Publié le 16 Dec 2017 - 16:45
ASSOCIATION DE MALFAITEURS, ESCROQUERIE ET CHARLATANISME

Alassane Sy et Ibrahima Diao condamnés à 2 ans dont 6 mois de prison ferme

 

Ayant comparu mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, Alassane Sy et Ibrahima Diao ont été condamnés, jeudi, à 2 ans dont 6 mois ferme. Ils ont été reconnus coupables des délits d’association de malfaiteurs, d’escroquerie et de charlatanisme au préjudice de l’ingénieur Pape Mbissane Ngom. A ce dernier, ils devront allouer la somme de 5,6 millions de francs Cfa.

 

Les faits d’association de malfaiteurs, d’escroquerie et de charlatanisme reviennent sans cesse à la barre du tribunal des flagrants de Dakar. Selon le ministère public, ces agissements portent atteinte aux victimes, mais également à leurs biens, avec toujours le même modus operandi. ‘’Et, malheureusement, les coupables prennent souvent des peines allant de 6 mois à 1 an de prison. Il n’y a pas de sanction dissuasive’’, s’est désolé le parquet, hier, au cours de son réquisitoire sur l’affaire opposant l’ingénieur Pape Mbissane Ngom à Alassane Sy et à Ibrahima Diao poursuivis pour les délits précités. A l’en croire, ces derniers, la trentaine bien révolue, ont joué sur le subconscient de la partie civile. Alors qu’ils devaient aller travailler pour gagner de l’argent à la sueur de leur front. Mieux, ils ciblent les gens qui ont des problèmes pour leur soutirer de l’argent. En conséquence, il a requis 2 ans de prison à leur encontre. Soutenant ainsi que les éléments du dossier sont constants.

Sur les faits, le plaignant a un enfant qui ne parvient pas à parler. Un jour, il a reçu un appel anonyme. Son interlocuteur, au bout du fil, lui a fait savoir qu’il pouvait guérir son fils. En contrepartie, Pape Mbissane Ngom doit lui remettre d’importantes sommes d’argent pour faire des offrandes. ‘’C’est là qu’un certain Omar Diao m’a appelé pour que je lui envoie les montants demandés au nom d’Alassane Sy. Je lui ai versé 5,250 millions de francs Cfa’’, a raconté la partie civile, qui réclame 5,6 millions de francs Cfa en guise de dommages et intérêts.

Toutefois, les prévenus ont contesté avec véhémence les accusations. Pourtant, les enquêteurs ont établi qu’il a été trouvé par-devers Alassane Sy une carte d’identité avec les mêmes numéros inscrits sur les reçus des transferts d’argent et qu’il est le propriétaire du numéro de téléphone où s’effectuaient les envois. Les policiers ont aussi mentionné qu’il y a eu des échanges permanents d’une durée de 2 mois entre lui et Pape Mbissane Ngom. Des appels localisés entre Keur Massar, Route de Boune et Tally Diallo. ‘’Aujourd’hui, il veut se dédouaner pour dire que ce n’est pas lui et qu’il n’a rien à voir avec les faits. C’est toujours le même moyen de défense’’, avait laissé entendre le parquet lors des débats d’audience.

Le présumé cerveau de la bande en fuite

Pour Me Alioune Sow, dans ce dossier, ‘’nous avons plus de préjugés que de preuves’’. ‘’On veut dire qu’Omar Diao serait le disciple qui, sur instruction de son marabout, allait chez l’ingénieur. La partie civile dit qu’elle n’a jamais vu Alassane Sy. Ce qui est un élément important à prendre en compte dans ce jugement’’, a indiqué le conseil de la défense.  D’après lui, son client a expliqué que son frère Omar utilisait la puce téléphonique avant de quitter Dakar. Et qu’il l’a prise pour s’en servir en ne se doutant de rien. ‘’Alassane Sy est comme un cheveu dans la soupe. Il a été utilisé et abusé par son frère qui n’est pas une création. Il existe bel et bien. Donc, l’enquête n’a pas été menée jusqu’au bout’’, souligne l’avocat. Avant de plaider la relaxe au bénéfice du doute.

N’ayant pas commis d’avocat, Ibrahima Diao a demandé la relaxe. ‘’Je n’ai rien à voir dans cette affaire. Alassane Sy se trouvait dans ma chambre au moment de son arrestation. C’est pourquoi on m’a mis dans le même panier’’, a-t-il fait remarquer. Peine perdue ! Puisque le président du tribunal est entré en voie de condamnation. Les prévenus ont écopé de 2 ans dont 6 mois d’emprisonnement. Ils devront verser au plaignant la somme réclamée.  

AWA FAYE

 

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