Près de 80 morts, 17 rescapés…

Une pirogue en provenance de la Gambie et ayant à son bord une centaine de personnes, a échoué au large des côtes mauritaniennes, près du port de Tanit. Le bilan est macabre. Près de 80 morts, 17 rescapés et une dizaine de disparus.
C’est l’hécatombe en Mauritanie. La mer a encore fait des dégâts humains, à quelques encablures du port de Tanit, à 60 km de Nouakchott. Une pirogue partie de Gambie, selon des sources dignes de foi, a échoué sur les côtes mauritaniennes, ce mercredi 27 août au soir, alors qu’elle prenait la direction des îles Canaries. Le décompte macabre est alarmant, selon les premières informations.
Sur l’ensemble de l’équipage, seules 17 personnes ont survécu après les secours de la marine mauritanienne. Des corps refoulés par la mer sont au nombre de 80, selon les témoins, dont 11 personnes seraient de nationalité sénégalaise. Cinq Gambiens ont péri dans cet accident maritime. L’ambassade du Sénégal à Nouakchott a été appelée pour constater les faits et aider dans la mesure du possible. Les causes de l’accident de la pirogue ne sont pas encore connues, mais l’on parle de défaillance de moteur comme toujours.
Ce naufrage fait suite à plusieurs autres au large des côtes mauritaniennes qui ont connu pourtant une accalmie ces derniers mois, grâce à une surveillance accrue en haute mer. Le Sénégal et la Mauritanie ont convenu de lutter efficacement et sans merci contre l’émigration clandestine, mais les organisateurs et les candidats souvent malheureux trouvent toujours des subterfuges pour contourner la vigilance des garde-côtes.
Ce drame relance la lancinante question des financements européens et espagnols pour endiguer l’émigration irrégulière vers les côtes espagnoles. Le récent rapport de l’ONG Human Right Watch (HRW) sur les interpellations, les arrestations et les reconductions aux frontières a révélé que les forces de sécurité mauritaniennes ont gravement violé les droits des personnes en migration dans ce pays. HRW a dénoncé et fait des recommandations fortes pour mieux traiter les personnes interpellées sous l’angle humaniste. En dépit des lois établies, des dispositions sécuritaires prises, les candidats et leurs complices n’abdiquent pas. Seul dessein, atteindre les côtes européennes via les Canaries.
Ibou Badiane, correspondant en Mauritanie