Publié le 21 Dec 2021 - 01:24
ENDOCRINOLOGIE AU SÉNÉGAL

Les lacunes de la prise en charge mises à nu

 

En conférence de presse ce week-end, les médecins endocrinologues ont dénoncé le gap dans la prise en charge au Sénégal et en Afrique en général des pathologies liées à l’endocrinologie par rapport au reste du monde. Les possibilités de prise en charge sont très limitées dans le pays.

 

Très peu connue de la population, l’endocrinologie est la spécialité médicale s’intéressant aux hormones, à leurs effets sur le fonctionnement du corps, le métabolisme et aux maladies qui y sont liées. De nombreuses maladies sont dues à des dérèglements hormonaux. Il s’agit, entre autres, du diabète de type 1, du diabète de type 2, des troubles de la croissance, l’hypothyroïdie et les troubles du poids.

Le professeur Abdoulaye Lèye, responsable de la formation en endocrinologie à la faculté de Médecine de l'Ucad, renseigne que la spécialité est très vaste. Mais la prise en charge adéquate pose des problèmes.

Président une conférence de presse, ce week-end, sur ladite spécialité, il a souligné que l’infertilité fait partie de leur domaine. A son avis, toute pathologie qui influence le dysfonctionnement des organes génitaux comme le pénis, les gonades, c'est-à-dire les ovaires, peut empêcher l'enfantement, causer l'altération des spermatozoïdes et des ovaires, et aussi influer sur la fertilité. ‘’Les défis de cette spécialité se trouvent dans la prise en charge. La spécialité des endocrinopaties nécessite des explorations biologiques. Elle demande l'imagerie parmi les plus chères. Tout ça fait que les traitements qui ne sont pas toujours disponibles peuvent poser problème et coûter très cher. On fait avec les moyens du bord et continue le plaidoyer pour espérer avoir mieux’’, expose le Pr. Lèye.

Selon lui, pour les soins, il faut améliorer tout le système et renforcer la formation. Il a souligné, en outre, le défi de la recherche qui, soutient-il, leur permet, entre autres, d'avoir leurs propres recommandations. L’autre défi, c'est celui de la formation. ‘’Il faut de la main-d'œuvre bien formée et qualifiée pour prétendre à de bons soins. On ne désespère pas, mais actuellement, on n’a aucun soutien étatique. Il y a quelques bourses données à quelques étudiants, au moins 40’’, assure-t-il.

Selon le Pr. Lèye, dans ce domaine, ceux qui ont fait la formation dans d'autres pays par leurs propres moyens sont peut-être cinq. Mais, précise-t-il, cela ne veut pas dire que les autres ne peuvent pas s'occuper de la spécialité. ‘’Avoir une qualification, c'est avoir la possibilité de prendre en charge le patient convenablement. Par exemple, la sage-femme peut assurer un accouchement, mais l'idéal serait de faire de sorte d'être spécialiste et d'assurer une prise en charge globale’’, fait-il savoir.

Cette conférence de presse fait suite aux complications chroniques du diabète constatées par les acteurs, à l'association diabète et Covid-19, à la nutrition africaine, au phénomène métabolique et à l'infertilité du couple, aux pathologies de la thyroïde. Il s’agissait, explique le Pr. Lèye, de faire le point sur tous ces sujets et ces échanges sur l'actualité de la prise en charge. N'eût été la Covid-19, a-t-il, on saurait que les maladies infectieuses ont pris beaucoup de recul par rapport aux maladies non-transmissibles. Au premier rang, dit-il, il y a le diabète, les maladies cardiovasculaires qui prennent une place de plus en plus importante.

VIIANE DIATTA

 

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