Publié le 30 Mar 2018 - 17:36
BRAQUAGE A BAFICAN

Le bilan fait état d’un mort et deux blessés

 

Des individus armés ont perpétré un braquage, hier matin, à hauteur du village de Bafican, dans l’arrondissement de Nyassia. Le bilan fait état d’un mort et deux blessés.

 

Personne ne s’y attendait. Le braquage perpétré, hier matin, à hauteur du village de Bafican, à une vingtaine de kilomètres sur l’axe Ziguinchor - Oussouye, par des porteurs d’armes, sonne comme un message pour dire aux uns et aux autres que malgré la longue accalmie que connait la région de Ziguinchor, l’insécurité y demeure. Et que la vigilance doit être de rigueur. Le braquage d’hier matin a fait un mort (un conducteur de moto Jakarta) et deux blessés, parmi lesquels un Européen dont l’on ne connait pas encore la nationalité.

Sur cet axe, cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’attaques. S’il peut être considéré comme un acte isolé, le braquage n’en sape pas moins le moral des acteurs de la paix en Casamance. Tout au début du mois de mars, le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc) et la plupart des cantonnements des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) du Nord comme du Sud s’étaient donné rendez-vous à Kourègue, dans l’arrondissement de Sindian.

Lors de ce huis clos, les différents représentants des combattants avaient réaffirmé leur volonté manifeste de tout mettre en œuvre pour l’unité de l’aile combattante du mouvement irrédentiste, afin de se retrouver autour d’une table de négociations avec le gouvernement. Ils avaient aussi promis, outre l’arrêt des braquages, de travailler pour un apaisement définitif dans la région. ‘’Parce que les populations réclament cet apaisement, eux-mêmes le réclament’’, soulignait le professeur Ibrahima Ama Diémé, membre du Grpc.

Le président du Grpc, l’ancien maire de Ziguinchor Robert Sagna, avait, au sortir de cette rencontre, déclaré avoir ‘’éprouvé beaucoup plus de réconfort par la position – pas nouvelle - mais assez avancée des combattants qui, d’ailleurs, avaient sollicité le concours du Grpc pour que, dans les meilleurs délais, une autre rencontre soit tenue pour aller, résolument, dans les phases plus concrètes’’.

C’est dans ce contexte qu’intervient le braquage perpétré hier à Bafican, à quelques encablures de la position militaire de Nyassia. Est-il l’œuvre d’une bande armée organisée appartenant à l’une des factions rebelles de la zone ? A-t-il été perpétré par des porteurs d’armes, des délinquants tout court à la recherche d’argent pour la fête de Pâques ? Ou encore d’éléments incontrôlés appartenant à ‘’Atika’’ ? Difficile de répondre à ces questions.

Toujours est-il que c’est dans cette zone de Nyassia que l’armée mène, depuis la tragédie de Boffa-Bayottes du 6 janvier dernier, des opérations pour ‘’traquer les délinquants’’ et ‘’nettoyer’’ la zone.

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

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