Publié le 6 Jun 2014 - 14:48
CÉRÉMONIES FAMILIALES, SOIRÉES, CONFÉRENCES...

Dj, un métier pas du tout sot

 

L’animation musicale des cérémonies de quartier est un métier qui draine de plus en plus de monde. Les « Dj » gagnent bien leur vie, même si durant le ramadan, d'aucuns ferment boutique. Focus sur un métier en vogue. 
 
 
L'animation musicale de quartier est un vieux métier qui a de beaux jours devant lui, en partie grâce à la fringale des Sénégalais pour les cérémonies familiales ou religieuses. Ils sont nombreux les Sénégalais qui font ce métier. Souvent, de véritables stars dans leur quartier, ils sont omniprésents dans les cérémonies familiales (baptêmes, mariages, retour de La Mecque, premières communions). Ils assurent également l'ambiance dans d’autres événements culturels de quartiers comme les soirées et les meetings… ils sont présents dans presque tous les quartiers de la capitale. 
 
Nombreux sont ceux qui officient depuis leur maison où ils entreposent leur matériel en attendant d'être sollicités. Cependant, il arrive d'en rencontrer dans les marchés. Certains y louent une cantine qui fait office de lieu de travail. C'est le cas de Madou Fall et Ibra Diop qui se sont installés au marché de Keur Massar. Leurs cantines se font face et cela ne les dérange pas. Si pour le premier nommé, l’animation ne lui sert qu'à régler des problèmes primaires, Ibra Diop lui, s’y adonne pour nourrir sa petite famille.
 
''Je suis réparateur de matériels électroniques et c’est grâce à mon métier que je suis parvenu à avoir une chaîne à musique (un matériel de sonorisation). Ainsi, cela m’a permis aussi d’avoir une activité parallèle qui est l’animation dans les cérémonies familiales'', renseigne Madou Fall, alias Dj Max. L'animateur affirme que c’est une activité très rentable. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il n'ait quatre à cinq engagements. ''Les gens nous sollicitent presque tous les jours.
 
Nous sommes au nombre de trois. Des fois, nous sommes obligés d'aller chacun de notre côté avec une partie du matériel, pour ne rater aucune cérémonie'',  explique-t-il. ''Les prix commencent à partir de 10 000 francs CFA et vont jusqu'à plus de 100 000 francs CFA. On les fixe selon l’importance de la cérémonie. Déjà tous les jeudis, on a signé un contrat avec un groupement de femmes qui se rencontrent de manière hebdomadaire. Elles payent 50 000 francs CFA, par mois, sans compter les autres jours. S’il y a beaucoup de cérémonies dans la semaine, on peut gagner jusqu’à 200 000 ou plus'', a fait savoir Dj Max.
 
Son voisin Ibra Diop,  alias Ibro, a fait 13 ans dans le métier. Marié et père de deux enfants, il ne compte pas jouer avec ce qui lui permet de nourrir sa petite famille. ''J’ai commencé ce métier en 2001, après mon échec au Brevet de Fin d’études moyennes (BFEM). Au début, c’était difficile. À partir de 2002, précisément en fin décembre, on m’a confié pour la première fois une chaîne à musique. C’est ainsi que j’ai débuté'', révèle-t-il. Se frayant son propre chemin, Ibra, après une longue période de galère, a réussi à voler de ses propres ailes. Ainsi, commença une autre vie.
 
''Au début, on me payait entre 2000 et 3000 F par sortie, même si je ramenais une forte somme au propriétaire. Maintenant, j’ai mon propre matériel. Je me suis implanté au marché car les gens y viennent fréquemment et il y est facile d’être engagé'', ajoute Ibra Diop. ''C’est mon seul métier actuellement. C’est une activité qui me permet de régler les factures d’électricité et d’eau, la dépense quotidienne, entre autres besoins. Le mois, je peux me retrouver avec des sommes variant entre 100 000 et 150 000 francs CFA, après avoir réglé la location et l’électricité de la cantine''.
 
