Publié le 28 Jul 2025 - 16:07

Du combat au pouvoir : le choc des réalités

 

Ce qui nous arrive aujourd’hui, c’est le choc brutal entre l’idéal porté pendant dix ans de lutte et la réalité du pouvoir. Le pouvoir confronte les idées à une machine institutionnelle lente, complexe, parfois hostile. Pendant une décennie, nous avons combattu Macky Sall et son système. Mais nous avons passé plus de temps à dénoncer qu’à nous préparer à gouverner.

On le sent désormais : certains patriotes dans l’exercice du pouvoir peinent à maîtriser les rouages de l’État, les subtilités du droit administratif, les exigences des finances publiques ou les codes de la diplomatie. Et dans ce nouvel espace de pouvoir, les fractures entre radicaux, pragmatiques et idéalistes explosent.

Les ambitions s’aiguisent. Ceux qui n’avaient jamais connu ni chauffeur, ni honneurs, ni jamais pris un avion, ni titres, se lancent dans une course folle pour écarter les voix fortes et faire de l’ombre à ceux qui dérangent. Le pouvoir commence à corrompre les attitudes. On forme des cercles de fidèles, on exclut, on dresse des murs. Les esprits libres deviennent suspects. Les non-alignés sont priés de se taire ou de disparaître.

La peur de tomber et laisser les délices du pouvoir pousse à vouloir durer. Alors on compose, on ménage, on modère. L’unité d’hier devient une lutte d’égos, une compétition pour les postes, une guerre silencieuse dans les couloirs.

L’opposition est une école du combat. Le pouvoir est une école de la responsabilité. Peu parviennent à relier les deux sans se perdre. Le vrai défi n’est pas d’avoir conquis le pouvoir. C’est de le transformer sans se laisser déformer.

 

Sherif Sy

Section: 
DU SALOUM AUX MARCHES INTERNATIONAUX : Et si le prochain champion sénégalais était aujourd’hui un paysan ?
Requiem pour le Sahel ou le dernier voyage de Maurice Freund
BAMAKO AU BORD DE LA PARALYSIE : BLOCUS, PÉNURIES ET GUERRE ÉNERGÉTIQUE. Le sabotage de Manantali : un tournant dangereux dans la crise malienne
LE CHEMIN DE L’ESPOIR : Pour une relation Sénégal-France apaisée, souveraine et équilibrée
TURBO-RÉVOLUTION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL Entre orthodoxie du FMI, défi de la dette et explosion des alternatives endogènes
LE DESTIN DU PRÉSIDENT DIOMAYE : Entre démission et cohabitation forcée
LETTRE OUVERTE : À Son Excellence le Président de la République,
PROPOSITIONS DE RÉFORME-DIVORCE : Mettez juste un trait d’union
Saisine du conseil constitutionnel et dispersion de la classe politique
Commentaires sur l’avant-projet de loi portant révision de la Constitution
LA RUE COMME MUSÉE : Pour une esthétique populaire de la ville africaine
Hommage à Mame Less Camara (3 ans déjà....)
YAKAAR-TERANGA : Les véritables pertes de l’État du Sénégal et les conséquences dévastatrices
YAKAAR-TERANGA : Les deux raisons du départ de kosmos
MÉMOIRE - TROIS ANS DÉJÀ : Malick Ndiaye, le veilleur de l’éthique Ceddo
REVALORISATION DE LA FORMATION DES JOURNALISTES DANS LE CADRE DU FADP ET RÔLE PIONNIER DU CESTI : Le pari de la qualité
DU TEXTE AU GESTE : L’ordre de préséance et la valorisation des élus à la lumière du décret n°99 252 du 19 mars 1999
AU SENEGAL, LES PAUVRES PAIENT PLUS POUR SE SOIGNER : Le paradoxe de notre système de santé
DE LA SUPRÉMATIE PRÉSIDENTIELLE : Entre conflits et primauté
Analyse de la décision n° 2/C/2026 du Conseil Constitutionnel