Publié le 27 Jun 2014 - 18:09
CAMPAGNE ÉLECTORALE

Les avocats sont au cœur de la mêlée

 

Avec ces élections locales, nombreux sont les avocats investis pour leurs localités respectives. ‘’EnQuête’’ a voulu savoir comment les robes noires concilient le travail au prétoire et la campagne électorale.
 
 
A l’image de nombreux citoyens qui s'activent dans différents secteurs d’activités, les avocats seront bien présents aux élections locales de dimanche prochain. Plusieurs d’entre eux sont investis sur des listes dans leurs localités respectives. D’ailleurs l’engagement des robes noires dans l’arène politique ne date pas d’aujourd’hui. Puisque Me Lamine Guèye, premier avocat d’Afrique noire, en est le précurseur pour avoir été maire de Saint-Louis en 1925, puis de Dakar en 1935. 
 
Pour ces futures échéances, plusieurs avocats sont en lice, dans l’espoir d’être élus à la tête de leur terroir. A Saint-Louis, il y a le duo Mes Alioune Badara Cissé et Alioune Abatalib Guèye. A Linguère Me Daouda Kâ. Me El Hadj Diouf se dispute Kaolack avec son confrère le maire sortant de Guinguinéo, Me Souleymane Ndéné Ndiaye.
 
A Gorée, Me Mathurin Bâ veut évincer Me Augustin Senghor. Me Sadel Ndiaye et Issa Diaw convoitent respectivement Mboumba dans le Fouta, et Mpal. Conseil à la ville de Dakar, Me Baba Diop vise le fauteuil de Seynabou Wade à la mairie de Fass-Gueule Tapée-Colobane. L’avocate socialiste Me Aïssata Tall Sall court derrière un second mandat à la mairie de Podor au moment où son confrère et camarade de parti, Me Moussa Bocar Thiam, convoite Ouroussogui. 
 
Les visites de proximité, une aubaine
 
La liste est loin d’être exhaustive, mais la plupart des investis partagent la même motivation. Tous arguent vouloir impulser le développement de leur terroir, car convaincus que les équipes sortantes n’ont pas été à la hauteur. Mais pour être élu, il faudra bien battre campagne, afin de présenter son programme aux électeurs. Ce qui n’est pas facile, vu la charge de travail au tribunal.
 
‘’C’est extrêmement difficile d’allier la campagne électorale et les audiences au tribunal qui sont très prenantes’’, confie Me Abou Abdoul Daff, investi sur la liste Taxawu Dakar-Ouakam. Toutefois, l’option prise par sa coalition de privilégier les visites de proximité l’arrange beaucoup. Ce, dans la mesure où, renseigne-t-il, ‘’ces visites de proximité se déroulent le plus souvent entre 19h et 23h’’, bien après les audiences.
 
Sinon, Me Daff salue la ‘’compréhension’’ dont font montre les membres de sa coalition, lorsqu’il se trouve dans l’indisponibilité d’assister aux manifestations, parce qu’étant empêché par son travail. D’ailleurs pour la robe noire, ‘’il n’est pas question d’aller battre campagne lorsqu’il y a un client dont la liberté est en jeu’’. 
 
Candidat à la mairie de Fass-Gueule-Tapée-Colobane, Me Baba Diop considère que ‘’tout est question d’organisation’’, dans la mesure où, dit-il : ‘’il s’agit de deux métiers encombrants’’. ‘’Le tribunal suit son corps et c’est à l’avocat de s’adapter, d’autant que des clients nous ont confié leur liberté’’, précise la tête de liste de la coalition Alliance nationale pour le développement du Sénégal (ANDS).
 
Pour son confrère Me Moustapha Dieng, investi à Sam Notaire sur la liste de la coalition Sopi, ‘’le client passe avant tout’’. Ancien conseiller municipal, il avance également que ‘’la campagne électorale n’entache en rien son travail d’avocat’’. Surtout, dit-il : ‘’j’ai la chance d’être investi à Dakar et cela me permet de battre campagne, après mon travail au tribunal’’. 
 
Primauté des clients sur les militants  
 
Cette chance, Mes Papa Sène et Antoine Mbengue ne l’ont pas. Investis respectivement à Ndol-Ndol, dans le département de Bambey et Mont-Rolland, dans la région de Thiès, les deux avocats ‘’apéristes’’ sont contraints à ‘’un congé forcé’’, à cause de la campagne électorale. Toutefois, les deux avocats font remarquer que leurs clients ne sont pas lésés par leur absence. ‘’Étant donné que je travaille dans un cabinet, lorsque je m’absente, un autre confrère prend le dossier’’, explique Me Sène.
 
Me Mbengue le conforte : ‘’Le client a tendance à s’identifier à l’avocat, mais ma présence n’est pas déterminante. Si je m’absente, un confrère prend la relève, car les dossiers sont anonymes dans un cabinet d’avocats’’. A défaut de se faire substituer, Me Mbengue déclare travailler à distance, soit par mail ou au téléphone. Juste pour ne pas léser les clients. Comme quoi, pour ces avocats candidats, la défense des intérêts du client prime sur la quête de voix. 
 
FATOU SY 
 

 

 

Section: 
CARTOGRAPHIE DE LA CRIMINALITÉ DANS LA ZONE DE LA GENDARMERIE EN 2024 : Louga, Matam, Saint-Louis et Dakar : les régions les plus criminogènes
KIMO SEYDI (MEMBRE DES GARDES DU CORPS DE BARTHÉLEMY DIAS EMPRISONNÉS À SAINT-LOUIS) : "Depuis notre sortie de prison, nous n'avons ni vu ni entendu Barth’’
REJET DE SA PROPOSITION DE LOI : TAS démonte l'argument financier
CRISE DES MÉDIAS, SOUTIEN AUX SYNDICATS : Le Sénégal définit-il sa démocratie ?
CRIMINALISATION DE L'ACTIVITÉ DE PRESSE : Le Cdeps et l’Appel dénoncent
POURSUIVI POUR DIFFUSION DE FAUSSES NOUVELLES : Adama Fall relaxé après ses déclarations sur un supposé trafic de migrants
Musée international du prophète Muhammad (psl)...
Incendie à Guinguinéo
Mise en garde du CNRA
Keur Massar
ATTENTAT À LA PUDEUR ET PÉDOPHILIE : Cira Diouf risque cinq ans de réclusion criminelle
PROGRAMME NATIONAL D'ACCES AU LOGEMENT ET DE RENOVATION URBAINE (PNALRU) : La main tendue de l'État aux acteurs financiers
GOUDOMP - 11 FILLETTES EXCISÉES LE SAMEDI 15 FÉVRIER : L’UNICEF, l’UNFPA et l’ONU Femmes réclament des poursuites
SUSPENSION LOTISSEMENT HANGAR PÈLERIN : Les acquéreurs en règle dénoncent une suspension arbitraire
Dette intérieure
Déforestation
DÉTENTION ET MISE EN CIRCULATION DE FAUX BILLETS DE BANQUE : Quand un change de 2 000 euros brise une amitié et mène à la prison
KAOLACK - DÉSENGORGEMENT DE LA VOIE PUBLIQUE : Les occupants de l’avenue John Fitzgerald Kennedy déguerpis
LANCEMENT NEW DEAL TECHNOLOGIQUE : Le Gouvernement décline sa nouvelle feuille de route
GAMOU DE GASSANE : Les difficultés de la commune partagées