Cité Bellevue

Les habitants de la Cité Bellevue sont en colère contre l’ONAS. « Nous entamons nos propos par une dénonciation catégorique et avec la plus grande énergie des déclarations irresponsables du Directeur technique de l’ONAS [Office national de l'assainissement du Sénégal], qui a osé insinuer récemment, lors d’une émission télévisée, que notre cité serait construite sur une "voie d’eau" », s’est insurgé, ce samedi, le président de l’association des habitants de la Cité Bellevue, lors d’un point de presse.
Selon Alassane Seck, ces allégations sont absolument « mensongères » car, la Cité Bellevue a été construite à la fin des années 1980 et n’a jamais été inondée depuis sa création du seul fait des eaux de ruissellement.
Ce qui aurait été le cas, si elle avait été édifiée sur un lit naturel de cours d'eau. A ses yeux, c’est le lotissement anarchique et l'urbanisation sans prospective de la Zone de captage des eaux pluviales en zone d'habitation qui ont déréglé l’écosystème et dévié les flux d'eau vers leur quartier. « Même pour cette déviation, nous soupçonnons des mains inexpertes, pour ne pas dire criminelles, d’avoir aidé Dame Nature à trouver son chemin vers les Maristes. Notre cité est située juste à côté de la centrale de distribution de la SENELEC, érigée en 1979 sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.
Est-il concevable un seul instant que l'État du Sénégal ait implanté un ouvrage électrique aussi stratégique et vital pour la capitale dans une zone non aedificandi ou sur une voie d'eau naturelle ? C'est une hérésie technique et une injure au bon sens », a-t-il fulminé. Selon lui, le drame que subissent leurs familles ne se limite pas aux seuls épisodes pluvieux : la Cité Bellevue subit, dit-il, une agression environnementale double et permanente marquée par des inondations pluviales récurrentes (2005, 2022 et octobre 2026), le versement continu d'eaux usées et de boues de vidange (même en saison sèche), ainsi que l'effondrement de la chaussée et la mise en danger des résidents.
...Face à ce scandale aux conséquences matérielles, sanitaires et sécuritaires, l'Association des habitants de la Cité Bellevue formule des exigences fermes et réclame des actions urgentes. Elle n’est pas du tout disposée à accepter sans mot dire le sort que semble lui réserver l’État du Sénégal à travers l’ONAS et la Senelec.
Elle exige : la mise en place d’une solution technique définitive pour stopper tout écoulement des eaux vers notre cité, notamment celles provenant de la Zone de captage ; le remplacement du mur effondré par une digue renforcée sur pieux, construite selon les normes modernes de génie civil, cette exigence étant érigée en priorité absolue ; l'arrêt immédiat par l'ONAS de tout refoulement d'eaux usées et de boues de vidange vers la Cité Bellevue (depuis l'autoroute et du côté de la Cité AXA) ; la réfection immédiate par l'ONAS des canaux d'assainissement dégradés et la remise en état des zones où le pavage et le sable ont disparu pour combler les trous dangereux menaçant les habitants et les maisons ; le retrait et le déplacement sans délai par la Senelec de l'ensemble de ses câbles électriques en dehors du périmètre de notre cité ; l'indemnisation complète et la réparation financière de l'ensemble des préjudices matériels (véhicules, mobiliers, habitations) subis par les résidents.






