Publié le 21 Jan 2026 - 10:29
APPEL DES LAYENE

Seydina Issa Thiaw Laye plaide pour une solidarité islamique refondée

 

Au cours d’une cérémonie officielle hier, le Coordonnateur de l’Appel Seydina Issa Thiaw Laye a dressé un diagnostic sévère des fractures économiques, sociales et éducatives du monde musulman, tout en présentant la communauté layène comme un modèle national de fraternité, d’entraide et d’organisation sociale inspiré par l’héritage de Seydina Limâmou Lahi et de Seydina Issa Rouhou Lahi.

 

Réunis sur la terre de Diamalaye, autorités religieuses, représentants de l’État, diplomates et fidèles ont pris part à une rencontre placée sous le signe de la solidarité islamique. Dans une allocution dense et structurée, le coordonnateur général de l’Appel, Seydina Issa Thiaw Laye, a rappelé que l’Islam n’est pas seulement une religion de rites, mais avant tout un projet global de société fondé sur la fraternité, la justice et l’entraide. Son intervention, nourrie de références coraniques et de l’héritage layène, a dressé à la fois un diagnostic sévère du monde musulman et des pistes concrètes pour refonder la solidarité.

Dès l’entame, il a salué la présence du ministre de l’Intérieur, représentant le président de la République Bassirou Diomaye Faye, ainsi que celle des ministres, ambassadeurs, parlementaires et chefs religieux. Pour lui, l’Islam envisage l’humanité comme une seule famille, issue d’une même origine, appelée à partager un destin commun. Cette vision, rappelle-t-il, n’est pas théorique : elle s’est traduite historiquement par un modèle de société fondé sur la diversité reconnue mais unie sous la même foi.

Selon Seydina Issa Thiaw Laye, l’Islam est une religion de vie. Il repose sur des valeurs cardinales : solidarité, coopération, amour du prochain et fraternité. Il cite Seydina Limâmou Lahi : « La religion est conseil, amour et entraide. » Le Coran lui-même invite les croyants à s’entraider dans le bien et la piété, et le Prophète compare la communauté des croyants à un édifice dont les parties se soutiennent mutuellement. L’objectif n’est donc pas une unité de façade, mais le dépassement des clivages artificiels pour bâtir une solidarité durable, au service non seulement des musulmans mais de toute l’humanité.

Le Coordonnateur de l’Appel a ensuite abordé les défis contemporains de la Oumma. Il a souligné les profondes disparités économiques entre pays musulmans : certains, comme le Qatar, jouissent d’une grande prospérité, tandis que d’autres, comme la Somalie, restent plongés dans une pauvreté extrême. Il a aussi dénoncé le fait qu’une partie importante des richesses financières des pays islamiques soit placée dans des banques étrangères, profitant davantage aux économies extérieures qu’aux peuples musulmans eux-mêmes. À cela s’ajoutent les guerres et conflits qui fragilisent la Oumma, aggravent la pauvreté et compromettent la stabilité.

Autre défi majeur : la faiblesse des investissements dans l’éducation et la recherche scientifique. Pourtant, rappelle-t-il, l’Islam a fait de la quête du savoir une obligation. Malgré cela, selon les données de l’Isesco, le taux d’analphabétisme reste très élevé dans le monde islamique : environ 46,5 % chez les hommes et 60 % chez les femmes, avec de fortes disparités entre villes et campagnes. Ce paradoxe est d’autant plus frappant que nombre de ces pays disposent d’immenses richesses naturelles, comme le pétrole, le gaz et les minerais.

S’y ajoutent le retard technologique, les divisions confessionnelles, la prolifération de courants extrêmes oscillant entre rigidité excessive et modernité mal maîtrisée, ainsi que les défis environnementaux, la migration clandestine et surtout le terrorisme sous toutes ses formes. Pour Seydina Issa Thiaw Laye, ces problèmes ne remettent pas en cause l’Islam en tant que religion : ils relèvent plutôt des modes d’organisation des sociétés musulmanes et de leur incapacité à traduire les principes islamiques en réalités concrètes.

Il a rappelé qu’en 1974, l’Organisation de la Coopération Islamique avait créé un Fonds de solidarité islamique destiné à soutenir la culture islamique, aider en cas de crises, octroyer des bourses, appuyer la recherche et la jeunesse. Mais malgré ces instruments, les inégalités persistent. Pour lui, les plans et les ressources ne suffisent pas : ils doivent être accompagnés d’une volonté politique forte, d’une coordination durable entre États, et de l’implication active des sociétés civiles et des institutions religieuses et éducatives.

Parmi les priorités qu’il énumère : orienter les richesses du monde islamique vers le service de la Oumma, investir massivement dans l’éducation et la jeunesse, renforcer la coopération entre gouvernements et communautés locales, réduire les inégalités par la zakat, le waqf et les dons, et encourager les investissements productifs en faveur des plus vulnérables.

Au plan national, Seydina Issa Thiaw Laye a présenté la communauté layène comme un modèle vivant de solidarité islamique. Inspirée par Seydina Limâmou Lahi Al-Mahdi et son fils Seydina Issa Rouhou Lahi, cette communauté a très tôt combattu le système de castes, jugé contraire à l’Islam, et prôné l’égalité et la dignité de tous. Seydina Limâmou Lahi incarnait lui-même la générosité et le service, ouvrant les maisons aux étrangers, mettant des terres à disposition, encourageant la zakat et le travail productif.

Son successeur, Seydina Issa Rouhou Lahi, a renforcé cette vision en instituant des comités générationnels, regroupant les individus par tranche d’âge pour renforcer la cohésion sociale. Tous les nouveau-nés étaient enregistrés et intégrés dans ces structures. Les femmes, elles aussi, étaient pleinement associées à l’activité économique : les hommes produisaient dans les champs et jardins, tandis que les femmes vendaient sur les marchés. Seydina Issa mettait même sa propre maison à disposition des femmes venues de la banlieue pour leur permettre de se reposer après le travail.

La solidarité layène s’est aussi manifestée par l’accueil des veuves durant les périodes de crise, comme lors de la peste, et par la réforme des pratiques de deuil : interdiction des longues veillées, mais accompagnement réel et concret des familles endeuillées, afin d’éviter le gaspillage et la surcharge morale et matérielle.

Pour l’orateur, cette expérience montre que la solidarité n’est pas un slogan mais un mode de vie. Elle doit aujourd’hui se traduire par des actions concrètes : répartition équitable des richesses, projets communs, institutions modernes de zakat, investissement dans le capital humain par l’éducation et la recherche scientifique.

En conclusion, Seydina Issa Thiaw Laye a rappelé les recommandations de Seydina Limâmou Lahi et de Seydina Issa Rouhou Lahi : s’unir, s’entraider, se visiter, se consulter et s’aimer pour l’amour de Dieu. Il a appelé à faire de la solidarité une réalité quotidienne, capable de redonner à chaque être humain sa dignité et de renforcer durablement la cohésion de la société.

 

Section: 
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