Publié le 13 Feb 2026 - 15:21
CRISE À L’UCAD APRÈS LA MORT D’ABDOULAYE BA

Le Conseil académique suspend les amicales, le Collectif étudiant dénonce une “dérive autoritaire”

 

Après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors des incidents du 9 février dernier, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar traverse une nouvelle zone de turbulences. Tandis que le Conseil académique suspend les amicales et annonce des mesures de normalisation, le Collectif des étudiants dénonce une décision autoritaire et exige toute la lumière sur les circonstances du drame. Si vous voulez une version plus percutante ou plus institutionnelle, je peux vous en proposer d’autres variantes.

 

La crise universitaire s’intensifie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) au lendemain des incidents du 9 février  ayant coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Licence en Médecine. Tandis que le Conseil académique a annoncé une série de mesures exceptionnelles, dont la suspension des amicales d’étudiants, le Collectif des Amicales a vivement réagi, dénonçant une décision « irresponsable et autoritaire ». Réuni en urgence le 11 février sous la présidence du recteur, le professeur Alioune Badara Kandji, le Conseil académique s’est d’abord incliné « pieusement » devant la mémoire de l’étudiant disparu et a présenté ses condoléances à la famille ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire. Profondément affectée par le drame, l’institution a réaffirmé son attachement « à la sécurité des personnes et à la préservation des biens dans l’espace universitaire ».

Au terme de ses délibérations, le Conseil académique a décidé d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Il a également annoncé la suspension, « à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre », des amicales d’étudiants. En parallèle, un comité ad hoc sera mis en place afin de formuler des propositions sur les modalités de représentation des étudiants au sein des instances universitaires. Des cellules d’écoute destinées à accompagner les différentes composantes de l’Ucad, étudiants, personnel enseignant et de recherche (PER) et personnel administratif, technique et de service (PATS),  seront également instituées. Le Conseil a, enfin, réitéré son engagement « en faveur de la manifestation de la vérité ».

Une position immédiatement contestée par le Collectif des amicales de l’Ucad. Dans un communiqué daté du 12 février, la structure estudiantine considère que la suspension des amicales vise à « faire taire les revendications estudiantines » et à « étouffer la voix des étudiants ». Pour le Collectif, cette décision traduit un refus de dialogue et le recours à « la force institutionnelle ». Les responsables étudiants estiment qu’il ne peut y avoir de continuité des activités pédagogiques sans l’ouverture préalable du campus social. Selon eux, une majorité d’étudiants ne disposant pas de parents à Dakar, l’accès au campus social demeure une condition essentielle à la poursuite normale des cours. Au-delà de la question institutionnelle, le Collectif exige que l’autopsie d’Abdoulaye Ba, « avec la signature du procureur », soit remise à la famille afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès. Il évoque également des actes de « torture et de vandalisme » qui, selon lui, ne doivent pas rester impunis.

Le communiqué indique par ailleurs que trois membres du Collectif seraient toujours en détention, tandis que d’autres feraient l’objet de recherches. Dans un climat encore marqué par l’émotion, l’administration universitaire et les représentants étudiants affichent ainsi des positions profondément divergentes. Entre volonté affichée de restaurer l’ordre institutionnel et revendication d’un dialogue ouvert et transparent, la crise à l’Ucad semble loin de connaître son épilogue.

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