Dame Sall affiche de fortes ambitions économiques pour Thiès

Le Front de Défense de la Démocratie et de la République pousse encore pour créer une dynamique commune afin de barrer la route au Pastef. Le FDR suppose aujourd'hui qu'il est nécessaire de dépasser les clivages politiques qui empêchent toute unité indispensable pour débarrasser le Sénégal de ce “mal” qui le gangrène depuis maintenant plus de 2 ans. Cependant, quelques interrogations surgissent : le Pastef, sinon son noyau dur incarné par son président et désormais nouveau boss de l'hémicycle, a basculé dans l'opposition depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature. Malgré cette nouvelle donne, le FDR s'obstine presque à garder le Pastef dans sa ligne de mire.
La logique politique voudrait que l'opposition combatte le pouvoir en place, mette tout en œuvre, selon les règles de l'art, pour prendre les rênes d'un pays, par exemple. L'opposition n'a normalement pas vocation à engendrer une guerre en son sein. Sinon, dans la mesure où l'adversaire commun, le pouvoir, est bien identifié, les conflits entre opposants doivent logiquement être différés. Dans le contexte sénégalais, on fait fi de cette évidence. L'ennemi dans ce cas de figure, ce n'est pas la Coalition Diomaye Président, officiellement vainqueure de la dernière échéance présidentielle, mais plutôt le Pastef.
Dès lors, le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République envoie une lettre d'invitation à tout un chacun sauf au parti du désormais ancien chef du gouvernement. « Nous avons appelé toutes les forces vives de la nation. Quand on dit forces vives de la nation, il y a les partis politiques, la société civile, les organisations centrales, les chefs religieux et les chefs coutumiers », expliquait notamment le président du parti Les Démocrates Réformateurs (LDR/Yeesal), Modou Diagne Fada.
Un objectif pas d'abord électoraliste
On se souvient du M23, du M24 ou encore de Yewwi Askaan Wi, toutes ces coalitions avaient des objectifs d'emblée identifiables. Le quart bloquant du président Abdoulaye Wade en 2011, faire de l'ombre à Benno Bokk Yakaar lors des locales et législatives de 2022, l'unité de l'opposition était tout de suite lisible et facilement justifiable. Évoquant le YAW à l'époque, l'ancien maire de Linguère, Habib Sy, disait ceci : « Cette coalition a un objectif principal, c’est de briser toutes ces chaînes pour que notre peuple tienne son destin entre ses mains. Ceci n’est pas un idéal, cela relève du domaine du possible parce que la Coalition qui est ici, ce n’est pas un conglomérat de leaders rêveurs, mais ce sont des hommes politiques responsables qui comprennent ce qui est le réel politique et qui sont engagés. »
Pour démontrer qu'on avait un objectif clair en 2022 avec YAW, M. Sy ajoutait : « La deuxième étape sera certainement les législatives et si on gagne ces élections locales, les élections législatives seront une promenade de santé pour nous. Après cette victoire aux législatives, il n’y aura pas de combat pour l’élection présidentielle et ceci est dans l’ordre du possible, c’est pour cela que nous sommes ensemble. »
Qui pour incarner l'opposition ?
Si le FDR considère le Pastef comme un parti non grata dans cette large coalition souhaitée, avec qui composer dans cette opposition ? Le Parti Socialiste, par exemple, doit encore laver son linge sale en famille ; l'AFP est plus que jamais aphone ; entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias les relations ne sont plus au beau fixe ; les opinions convergent plus s'agissant de l'APR et du PDS.
Tout ceci fait qu’on est orphelin d'un vrai leader. De ce fait, la création d'une dynamique commune se heurte à une vraie équation. Car, même si en politique, la règle élémentaire c'est de ne jamais dire jamais, on imagine le nombre d'unions contre nature qu'on pourrait avoir. Ceci dit, même avant le retour de Pastef dans l'opposition, celle-ci avait déjà des problèmes intrinsèques. Et si aujourd'hui l'objectif ultime demeure de contrecarrer les plans des Patriotes, les conflits internes doivent d'abord se transformer en de mauvais souvenirs.
L'affaire de Diomaye Président
Dans cette configuration assez étrange des choses, c'est le pouvoir actuel, la Coalition Diomaye Président, qui va se frotter les mains. Elle se retrouve désormais quasiment sans opposition, car encore l'adversaire du FDR et consorts, c'est tout simplement le Pastef. Ainsi, pendant que ce conflit inédit se met en place, la coalition présidentielle pourrait gagner du terrain, implanter le maximum de “partis cabines téléphoniques” un peu partout à travers le pays.
En d'autres termes, au moment où les oppositions laisseront des plumes dans cette drôle de guerre, on aura repris du poil de la bête chez Aminata Touré et ses collaborateurs. Dans le camp présidentiel, on ne pouvait espérer mieux en vue notamment des prochaines élections municipales prévues pour 2027. C'est le scénario parfait pour aller gratter des militants en plein cœur des oppositions.
Car, oui, aujourd'hui on est en face d'une certaine bipolarité dans l'opposition. Le FDR et ses composants ne portent pas le Pastef dans leur cœur. Ce qu'on n'a pas assez dit ici, c'est que c'est forcément réciproque. En définitive, c'est le Pastef lui-même qui ne prendrait pas le risque de s'asseoir autour d'une même table que les “ennemis” d'hier. Car là, une union contre nature, cela en est vraiment une.
MAMADOU DIOP






