Publié le 23 Mar 2026 - 20:38
MALNUTRITION ET PALUDISME DANS LE MONDE

En 2024, 4,9 millions d'enfants de moins de 5 ans sont morts

 

En 2024, environ 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans, dont 2,3 millions de nouveau-nés, sont morts dans le monde à cause de la malnutrition et du paludisme, alors que la plupart de ces décès auraient pu être évités grâce à des interventions simples et peu coûteuses et à des soins de qualité, alerte l’ONU dans un nouveau rapport.

L’ONU dresse un bilan complet sur une stagnation dans la lutte contre la mortalité infantile, alors que « les investissements dans la santé infantile figurent parmi les mesures de développement les plus rentables ». Dans le rapport intitulé Taux et tendances en matière de mortalité infanto-juvénile, l’organisation fait remarquer que la mortalité infantile a diminué de plus de moitié depuis 2000, mais que les progrès ont ralenti de plus de 60 % depuis 2015.

Sur les 4,9 millions d’enfants morts à travers le monde, le rapport souligne que, pour la première fois, 100 000 sont morts de malnutrition aiguë sévère (MAS). "Le bilan est bien plus lourd, si l’on prend en compte les effets indirects, car la malnutrition affaiblit l’immunité des enfants et augmente leur risque de mourir de maladies infantiles courantes", écrit le rapport. Le Pakistan, la Somalie et le Soudan figurent parmi les pays qui enregistrent le plus grand nombre de décès directement liés à la malnutrition.

Pour Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF, aucun enfant ne devrait mourir de maladies que nous savons prévenir. "Nous observons toutefois des signes inquiétants indiquant que les progrès en matière de survie de l’enfant marquent le pas, et ce au moment même où nous assistons à de nouvelles coupes budgétaires à l’échelle mondiale", alerte-t-elle.

Toujours selon l’étude, les décès de nouveau-nés représentent près de la moitié de l’ensemble des décès d’enfants de moins de 5 ans, un constat qui témoigne du ralentissement des progrès dans la prévention des décès survenant au moment de la naissance.

Les principales causes de mortalité chez les nouveau-nés sont les complications liées à la prématurité (36 %) et celles survenant pendant le travail et l’accouchement (21 %). Les infections, notamment la septicémie néonatale, ainsi que les anomalies congénitales, comptent également parmi les causes majeures de décès.

Le rapport indique en outre qu’environ 2,1 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes âgés de 5 à 24 ans sont décédés en 2024.

Si les maladies infectieuses et les blessures restent les principales causes de décès chez les jeunes enfants, les risques évoluent à l’adolescence, l’automutilation devenant le premier facteur de mortalité chez les filles de 15 à 19 ans, tandis que les accidents de la route dominent chez les garçons du même âge.

Le paludisme, première cause de mortalité

Au-delà du premier mois de vie, les maladies infectieuses continuent de peser lourdement. Le paludisme, la pneumonie et la diarrhée figurent parmi les principales causes de mortalité, le paludisme étant à lui seul responsable de 17 % des décès chez les enfants plus âgés. La majorité de ces décès surviennent dans les zones endémiques d’Afrique subsaharienne.

L’organisation précise que les décès demeurent concentrés dans un petit nombre de pays, notamment au Niger, au Nigéria, en République démocratique du Congo et au Tchad – où le paludisme est endémique et où les conflits, les chocs climatiques, les espèces envahissantes de moustiques, la résistance aux médicaments et d’autres menaces biologiques freinent toujours les efforts en matière de prévention et de prise en charge.

Si la mortalité liée à cette maladie avait fortement reculé entre 2000 et 2015, cette baisse s’est nettement essoufflée au cours des dernières années, renseigne l’OMS.

L’Afrique subsaharienne concentre 58 % des décès

Par ailleurs, les disparités régionales restent marquées. Car, en 2024, l’Afrique subsaharienne enregistrait à elle seule 58 % des décès d’enfants de moins de 5 ans. Dans cette même région, neuf grandes maladies infectieuses ont été à l’origine de 54 % de ces décès, révèle le rapport. Dans le même temps, cette proportion s’élevait seulement à 9 % en Europe et en Amérique du Nord ; et de 6 % en Australie et en Nouvelle-Zélande.

En Asie du Sud, une région qui enregistre 25 % de l’ensemble des décès d’enfants de moins de 5 ans, la mortalité était principalement due à des complications survenant au cours du premier mois de vie.
Les pays fragiles et touchés par des conflits continuent en outre de supporter une part disproportionnée de ce fardeau. "Les enfants vivant dans des situations de conflit et de crise ont près de trois fois plus de risques que les autres de mourir avant leur cinquième anniversaire", s’inquiète le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé.

CHEIKH THIAM

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