L’Etat joue la carte de l’anticipation
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Pour solutionner la problématique des inondations, l’Etat est en train de cartographier les zones inondables. L’idée est d’anticiper sur cette problématique dramatique et onéreuse.
Anticiper dans la gestion des inondations, en passant par une connaissance parfaite des zones qui constituent des risques. C’est l’option des autorités étatiques du pays pour régler la question. Elles sont en train de cartographier les zones à risque. Le chef de projet à la Direction de la prévention et de la gestion des inondations (DPGI) au ministère de l’Eau et de l’Assainissement a soutenu, hier, que cette action entre dans le cadre du projet de gestion intégrée des inondations au Sénégal. Cette dernière, selon Madické Cissé, permettra, au moins pour la première fois au Sénégal, de disposer d’un modèle numérique de terrain et de surface à l’échelle nationale. De cette cartographie à l’échelle nationale, il sera question d’en tirer 6 zones pilotes appelées les ‘’zones vulnérables’’. De ces dernières, y compris le Grand Dakar (Dakar, Mbour et Thiès), sa structure va y adosser une communication dite institutionnelle et de masse.
‘’Pour la communication institutionnelle, on va permettre, pour la première fois, au maire de Fongolembi de savoir que, dans sa commune, il y a une partie dite zone non aedificandi ou zone inondable. Du coup, le préfet aura accès à cette plateforme. Un projet de lotissement ne pourra pas être autorisé dans une zone inondable. Tous les services qui donnent des autorisations de construire auront accès à cette plateforme, pour dire s’il faut autoriser ou non. Un radar, avec l’Anacim, va surveiller l’axe du Grand Dakar. Ce projet a démarré à Dakar en 2020 et le sera en 2021 dans les autres régions. Concernant la cartographie, on aura bientôt des bribes d’informations’’, renseigne M. Cissé.
Il est aussi prévu une communication de masse, de sorte que les populations de ces zones sachent qu’elles sont vulnérables.
Concernant les programmes de logements sociaux, il annonce que l’Etat ne peut pas continuer à en construire pour les sinistrés. Ce qu’il y a lieu de faire, ce sont des restructurations ou une urbanisation de correction. C’est-à-dire indemniser pour réaliser ces réseaux. Mais si c’est un bassin à bas-fond à 100 %, la solution est dans le relogement.
Madické Cissé se prononçait lors d’un panel de haut niveau sur le renforcement des capacités des acteurs de la presse sur les questions d’eau, d’hygiène et d’assainissement, organisé par le Cadre de réflexion et d’action des journalistes sur l’hygiène, l’eau et l’assainissement (Crajhea).
Son président, Moussa Thiam, journaliste à la radio Sud Fm, a confié que les problématiques du secteur sont variées, avec, entre autres, la gestion des déchets solides, le plan de l’hygiène et le plan environnemental et du cadre de vie. ‘’Notre structure se veut un cadre de veille et d’alerte sur les risques et catastrophes liés à ces thématiques évoqués. Elle va participer pleinement au respect des engagements des pouvoirs publics pour le bien-être des populations sur les questions de l’assainissement et de l’eau et d’hygiène (Wash)’’, a-t-il expliqué.
CHEIKH THIAM