Publié le 29 Jul 2026 - 13:07
CHANGEMENT CLIMATIQUE À THIÈS

Six quartiers misent sur la nature pour mieux faire face aux inondations

 

Des femmes, des jeunes et des délégués de quartier ont été formés à des solutions écologiques capables de limiter les effets des inondations tout en créant des activités génératrices de revenus. L'initiative s'inscrit dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience des communautés face aux risques climatiques (Precap).

 

Face à la recrudescence des inondations liée aux changements climatiques, Thiès expérimente une autre manière de protéger ses quartiers : travailler avec la nature plutôt que contre elle. Réunis au Centre départemental d'assistance et de formation pour la femme (Cedaf), des femmes, des jeunes et des délégués de six quartiers de la ville ont participé à un atelier consacré aux solutions fondées sur la nature et à la structuration d'initiatives communautaires.

Organisée dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience des communautés face aux risques climatiques grâce à l'approche d'adaptation fondée sur les écosystèmes (PRECAP), la rencontre vise à doter les communautés d'outils concrets pour mieux gérer les eaux pluviales, restaurer les écosystèmes et réduire les risques d'inondation. Pour la directrice du Centre national d'assistance et de formation pour la femme (Cenaf), Ndèye Gnilane Faye Sarr, cette démarche constitue une réponse adaptée aux nouveaux défis climatiques.

« Les réponses traditionnelles ne suffisent plus. Il nous faut désormais innover, coopérer et réapprendre à travailler avec la nature », a-t-elle déclaré, estimant que les solutions fondées sur la nature permettent de renforcer durablement la résilience des populations les plus exposées. Elle a rappelé que le partenariat entre le Cedaf et le projet Precap repose sur une ambition commune : renforcer les capacités des communautés, notamment des femmes, tout en consolidant leur autonomie économique.

Selon elle, les inondations qui frappent régulièrement Thiès détruisent les moyens de subsistance et touchent en priorité les ménages les plus vulnérables. D'où la nécessité de transformer les expériences pilotes en véritables projets communautaires pérennes. En marge de l'atelier, les participants ont découvert plusieurs réalisations aménagées au sein du Cenaf, parmi lesquelles des noues végétalisées infiltrantes et des jardins de pluie.

Ces dispositifs permettent de retenir et d'infiltrer les eaux de ruissellement tout en créant des espaces de maraîchage. Pour Ndèye Gnilane Faye Sarr, ces aménagements apportent une double réponse aux difficultés rencontrées par les populations. « Ils permettent non seulement de gérer les eaux de pluie, mais aussi d'améliorer le panier de la ménagère grâce au développement de jardins de pluie », a-t-elle expliqué. Au-delà de la prévention des inondations, ces infrastructures offrent ainsi aux femmes la possibilité de produire des légumes et des plantes aromatiques pendant l'hivernage, une période où les produits maraîchers deviennent plus rares et plus coûteux.

Coordinatrice du Groupe d'initiatives pour le progrès social (GIPS/WAR), Julie Cissé a rappelé que le Cedaf est devenu un véritable site d'expérimentation où les innovations développées par les chercheurs sont testées avant d'être transférées aux communautés. Le projet Precap est mis en œuvre par un consortium réunissant Practical Action, le GIPS/WAR et l'École supérieure polytechnique de Thiès. Son objectif est de rendre accessibles aux populations les connaissances scientifiques afin qu'elles deviennent des solutions directement applicables sur le terrain.

Mme Cissé a annoncé que des équipes communautaires sont désormais opérationnelles dans six quartiers particulièrement exposés aux inondations : Mbour 3, Ndiakhaat, Thialy, Ngouye, Som-Diakhao et Médina Fall. Composées principalement de femmes et de jeunes, elles pourront accompagner les collectivités territoriales dans la mise en œuvre d'aménagements adaptés aux besoins de chaque quartier, qu'il s'agisse de créer des noues infiltrantes, des jardins de pluie ou encore de transformer des espaces dégradés en sites d'agriculture urbaine.

« Nous voulons démontrer que les populations ne doivent plus seulement subir les inondations, mais apprendre à vivre avec l'eau en la transformant en ressource », a-t-elle affirmé. L'atelier a réuni des représentants des collectivités territoriales, des délégués de quartier, de la Croix-Rouge sénégalaise ainsi que plusieurs organisations partenaires. Les initiateurs du projet espèrent désormais étendre cette approche à d'autres communes sénégalaises confrontées aux risques d'inondation.

Ndeye Diallo (Thiès)

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