Publié le 28 Jun 2026 - 00:29
KAOLACK : AUTONOMISATION DES FEMMES

“Yokk Taxawayu Jigéen Ñi” fait sa mue

 

La plateforme "Yokk Taxawayu Jigéen Ñi" étend ses tentacules à travers le pays, surtout dans la région de Kaolack. À Kaolack, où une grande mobilisation a été organisée par ses membres, les prouesses de cette organisation bien implantée à Kaolack ont été affichées.

 

L'autonomisation des femmes est devenue un concept très répandu chez la gent féminine sénégalaise, laquelle en fait son cheval de bataille pour s'extraire de la domination masculine, notamment dans le domaine financier. C'est sans doute les mêmes idées qui ont traversé l'esprit de ces centaines de femmes, à travers le Sénégal, qui ont décidé de prendre leur indépendance financière en créant une plateforme dénommée "Yokk Taxawayu Jigéen Ñi".

Dirigée par Salimata Sall, actrice de développement bien connue dans la région de Kaolack, cette organisation de femmes se veut un cadre de réflexion et de mise sur pied de projets visant à fructifier les revenus des femmes du Sénégal et de Kaolack en particulier.

Face à la presse, hier, au CDEPS de Kaolack, Yokk Taxawayu Jigéen Ñi a procédé à une démonstration de force, avec une grande mobilisation des femmes venues de tous les coins de Kaolack et de l'intérieur du pays. Un signal fort pour témoigner de leur engagement à réussir le pari qu'elles se sont fixé.

Selon Salimata Sall, cette organisation féminine a obtenu par le passé des financements pour mener ses activités génératrices de revenus et les membres y trouvaient leur compte. D'ailleurs, explique-t-elle, Yokk Taxawayu Jigéen Ñi a pu bénéficier d'une ligne de crédit de 600 millions de FCFA, mais le délai de remboursement étant court, cela a posé problème et le financement a été rejeté par l'organisation.

Ainsi, pour poursuivre dans leur élan, les dames ont, à travers leur abnégation à réussir, décroché un appui de taille. En effet, Mme Sall indique que le ministère de l'Économie solidaire a tapé à leur porte pour les accompagner. La collaboration consiste à faciliter l'accès aux financements pour seulement les regroupements de femmes ayant des agréments.

« Actuellement, nous avons été approchées par des finances islamiques qui se disent prêtes à nous aider, mais seulement si nous avons des agréments. Et heureusement, Yokk Taxawayu Jigéen Ñi a des agréments en bonne et due forme », a-t-elle dit.

Pour ces femmes, la démarche ancienne qui consistait à s'organiser en GIE est révolue. La nouveauté est, à les en croire, la création de coopératives productives solidaires (CPS), plus en vogue, plus sûres et plus rentables.

« Nous avons près d'une centaine de CPS à travers la région de Kaolack. Les agréments sont faits par le ministère de l'Économie solidaire. C'est ce qui nous a beaucoup aidées dans nos activités », affirme Salimata Sall, qui ajoute que, fort du dynamisme dont sa plateforme a fait montre, le ministre de l'Économie solidaire l'a désignée deuxième point focal de la région de Kaolack. Une consécration qui la motive à aller de l'avant, selon elle.

Pour ce qui est du rôle de l'organisation qu'elle dirige, il s'adosse sur le principe des 3F, à savoir la formalisation, la formation et le financement. Depuis la création de cette plateforme en 2024, « elle fédère de plus en plus de membres et fait de très bonnes avancées ».

BACHIR KANE

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