Publié le 26 Dec 2012 - 12:48
MOTION DE CENSURE CONTRE LE GOUVERNEMENT CET APRES-MIDI

Le Pds traque «les biens mal acquis» d'Abdoul Mbaye

 

C'est aujourd'hui que l'Assemblée nationale examine la motion de censure déposée par le Parti démocratique sénégalais (PDS) contre le maintien à son poste du Premier ministre Abdoul Mbaye. Pour le Pds, «le rapport d'audit commandité auprès de 36 experts (…) et révélé par La lettre du Continent dans sa publication n°645 du 25 octobre 2012, a mis en exergue certaines pratiques de blanchiment d'argent opérées au niveau d'une banque installée au Sénégal dont l'actuel Premier ministre était le Directeur général de 1989 à 1997».

 

Ces «pratiques» font référence au «blanchiment» d'importantes sommes d'argent que l'ex-président du Tchad, Hissène Habré, aurait transférées dans une banque sénégalaise lors de sa fuite de Ndjaména vers le Sénégal. Or, le procès de ce dernier est prévu pour démarrer dans les prochains jours, selon l'agenda arrêté par les autorités sénégalaises.

 

En perspective de tout cela, le Parti démocratique sénégalais est d'avis que «le procès de Hissène Habré devant une juridiction ad hoc à Dakar pourrait fragiliser le Premier ministre Abdoul Mbaye (…) si la justice venait à se pencher sur les conditions de gestion des fonds que l'ancien Président tchadien a emmenés dans sa fuite précipitée...»

 

Éthique et morale

 

 

Dans une note transmise à EnQuête, le Pds souligne qu'«au cours de l'année 1991, des ordres ont été donnés pour que la banque en question émette plusieurs 'Bons de caisse au porteur' remis en liquide à Hissène Habré.» A ce propos, «l'existence d'un listing de comptes de clients fictifs soustraits au contrôle interne de la banque et au contrôle de gestion est également révélée par les auditeurs». Pour les Libéraux, Abdoul Mbaye «ne pouvait plus rester indifférent devant de telles révélations».

 

D'où cette conférence de presse du 6 novembre 2012 «pour se défendre de ces accusations graves pour un Premier ministre en fonction». Et en déclarant qu'«au moment des faits il n'existait pas une loi contre le blanchiment d'argent», poursuit l'argumentaire du Pds, le Premier ministre fait «au moins un aveu de blanchiment et même de recel de biens et de fortune appartenant au peuple tchadien». En outre, «même s'il n'existait pas à l'époque de loi sanctionnant pénalement le blanchiment d'argent, l'éthique et la morale devraient lui interdire de tels agissements d'autant plus qu'il est par ailleurs accusé de faux et d'usage de faux».

 

 

Si M. Mbaye, d'après le Pds, «impute une partie de sa propre responsabilité à des autorités sénégalaises, tchadiennes et à la BECEAO sans fournir de noms (…), il est difficilement croyable qu'un Président en fuite puisse bénéficier d'autant de soutiens (…) pour dissimuler et faire un transfert bancaire aussi important (environ 16 milliards de francs Cfa) à partir de ses propres comptes du Tchad à la banque précitée».

 

Face à l'imminence du démarrage du procès cité plus haut, le Pds s'interroge: «Est-il acceptable que Monsieur Abdoul Mbaye, qui a joué un rôle aussi important dans le transfert et la dissimulation de l'argent de M. Habré mal acquis du Trésor public tchadien, puisse continuer à diriger le gouvernement du Sénégal, étant entendu qu'à tout moment, les autorités tchadiennes ou même les parties civiles pourront l'installer dans la cause ?» La réponse est évidemment non pour les Libéraux, en attendant que l'Assemblée nationale examine la question aujourd'hui.

 

 

 

MOMAR DIENG

 

 

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