Sous une tente à Fass Mbao, Amadou Coly s’affaire au câblage. Fils et autres accessoires sont posés à même le sol. Il est venu assurer l’ambiance d'un baptême. Il en est à sa 19e année dans le métier d'animation. ''J’ai bâti ma maison grâce à mon activité d’animateur. Pour cette cérémonie, on m’a payé 25 000 francs CFA. Est-ce qu'il y a un métier aujourd’hui au Sénégal qui vous permet de gagner 20 000 francs par jour ? Il n'y en a pas beaucoup'', affirme-t-il.
 
Le mois de ramadan, leur mois de ''congé ''
 
Pendant le mois béni du ramadan, il est rare d’entendre de la musique. Les cérémonies familiales se font dans la sobriété. Du coup, pour les animateurs, le matériel est rangé, mais pas pour tout le monde. Car, certains ont la chance d'assurer la sonorisation des conférences religieuses. ''En dehors des conférences religieuses que nous animons presque vers la fin du mois de ramadan, on ne fait rien. On peut avoir deux à trois conférences à sonoriser'', confie Ibra. Madou de dire que ce mois est leur période de congé.
 
Un métier en vogue
 
Aujourd'hui, le constat est que de plus en plus de jeunes s'intéressent à ce métier qui évolue au fil des années. Avec l'avènement des ordinateurs, ils peuvent diversifier les activités génératrices de revenus, notamment la vente de Cd et Dvd gravés. ''Je me suis intéressé à ce métier parce que je le trouve rentable. J'étais un maçon. Je travaillais toute la journée et rentrais à la maison avec une modique somme. C'est là que j'ai décidé d'aller voir ailleurs. Aujourd'hui, je gagne bien ma vie'', renseigne Babacar Mara, la trentaine environ. Ce natif de Tambacounda possède une cantine au marché de Colobane. ''Dans ma cantine, poursuit-il, je vends des Cd. Également, des gens viennent pour qu'on télécharge pour eux de la musique et des clips vidéos dans leurs cartes mémoires ou même dans leurs ordinateurs.''
 
SOULEYMANE NDIAYE (STAGIAIRE)
 

 

 

Section: 
Synpics sur le CNRM
CRISE DANS LE SECTEUR EDUCATIF : Le G7 dénonce des ponctions injustes
4 AVRIL A THIES – CLIMAT POLITIQUE NEFASTE : Thiès D’ABORD sonne l’alerte et appelle les maires à l’unité
AFFAIRE MOUSSA BOCAR THIAM : Le Bâtonnier saisi par l’ancien ministre
Vol de bétail
Lutte contre la traite des personnes
BESOINS ET CRISES ALIMENTAIRES AU SÉNÉGAL EN 2024 : Tambacounda, Matam, Kédougou et Saint-Louis en première ligne
23 kg de chanvre indien saisis dans la forêt de Pakala
THIES - CENTRE HOSPITALIER REGIONAL EL AHMADOU SAKHIR NDIEGUENE 12 milliards F CFA pour moderniser l’établissement
Saisie historique de carentanais - un opioïde ultra-puissant
Le ciriz salue la circulaire du premier ministre
FERMETURE DES MAISONS JAUNES DE MALIKA ET MBOUR Plus de 200 enfants se retrouvent sans prise en charge
MUSÉE DES CIVILISATIONS NOIRES : Une situation bizarre
La Cedeao et l’UA appelle au respect de l’intégrité des territoires et à la vie
JEAN A. DIATTA (DIRECTEUR DES BOURSES) : "On ne fait pas de réformes, on réorganise le mode de paiement"
ME BAMBA CISSÉ INAUGURATION COMMISSARIAT DALIFORT-FORAIL : “Ce commissariat est le reflet de l’État, de l’autorité de l’État”
AUDIENCE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE - MAIRE DE LA VILLE DE THIES : Le maire de Thiès-Est ne digère pas
APRÈS LES DECLARATIONS DU PM : Le Front syndical dénonce des tentatives d’intimidation
ROUTES MIGRATOIRES DANS LE MONDE EN 2025 : Au moins 7 667 personnes sont décédées ou ont disparu
Interpellation à Grand-Yoff