Publié le 10 Jul 2021 - 02:06
MAUVAISE GESTION, DETTE ABYSSALE, ABSENCE DE CONTROLE…

La douloureuse agonie de La Poste

 

Hier, les postiers de Mbour ont battu le macadam, à l’instar des camarades d’autres régions, pour dénoncer ce qu’ils appellent la mal gouvernance de leur entreprise. A cette occasion, ils ont tiré la sonnette d’alarme sur l’absence de liquidité et les risques d’une déflation de 2 000 agents.

 

Bravant le soleil ardent et scandant en chœur des slogans de protestation contre la gestion de leur boite, les agents de La Poste de Mbour ont marché le long de la route nationale pour exprimer leur ras-le-bol d’une situation difficile vécue dans leur lieu de travail. ‘’Nous sommes aujourd'hui dans la rue pour dénoncer la mal gouvernance qu'on nous fait subir dans l'entreprise. En plus de cela, nous notons que l'entreprise est actuellement dans une situation de crise extraordinaire. C'est une situation très difficile, au point qu'on peine même à payer les salaires. Pour payer les salaires des agents, la direction est obligée d'user de tous les moyens possibles pour y arriver à temps. Or, nous savons tous que cette situation ne peut pas continuer’’, déclare Mme Ciss Thioro Fall.

Elle ajoute que cette marche est organisée à l’échelle nationale. C’est ‘’une manifestation qui entre dans le cadre d'un programme national. Aujourd'hui, toutes les 14 régions font cette manifestation et spécialement à Mbour qui est considérée comme une union régionale au niveau du syndicat. A cet instant précis, tous les postiers du Sénégal et leurs familles sont en train de marcher pour soutenir l'entreprise et la faire sortir de la situation où elle se trouve’’.

Ainsi, les manifestants ont mis en garde les autorités contre une éventuelle réduction du personnel qui commence à étreindre les cœurs. La secrétaire générale adjointe du Syndicat national des travailleurs des Postes et télécommunications (SNTPT) d’ajouter : ‘’L'autre donnée est que nous avons eu échos d'une déflation qui se prépare au sein de La Poste, concernant plus de 2 000 agents. Et si cela advenait, ce sera plus de 2 000 familles qui seront dans le désarroi et qui risqueraient d'éclater. Nous, postiers, ne pouvons pas laisser passer cette forfaiture.’’

La problématique des bourses familiales

‘’Il y a également un autre problème concernant les bourses familiales. Tout le monde sait que c'est La Poste qui paye les bourses familiales. Mais après avoir procédé au payement, La Poste ne reçoit pas de remboursement de la part de l'Etat. Aujourd'hui, l'Etat nous doit, au bas mot, 42 milliards au niveau des bourses familiales. Et cela fait partie des causes des multiples difficultés financières de l'entreprise’’. La syndicaliste d’insister sur cette situation qui plonge l’entreprise postale dans un gouffre qui l’empêche de fonctionner correctement. ‘’Nous n'avons même plus d'argent pour travailler. Les clients qui doivent retirer certaines sommes importantes ne peuvent plus le faire au niveau de La Poste, parce que nous ne détenons plus de fonds pour faire fonctionner correctement la boîte. Cela a carrément plombé l'exploitation’’, renseigne Thioro Fall.

Convaincue que La Poste appartient à la population sénégalaise, la responsable syndicale a profité de l’occasion pour rappeler l’importance de cette structure dans le dispositif économique du Sénégal. ‘’Il n'existe aucun pays au monde sans Poste. Donc, personne n'ose douter de l'importance de La Poste dans le pays, voire dans le monde. De ce fait, nous demandons à la population de soutenir La Poste. Nous demandons également au président de la République de faire un clin d'œil à La Poste. De regarder de plus près la gouvernance et trouver des moyens pour la sortir du gouffre dans lequel elle est plongée’’, réclame-t-elle.

D’ailleurs, elle révèle que La Poste n’a fait l’objet d’aucun contrôle de la part de l’Etat, depuis longtemps. ‘’Nous fustigeons l'Etat sur le fait que, depuis presque 15 ans, aucun corps de l'Etat n'a mis les pieds à La Poste pour la contrôler. Tous les directeurs font ce qu'ils veulent. Et nous disons non à cela’’, persifle Thioro Fall.

IDRISSA AMINATA NIANG

Section: 
DÉTENTION ET MISE EN CIRCULATION DE FAUX BILLETS DE BANQUE : Quand un change de 2 000 euros brise une amitié et mène à la prison
KAOLACK - DÉSENGORGEMENT DE LA VOIE PUBLIQUE : Les occupants de l’avenue John Fitzgerald Kennedy déguerpis
LANCEMENT NEW DEAL TECHNOLOGIQUE : Le Gouvernement décline sa nouvelle feuille de route
GAMOU DE GASSANE : Les difficultés de la commune partagées
And Gueusseum
Lutte contre l'insécurité Dakar
CHAVIREMENTS RÉCURRENTS DE PIROGUES DE MIGRANTS : Boubacar Sèye accuse la Tunisie et l’Europe
MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DE L'ACTION SOCIALE : Un audit du personnel révèle des irrégularités
PORTRAIT DE MONSEIGNEUR ANDRÉ GUÈYE, NOUVEL ARCHEVÊQUE DE DAKAR : Un clerc au service du dialogue interreligieux  
LUTTE CONTRE LA MORTALITÉ MATERNELLE ET NÉONATALE : RÉDUCTION DES DÉCÈS ÉVITABLES : Investir dans la santé des jeunes, selon la présidente de l’ANSFES
PORTRAIT DE BABACAR FAYE, DG DU SIRN : Un expert des études topographiques et géodésiques
KAOLACK -  JOURNÉE NATIONALE DE L’ÉLEVAGE : Les promesses de Diomaye Faye aux éleveurs
CODE PASTORAL, POTENTIEL GÉNÉTIQUE DU CHEPTEL, VOL DE BÉTAIL… : Ce que les éleveurs attendent de Bassirou Diomaye Faye
Vigile trafiquant
Maire de Rufisque
Complexe Mouride
SAES
LUTTE CONTRE LA CRIMINALITÉ FINANCIÈRE ET LA CORRUPTION EN AFRIQUE La Bad et Interpol conjuguent leurs forces
DÉBATS D’IDÉES ET RENCONTRES - “SYMBIL ET LE DÉCRET ROYAL” : Fatimé Raymonde Habré lève le voile sur la traite arabe
ACCUSÉS DE LIENS AVEC UN GROUPE TERRORISTE : Deux commerçants sénégalais acquittés