Lutte contre le trafic de migrants

L'Antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré au parquet, le 29 juillet dernier, six personnes soupçonnées d'avoir participé à l'organisation d'un départ clandestin par voie maritime vers les îles Canaries.
Les mis en cause sont poursuivis notamment pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants par voie maritime, complicité, mise en danger de la vie d'autrui et escroquerie en bande organisée, indique la Police nationale. L'enquête a été ouverte après l'exploitation d'un renseignement faisant état d'un départ prévu le 29 juillet. Les investigations menées par les enquêteurs ont permis, selon la DNLT, de mettre au jour un réseau opérant entre Ziguinchor, l'île de Diogué, Joal-Fadiouth et l'Espagne.
D'après les éléments recueillis au cours de l'enquête, le principal suspect, assisté de son frère, assurait la coordination de l'opération, son financement ainsi que la collecte des sommes versées par les candidats au voyage. Les autres personnes interpellées étaient chargées du recrutement des migrants, de leur hébergement, de l'organisation logistique et de la préparation de la traversée. Les enquêteurs indiquent également avoir recueilli les témoignages de deux ressortissants de la sous-région présentés comme des victimes du réseau. Ceux-ci auraient confirmé leur enrôlement et désigné le principal suspect comme l'organisateur du projet de départ. Les autres personnes arrêtées auraient également livré des déclarations allant dans le même sens.
...Selon la Police, le principal mis en cause a reconnu, au cours de son audition, avoir organisé la traversée. Il aurait notamment prévu de répartir les candidats en deux groupes afin d'échapper à la surveillance des forces de défense et de sécurité et défini un itinéraire passant par les eaux gambiennes avant de rejoindre les îles Canaries. Les perquisitions ont permis la saisie de listes comportant les noms de candidats de plusieurs nationalités ainsi que les montants versés, compris entre 400 000 et 700 000 francs CFA.
Divers documents jugés utiles à l'enquête ont également été récupérés, de même que la pirogue qui devait servir à la traversée, placée sous scellés. Selon la DNLT, l'opération a permis d'empêcher le départ de plus d'une centaine de candidats à la migration irrégulière. Les personnes mises en cause ont, pour leur part, invoqué des difficultés économiques et leur environnement social pour expliquer leur implication présumée dans cette activité. Déférés devant le parquet, les six suspects restent à la disposition de la justice, tandis que les investigations se poursuivent afin d'identifier d'éventuels autres membres du réseau.






