Une maladie passée sous silence
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Maladie chronique, l’asthme touche des millions de personnes dans le monde. Elle se caractérise par des crises récurrentes, avec des difficultés respiratoires et une respiration sifflante. Au Sénégal, cette maladie est passée sous silence.
La Journée mondiale de l’asthme est passée inaperçue cette année. Cette maladie, considérée au Sénégal comme un problème de santé publique, est célébrée sous silence. Et pourtant, cette pathologie est assez courante chez nous. Elle ne guérit pas, selon le docteur Marie Ka Cissé. ‘’Nous vivons avec elle, mais elle se contrôle. Et je suis d’autant plus heureuse de parler de ce thème qu’il ne s’agit pas d’une fatalité. Il faut reconnaitre et admettre qu’on est malade, mais aussi avoir le réflexe d’aller se faire contrôler’’, ajoute le Dr Ka.
Si l’on peut contrôler l’asthme avec des médicaments, il est également possible de prévenir les crises en identifiant et en évitant ce qui les déclenche. Prévenir, car le mal, lui-même, peut entrainer des complications qui, elles, peuvent être mortelles.
L’asthme est une maladie chronique qui touche tous les âges, particulièrement les sujets jeunes. Trois-quarts des asthmatiques ont eu leur première crise d’asthme avant l’âge de 20 ans. Sa fréquence augmente régulièrement partout dans le monde et on considère qu'elle s'est accrue d'environ 50 % depuis 10 ans.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre d’asthmatiques à travers le monde s’élevait à 300 millions environ, en 2011. La mortalité mondiale était estimée, en 2011, à près de 250 000 décès, dont la majorité était évitable et 80 % survenant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Au Sénégal, la prévalence globale n’est pas encore évaluée. Quelques études parcellaires ont été menées. Dans le Service de pneumologie du CHNU de Fann, le nombre de patients asthmatiques constituait 8,2 % des patients vus à la consultation en 1998 et 9,1 % en 2013.
VIVIANE DIATTA