La Cosas fracasse la classe politique et les sportifs

La Coalition pour la santé et l’action sociale craint un dépassement des capacités de prise en charge du système sanitaire, avec la menace d’une troisième vague de la Covid. Elle dénonce le comportement de la classe politique et du mouvement sportif.
Depuis quelques jours, on assiste à une remontée graduelle du nombre de cas de Covid, faisant craindre une troisième vague. Il en est de même sur l’ensemble du continent africain. Une situation regrettable que le bureau de la Coalition pour la santé et l’action sociale (Cosas) a évaluée hier. Le professeur Abdoul Kane craint qu’on ne dépasse le pic de la première vague. D’autant que le variant Delta (indien) est signalé dans 14 pays africains et les variants Beta (sud-africain) et Alpha (britannique) sont trouvés dans plus de 25 pays africains.
Cette augmentation du nombre de cas couplée à la découverte, par l’Iressef, de variants dans notre pays, soutient le président de la Cosas, pourrait induire une transmission plus rapide du virus, une létalité accrue des cas. De ce fait, il pourrait y avoir un dépassement des capacités de prise en charge du système sanitaire.
La Cosas déplore et dénonce le fait que la classe politique et le mouvement sportif aient donné de mauvais exemples ayant conduit à l’abandon des mesures barrières par la majorité de la population. ‘’Notre pays n’est pas à l’abri de scénarios-catastrophe comme ceux observés au Brésil ou en Inde. Ce, avec des difficultés extrêmes de gestion des flux massifs de patients, une pénurie d’oxygène se traduisant par une augmentation exponentielle des cas et des décès’’, prévient le Pr. Kane.
Avant d’ajouter que la campagne de vaccination contre la Covid-19, lancée le 1er mars 2021, se heurte à deux obstacles. Il s’agit de l’insuffisance de vaccins et les rumeurs qui ont occasionné la méfiance des populations. Ce qui peut, souligne le médecin, compromettre l’atteinte de l’objectif de 10 % fixé par l’OMS, pour septembre prochain.
La Cosas engage fortement le gouvernement à poursuivre les efforts de renforcement du système de santé déjà entamés, lors de la première vague. Mais également à faire le bilan des réalisations en matière d’équipements. Elle l’encourage à valoriser les activités de recherche des experts du pays, y compris des tradithérapeutes, pour une meilleure connaissance des caractéristiques particulières de la pandémie dans le contexte africain.
‘’Les effets secondaires liés à l’administration des vaccins sont rarement mortels’’
Elle rappelle la nécessité de mettre à jour l’argumentaire pour sensibiliser les populations, en insistant sur les variants qui causent des formes plus sévères de la maladie et épargnent moins les jeunes. ‘’Il faut faire comprendre à la population que les patients guéris de la Covid-19 peuvent parfois présenter des séquelles, à savoir des atteintes pulmonaires (fibrose) et cardiaques, des dysfonctionnements érectiles, des troubles du comportement. Les effets secondaires liés à l’administration des vaccins sont rarement mortels et beaucoup moins fréquents que les complications/séquelles induites par la maladie’’, fait-il savoir.
Pour toutes ces raisons et avec la prudence dont les autorités sanitaires doivent s’entourer, en faisant un usage intelligent du principe de précaution et en mettant en œuvre une pharmacovigilance permanente, le professeur Abdoul Kane et Cie exhortent les populations à se faire vacciner, tout en continuant à respecter les mesures barrières.
D’ailleurs, pour contribuer à cette campagne de sensibilisation, la Cosas compte organiser, le mercredi 14 juillet 2021, avec des experts nationaux, un webinaire autour des thématiques sur la ‘’Place de la vaccination dans la lutte anti-Covid-19’’ et la ‘’Prise en charge des complications/séquelles de la Covid-19’’.
En outre, la Cosas se félicite de la réunion du comité régional de gestion des épidémies convoquée par le gouverneur, la semaine dernière, regroupant les autorités sanitaires de la région de Dakar, pour traiter de la situation. Elle se réjouit également des activités de prise en charge post-Covid déjà en cours au niveau des centres hospitalo-universitaires.
En effet, le couvre-feu instauré le 6 janvier dans les régions de Dakar et de Thiès, et l’état de catastrophe sanitaire dans son ensemble, avaient été levés le 19 mars 2021, après une accalmie de plusieurs semaines.
VIVIANE DIATTA