Les populations en colère réclament le bitumage

Hier, les habitants des localités de Firgui, Kaymor, Nganda et environs ont battu le macadam pour réclamer le bitumage de la route qui relie ces trois localités. Ils estiment que la dégradation de ce tronçon a suffisamment causé de dégâts qui se traduisent parfois par des pertes de vies lors des évacuations sanitaires d’urgence et des accidents de la circulation.
Une marche de protestation a été organisée par les habitants des localités de Firgui, Kaymor et Nganda, dans le département de Nioro du Rip, pour protester contre l’état désastreux de la route latéritique. Une situation qui, selon eux, cause de gros dommages aux populations qui en souffrent énormément depuis plusieurs années, sans qu’aucun régime ne leur trouve de solutions. En effet, selon Papa Amadou Seck, porte-parole du jour : « C’est avec un cœur meurtri et un sentiment de désolation que nous nous sommes réunis ici pour exprimer notre colère. » Il souligne que, depuis 1963, la route Firgui-Kaymor-Nganda est en latérite et se dégrade chaque année, rendant la circulation des personnes et des biens presque impossible. Dans son discours, M. Seck ajoute que cette situation fait que « beaucoup de femmes décèdent en donnant la vie lors de leur évacuation vers les structures de santé ». À cela s’ajoute, selon lui, un nombre important d’accidents de la circulation, surtout pendant l’hivernage.
« Il y a un an, deux jeunes garçons sont morts noyés à hauteur du pont de Kabakoto, sans compter les accidents qui s’y produisent, provoqués par des dérapages de voitures du fait de la mauvaise qualité de ce tronçon. » À en croire Mamour Cissé, un des porte-parole, « les cas de décès sont bien nombreux dans des accidents et des dérapages de véhicules, car, sur deux ans, beaucoup de personnes, dont des jeunes, ont trouvé la mort à cause de cette route chaotique ».
Il rappelle pourtant que, sous le régime de Macky Sall, « la pose de la première pierre pour le bitumage de cette route a été faite » par Amadou Bâ. « De même, des magasins avaient été construits pour y déposer le matériel. » Hélas, regrette-t-il, les agents déployés sur le site ont tous disparu sans aviser personne. Au-delà de cette inquiétude, les populations sollicitent des éclairages sur les fonds destinés aux chantiers qui n’ont jamais été achevés. Face à ces difficultés, elles lancent un appel aux autorités sénégalaises, notamment au ministre des Infrastructures, à tout mettre en œuvre pour la réalisation de la route citée ci-dessus.
Le porte-parole affirme que la réalisation de cette infrastructure va contribuer à éviter les accidents répétés et à relancer les économies qui dépendent étroitement de celle-ci. Dans une zone rurale dont la survie des populations dépend du trafic routier, cette route sera un moyen efficace et stratégique de transport des récoltes destinées à la commercialisation. Très en colère, les impactés par l’état désastreux de cette route appellent les gouvernants à agir au plus vite, car « le monde rural fait aussi partie du pays et les programmes et projets gouvernementaux devraient également bénéficier à tous », surtout que, à leur avis, le bitumage de cette route Firgui-Kaymor-Nganda est devenu une urgence.
Bachir KANE






