Publié le 10 Jul 2017 - 17:31

LE SÉNÉGAL ENTRE COLÈRE ET CHOLÉRA !

 

Dans ces périodes troubles où l’eau potable devient un luxe, où une recrudescence des maladies diarrhéiques est redoutée, une sourde colère envahit les citoyens sénégalais, qui s’estiment abusés par un pouvoir incapable de gérer correctement les affaires de la Cité et obnubilé par une victoire plus qu’incertaine à des élections, de surcroît, très mal organisées.

Drôle d’émergence !

Au-delà de mirobolantes promesses des fonctionnaires du Ministère de l’Economie et des Finances, qui annoncent fièrement une croissance économique soutenue, les Sénégalais sont confrontés à de graves pénuries d’eau, à des ruptures de stock de médicaments et produits médicaux, à la hausse des prix des denrées de première nécessité, au développement spectaculaire du grand banditisme (attaques à main armée de banques, multiplication des agressions…), à la récurrence des fraudes lors des examens, aux inondations précoces et meurtrières consécutives aux toutes premières pluies.

Devant ce tableau apocalyptique, les plus hautes autorités de notre pays parcourent le pays dans tous les sens, cherchant désespérément une tribune pour se faire valoir ou une infrastructure à inaugurer, avant le début officiel de la campagne électorale.

Le drame de Oudalaye, où au moins cinq personnes ont perdu la vie à cause de pluies diluviennes, renseigne sur l’immensité de la tâche qui attend nos décideurs si prompts à bomber le torse alors qu’ils devraient faire preuve de plus de modestie. En effet, il aura fallu deux jours au Ministre de l’Intérieur pour rallier cette localité située à seulement 50 kms de la route nationale.

Cela montre toutes les limites du fameux PUDC, dont les minimes réalisations sont montées en épingle, alors que de toute évidence, cette problématique des infrastructures en zone rurale, amorcée avec le PNIR, va devoir encore se prolonger durant plusieurs décennies.

C’est dans ce contexte d’état d’urgence, où nos concitoyens pris dans leurs préoccupations de survie quotidienne, ne trouvent pas le temps d’aller chercher leurs cartes d’identité biométriques, que le gouvernement sénégalais dirigé par le premier de ses ministres, a décidé d’entrer en campagne électorale.

Quant au Président de l’APR, il est fort occupé, à éteindre les multiples départs d’incendies occasionnés par sa liste inéquitable et déséquilibrée, où il a fait la part trop belle à des militants qui ne donnent pas l’impression d’être parmi les plus représentatifs.

Le processus électoral lui-même est déjà tronqué, rattrapé par l’amateurisme et l’entêtement du Ministre de l’Intérieur, à refuser toute approche inclusive et participative, qui a toujours constitué la marque de fabrique des concertations autour du Code électoral. Pendant que des millions de cartes électorales restent encore à être produites, celles déjà prêtes sont distribuées très parcimonieusement à des citoyens, qui doutent très fortement de la pertinence d’un scrutin présentant toutes les allures d’une ruée échevelée vers …l’or – pardon vers les avantages et les prébendes.

Cette compétition électorale se trouve davantage discréditée par l’immixtion intempestive du premier magistrat de la Nation, occupé à déstabiliser les listes concurrentes par la corruption et l’intimidation, alors même qu’il apparaît tout à fait possible qu’il soit appelé demain à jouer le rôle d’arbitre d’un Parlement, où sa Coalition ne sera plus majoritaire.

NIOXOR TINE

 

Section: 
L’ILLUSION DÉMOCRATIQUE À L’ÉPREUVE DU RÉEL Le Sénégal ou le piège de la politique-spectacle
L’emploi ne nait pas par hasard
Le Sénégal comme illustration d’un nouveau paradigme de reconstruction productive
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : La formule clé d’une opérationnalisation immédiate des pôles territoires
LE RENDEZ-VOUS DE TOUS LES RENIEMENTS : Le Palais, nouvel épicentre de la transhumance
À propos des démissions des directeurs généraux
L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Vers une refonte du cadre territorial ?
Le défi africain du temps long
QUAND LE TALENT NE SUFFIT PLUS : Les leçons du match Sénégal–Belgique au prisme du Seuil de Thiam (Seuil de Pertinence Stratégique)
DÉFENDRE LA CONSTITUTION, C'EST D'ABORD DÉFENDRE LE DROIT : Quelques observations sur la Déclaration du Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie du 29 juin 2026
LE SOMMET DU G7 À ÉVIAN : Une ambition affichée, mais des limites structurelles persistantes
MOURDIAH ET NARA : Le JNIM et la conquête des fonctions étatiques
ASSEMBLÉE NATIONALE : AU NOM DE LA DÉMOCRATIE, IL EST TEMPS DE DÉCIDER Appel de 143 personnalités pour l’adoption de la révision constitutionnelle
NOUVEL ARTICLE 92 DE L'AVANT-PROJET REPRIS PAR LA PROPOSITION DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : L’intrusion du Juge dans l’Hémicycle
ÉPISTÉMOLOGIES DU SUD : CAPITAL HUMAIN ET PLANS TACTIQUES Temps long vs posture tactique dans le Sénégal contemporain
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal
APPEL HSF POUR 40 MIGRANTS SÉNÉGALAIS EMPRISONNÉS EN MAURITANIE “Ils meurent à petit feu”
MOBILITÉS HUMAINES- SPORT ET CULTURES : Une coupe du monde raciste, xénophobe et discriminatoire !
CONCILIER LES AMBITIONS SOUVERAINES DU PEUPLE AVEC LES EXIGENCES DE RIGUEUR DU FMI Un exercice cornélien pour le nouveau gouvernement ?
De la nécessité d’une réforme de l’enseignement à la nécessaire rééducation de l’intelligentsia au Sénégal