Le SUTELEC hausse le ton

Le Syndicat unique des travailleurs de l'électricité exige la suspension du processus contractuel entre Senelec et AKILEE, le paiement de la prime sur les bénéfices de 2025 et le déblocage du Car Plan. Dans une déclaration datée du 2 novembre, il appelle les travailleurs à se tenir prêts à répondre à tout mot d'ordre.
Le SUTELEC durcit le ton face à la direction de Senelec et aux autorités. Deux dossiers concentrent sa colère : le projet de protocole conventionnel avec AKILEE et le non-paiement de la Prime sur le revenu annuel bénéficiaire (PRAB) au titre de l'exercice 2025. Le syndicat réclame également la levée de la suspension du Car Plan et appelle les salariés à la mobilisation, sans annoncer, à ce stade, de calendrier d'action.
Sur le dossier AKILEE, l'organisation demande l'arrêt du processus de signature jusqu'à la réalisation d'une évaluation « approfondie, indépendante et contradictoire » des solutions possibles. Elle souhaite que cet examen couvre les dimensions techniques, économiques, financières, juridiques et sociales du projet.
Une concertation jugée insuffisante
Dans sa déclaration, le SUTELEC rapporte que le président du Conseil d'administration a reçu les quatre secrétaires généraux de la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec (CSTS). Selon le syndicat, le PCA leur a indiqué qu'un comité avait été constitué le 7 octobre pour retravailler le protocole en vue d'un examen le 23 octobre. Faute de document remis par ce comité, le Conseil aurait finalement autorisé le directeur général à signer.
Le SUTELEC affirme également que le PCA avait demandé, dès le 8 octobre, une rencontre entre la direction générale et les organisations syndicales. Cette concertation n'aurait pas eu lieu avant l'autorisation de signature. Toujours selon le syndicat, les avocats de Senelec avaient déconseillé la poursuite du processus.
« Comment peut-on engager l'avenir de Senelec pour dix ans sans concertation sérieuse avec les représentants des travailleurs ? » interrogez l'organisation.
Pour justifier sa demande de suspension, elle invoque les précédents du dossier. Le SUTELEC rappelle les critiques qu'il attribue à l'Autorité de régulation des marchés publics concernant le déséquilibre du contrat décennal de 187 milliards de francs CFA. Il cite également un rapport d'enquête de l'OFNAC qui aurait relevé huit qualifications d'infractions pénales en lien avec ce contrat. Ces éléments sont avancés par le syndicat à l'appui de son appel à la prudence.
Les compétences internes mises en avant
La CSTS défend une autre voie. D'après le SUTELEC, un atelier technique organisé en septembre, réunissant des experts de plusieurs métiers de l'entreprise, a conclu à la possibilité de concevoir et de déployer une solution AMI en interne dans un délai accru à six mois, sous réserve de disposer des moyens nécessaires.
Le syndicat demande donc une comparaison économique avec cette option et avec AMCO-HEXING. Il s'interroge également sur l'exclusivité d'approvisionnement en compteurs qu'il attribue au projet, alors que Senelec détiendrait 49 % d'une usine susceptible de répondre à ses besoins. La protection des données, des emplois et des compétences figure parmi ses préoccupations.
L'organisation assure ne pas s'opposer à la modernisation de l'entreprise, mais refuse un engagement de dix ans sans examen contradictoire des alternatives.
La prime de 2025 toujours réclamée
Sur le volet social, le SUTELEC exige le paiement immédiat de la PRAB 2025. Il affirme que Senelec a réalisé, pour cet exercice, un bénéfice de 36 milliards de francs CFA, certifié par les commissaires aux comptes et inscrit dans ses états financiers. Selon lui, la condition ouvrant droit à cette première est donc remplie.
Le syndicat rappelle que des négociations avaient été ouvertes le 14 juillet par le ministre de l'Énergie et du Pétrole. Celui-ci se serait alors engagé en faveur du président de la République, tout en précisant que la décision finale de paiement relevait du président de la République. Cet engagement aurait été réitéré lors d'une nouvelle rencontre, le 31 juillet.
Plusieurs mois après, le SUTELEC dénonce des « promesses sans lendemain ». Il conteste également les propositions tenues par le ministre lors de la conférence de presse gouvernementale du 19 octobre, estimant qu'ils remettent en cause les performances de Senelec et les efforts de ses salariés.
Outre le règlement de la prime, l'organisation réclame le déblocage immédiat du Car Plan. Elle invite les travailleurs à rester vigilants et prêts à répondre à tout mot d'ordre. Elle appelle également les associations de consommateurs, les centrales syndicales, la société civile et les responsables politiques à soutenir sa démarche, au nom de la préservation d'un « patrimoine stratégique national ».






