Les camionneurs de béton ne veulent pas du pont-bascule mobile
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Les chauffeurs de camion qui empruntent la route qui va dans les carrières de Bandia sont foncièrement mécontents, à cause de l’installation d’un pont-bascule mobile entre les villages de Sindia et de Bandia. Ils menacent d’aller en grève, si les autorités ne réagissent pas.
Les chauffeurs de camion qui vont chercher du béton dans les carrières de Bandia sont très en colère contre l’autorité. En effet, ils considèrent que le pont-bascule installé sur la route qu’ils empruntent pour trouver la matière est inconcevable. Ils soutiennent que ce pont-bascule est devenu un frein à leur travail qu’ils n’arrivent plus à faire correctement. Ils sont obligés de payer la somme de 2 000 F CFA, à chaque passage.
‘’Nous ne pouvons plus travailler à cause de ce pont qu’on a mis juste en place pour encaisser notre argent. Tout le monde sait que les camions-bennes ne peuvent pas charger un surplus. Les gros-porteurs qui prennent une charge de 100, voire 200 tonnes sont exemptés du passage sur le pont, parce qu’ils craignent qu’ils le brisent’’, fustige le porte-parole des chauffeurs, Mamadou Guèye.
Il y a 300 véhicules qui travaillent dans les carrières de Bandia. ‘’Un camion peut faire 10 à 20 rotations par jour et à chaque voyage, nous payons 2 000 F. Ce qui est inadmissible’’, déplore un chauffeur. ‘’Que les gens qui ont mis le pont ici sachent qu’on va commencer à refuser de passer ici. C’est pour éviter des problèmes avec les forces de l’ordre qui sont ici que nous lançons cet appel. Nous sommes plus de 10 regroupements de chauffeurs de camion à être présents et nous chargeons du béton que nous transportons. Nous ne dépassons pas les 5 tonnes’’, informe M. Guèye.
Ces chauffeurs interpellent le chef de l’Etat. Il souhaite qu’il saisisse le ministre des Transports terrestres afin que leur problème soit réglé définitivement. Après une première grève, il a été promis à ces chauffeurs l’enlèvement provisoire de l’infrastructure incriminée, en attendant des échanges entre les parties. Seulement, il n’y a pas eu de discussion et le pont en question a été remis lundi dernier.
‘’Nous avons observé un arrêt de travail aujourd’hui et nous allons vers une grève’’, annonce le camionneur. Dans cette même dynamique, Abdourahmane Niang lui emboite le pas : ‘’J’interpelle le ministre des Transports terrestres, Mansour Faye. Il avait pris des engagements devant les syndicats sur l’affaire Afrique-Pesage concernant ces camions-bennes. Lorsque nous avons discuté avec tous les acteurs, il avait évoqué le règlement 14 qui est du ressort de son ministère et il avait promis qu’il allait régler au plus vite ce problème.
C’est dans ce sens qu’il nous avait invités le 5 janvier dernier, mais une rencontre avec le chef de l’Etat l’avait obligé à repousser cette rencontre au 7 janvier. Entre-temps, le ministre de l’Intérieur a sorti un arrêté pour interdire la tenue des rencontres, pour éviter les rassemblements’’, explique le secrétaire général adjoint de l’Union des routiers du Sénégal. ‘’Nous les syndicats, avons demandé aux camions d’arrêter, parce qu’il n’y a pas une surcharge de poids. Il faut le dire, ce sont juste les 2 000 F que ces gens veulent prendre. Une voiture qui fait cinq rotations va donner 10 000 F ; c’est inadmissible’’, a dénoncé M. Niang qui exige que ce pont soit enlevé au plus vite.
IDRISSA AMINATA NIANG