Publié le 8 Oct 2021 - 15:47
LA PAIX ET LA SECURITE EN AFRIQUE

L’édition 2021 du forum international de Dakar lancée 

 

Après deux années de suspension à cause la crise de Covid-19, le forum international de Dakar sur la Paix et de la Sécurité en Afrique aura lieu, cette année, du 6 au 7 décembre prochain, avec comme invités d’honneur le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa et son homologue nigérien Mohamed Bazoum. L’annonce a été faite, hier, par la ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Aïssata Tall Sall, lors de la cérémonie de lancement du rendez-vous.

 

L’édition 2021 du forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité aura lieu, du 6 au 7 décembre prochain, ceci après une pause imposée par la pandémie de la Covid-19. ‘’La Covid-19 a eu un impact socio-économique retentissant, ralentissant gravement les rythmes de croissance et de développement. A cette situation déjà pénible, s’ajoutent les fléaux du terrorisme, l’extrémisme violent, les conflits armés, le trafic de drogue, de la traite des personnes, de la piraterie, etc.

Une chose qui sape la stabilité de nos pays et entrave l’émergence d’un continent qui a déjà payé un lourd tribut face à l’insécurité et au sous-développement. Un regard attentif sur la cartographie de cette crise sanitaire mondiale nous amène à constater que l’Afrique est devant et qu’elle est résiliente. Cette résilience dont l’Afrique a fait preuve est ainsi génératrice d’espoir pour préserver sa stabilité et entreprendre son émergence. Tant que le Sahel ne sera pas stable, le monde ne le sera pas. Le Sahel mérite d’être soutenu, assisté, apaisé pour que le reste du monde le soit également’’, soutient la ministre en charge des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

Aïssata Tall Sall, qui s’exprimait hier, lors de la cérémonie de lancement de ce rendez-vous, a annoncé que cette année, les invités d’honneur de ce forum sont le Président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue nigérien Mohamed Bazoum. Elle a aussi rappelé que le Forum de Dakar a été initié par la France et le Sénégal. ‘’C’est un rendez-vous extrêmement important qui est devenu stratégique dans la prise de décision de nos politiques au plus haut niveau dans le domaine sécuritaire et beaucoup de choses qui se font aujourd’hui, aussi bien au Mali, dans le Sahel que dans la région des trois frontières (Niger-Burkina et Mali), c’est des positionnements, de la stratégie, des décisions qui se prennent à partir des conclusions et de la lecture que nous en avons eu avec le forum international de Dakar. Le forum est en train d’articuler nos économies, la question sécuritaire, qui est devenue aussi un facteur économique, de l’émergence et du développement avec les contraintes que nous avons subies lors de cette pandémie’’, souligne-t-elle.

‘’La sécurité doit être un élément partagé’’

Concernant les récentes évènements au Mali, Aïssata Tall Sall, a relevé que le Sénégal a exprimé beaucoup d’inquiétudes sur le Mali. ‘’Parce que ce n’est pas seulement le Mali. C’est le Sénégal et plus loin, la sous-région, encore plus loin, c’est le Sahel. Toutes les semaines, nous suivons la situation au Mali de façon précise. Ce qui se passe au Mali a des répercussions immédiates, quasi-directes sur le Sénégal. Il y a une vive préoccupation que nous avons eu, quand ces récents évènements sont arrivés au Mali. Nous avons écouté les autorités maliennes, elles ont exprimé le droit à leur souveraineté sécuritaire. C’est un discours que nous comprenons. Mais, ce que nous disons en tant que Sénégal, c’est que la sécurité doit être un élément partagé’’, dit-elle. 

La ministre en charge des Sénégalais de l’Extérieur estime que les stratégies de sécurité doivent être des éléments que les pays voisins doivent de façon consensuelle arrêtés ensemble et entre eux. ‘’Donc, la chose que nous avons déplorée, tout en respectant leur volonté d’avoir leur souveraineté sécuritaire, c’est que nous n’ayons pas discuté et quand je dis, nous, c’est aussi la France, le Sénégal que tous les partenaires engagés au Mali dans le cadre de la Minusma. En Afrique, le Sénégal est le premier pays contributeur dans la cadre de la Minusma. Nous avons plus de 1000 de nos soldats engagés au Mali’’, note-t-elle.

En dehors de tout cela et du facteur de voisinage, du destin commun qu’ils partagent avec le Mali, depuis que nous sommes devenus indépendants, la ministre a indiqué que beaucoup de choses les lient à ce pays. ‘’Et nous aurions juste souhaité que tout ce qui se peint au Mali en terme de sécurité soit quelque chose de partager non seulement avec le Sénégal, mais avec l’ensemble de nos partenaires qui sont venus s’engager aux côtés du Mali pour la paix et la stabilité de la communauté internationale. Le Mali est dans le G5 Sahel. Le Sénégal n’y est pas mais, il partage cette grande coalition du Sahel dans laquelle il est membre. Au mois de janvier 2021, le Sénégal s’est engagé de façon volontaire, spontanée à contribuer à hauteur de 2 milliards de francs CFA au fonctionnement du secrétariat du G5 Sahel’’, renchérit Aïssata Tall Sall.

Pour sa part, le Général Mbaye Cissé, Directeur du Centre des Hautes études de Défense et de Sécurité et par ailleurs, président du Comité scientifique de ce forum, a relevé que, dans un contexte régional marqué par la criminalité de toutes sortes, notamment, la persistance de l’extrémisme violent, le développement de la criminalité transnationale organisée, la situation sanitaire complexe, le principal défi des pays africains, c’est la recherche urgente des conditions de consolidation de la paix et de la sécurité préalable à toute émergence porteuse de développement socio-économique.  

MARIAMA DIEME

 

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