet du dossier : Ibrahima Issa, responsable de la Société commerciale du groupe Issa (SCGI), présent à l'audience, et Alassane Diallo, ancien directeur de l'Administration générale et de l'Équipement du ministère des Mines, absent. Le parquet s'est opposé à cette analyse, considérant que la Haute Cour ne pouvait suspendre sa procédure dans l'attente d'une décision d'une autre juridiction. Ce débat devrait être repris lors de la prochaine audience.

Le renvoi intervient dans une procédure ouverte à la suite de l'arrêt rendu le 7 janvier 2026 par la Commission d'instruction, qui avait prononcé un non-lieu partiel tout en ordonnant le renvoi de l'ancienne ministre devant la juridiction de jugement. Sophie Gladima est poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité. Elle conteste l'ensemble de ces accusations et bénéficie de la présomption d'innocence.

L'affaire trouve son origine dans le rapport de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds Force Covid-19. Le ministère des Mines avait bénéficié d'une enveloppe d'environ un milliard de francs CFA destinée à soutenir les acteurs du secteur minier touchés par la pandémie. Les investigations se concentrent sur un projet de centre de traitement gravimétrique à Kédougou, destiné à offrir aux orpailleurs une méthode de traitement du minerai moins polluante. Les enquêteurs s'interrogent notamment sur un paiement de 73,2 millions de francs CFA effectué au profit de la Société commerciale du groupe Issa, alors que, selon l'accusation, les travaux n'auraient jamais été réalisés. Le préjudice provisoire retenu au cours de l'instruction est évalué à 193,07 millions de francs CFA. La défense soutient, pour sa part, que l'ancienne ministre n'intervenait ni dans la certification des prestations ni dans l'exécution des paiements et conteste toute responsabilité pénale dans les opérations incriminées.

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