Barthélémy Dias appelle l’opposition à se structurer

En tournée politique, le leader du mouvement « Sénégal Bi Ñu Bokk », Barthélémy Dias, a séjourné à Thiès où il a multiplié les activités, entre visites de proximité et rencontres politiques.
A Thiès, Barthélémy Dias a rencontré le président de l’Union pour une Nouvelle République (UNR), Mouhamadou Lamine Massaly. À l’issue de cette rencontre, il a dressé un constat préoccupant de la situation socio-économique du pays. Il évoque un sentiment généralisé de malaise au sein de la population, marqué par « le désespoir, la désillusion, voire la déception et, dans certains cas, un sentiment de trahison ».
Se projetant sur les prochaines échéances électorales, il s’est montré confiant quant à une alternance politique, estimant que le départ du régime actuel « n’est qu’une question de temps ». Selon lui, l’opposition gagnerait davantage à se structurer qu’à s’engager dans une confrontation directe avec le pouvoir. « Nous opposer à eux serait une perte de temps », a-t-il déclaré, plaidant pour la construction d’une alternative « crédible, fiable, viable et durable ».
Dans la même dynamique, il a affirmé que le régime en place est fragilisé par ses propres contradictions : « Ils s’opposent à eux-mêmes et ils le font très bien », a-t-il lancé. Barthélémy Dias a également annoncé des évolutions prochaines sur la scène politique nationale, dénonçant l’utilisation de mécanismes qu’il juge incompatibles avec les principes républicains, et qui, selon lui, pourraient se retourner contre leurs initiateurs.
Son hôte, Mouhamadou Lamine Massaly, a abondé dans le même sens en pointant les difficultés économiques et les conditions de vie des Sénégalais. Il a appelé à une mobilisation de l’opposition, en particulier de la jeunesse, afin de faire bloc autour de l’essentiel et d’œuvrer pour une alternance politique.
Le leader de l’UNR a par ailleurs critiqué les stratégies du régime en place, qu’il considère en perte de vitesse, évoquant un « effondrement » des mécanismes ayant favorisé son accession au pouvoir. Il a embrayé sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, pour dénoncer le manque de soutien des autorités qui « tournent le dos à la candidature d’un fils du pays ».
Également, Barthélémy Dias s’est rendu auprès de la famille de Maodo Malick Mbaye, actuellement en détention depuis près de neuf mois. À cette occasion, l’ancien maire de Dakar a exprimé ses préoccupations face à la lenteur de la procédure judiciaire, déplorant l’absence d’évolution dans le traitement du dossier.
Selon lui, Maodo Malick Mbaye, à l’instar de Farba Ngom, est victime d’un système qu’il qualifie de partial. « C’est la justice des vainqueurs qui s’est abattue sur lui », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs salué le parcours de l’ancien responsable, mettant en avant son travail à l’Anamo ainsi que son rôle de médiateur lors de périodes de tensions nationales.
Ndeye Diallo (Thiès)







