Des élèves de Saly initiés à travers un atelier

L’émigration clandestine affecte beaucoup de communautés au Sénégal. La localité côtière de Saly Portudal n’échappe pas à ce phénomène. Voilà tout le sens de l’initiative de l’écrivain Paul Sédar Ndiaye d’y initier avec les élèves du nouveau lycée de la commune un atelier d’écriture dans une démarche de promotion de la lecture et de l’écriture chez les élèves, avec comme support le roman « Les larmes de Mossane », qui aborde ce thème.
Ken Bougoul Guéye est aux anges. Élève en Terminale A au nouveau lycée de Saly, elle vient de remporter le Prix de la meilleure production de l’atelier littéraire initié dans son établissement ce samedi 2 mai par l’écrivain Paul Sédar Ndiaye, dans la dynamique de la promotion de son roman intitulé « Les larmes de Mossane ».
« Il y a une baisse du niveau des élèves en français et les élèves lisent de moins en moins. On peut dire que ça a un rapport avec les nouvelles technologies, Internet. Mais il faut savoir que rien ne peut remplacer la lecture. Ce que la lecture peut faire en nous, il n’y a rien d’autre qui peut le faire. Donc, il faut se consacrer davantage à la lecture. Comme on le dit, c’est un voyage et le cerveau a besoin de voyager aussi pour pouvoir plus donner », a-t-elle réagi après son sacre.
« On dit que les élèves ne lisent plus. Peut-être qu'ils n'ont plus ces occasions-là pour être en contact avec les livres. Et là, je pense que c'est une action que l'on peut faire dans tous les lycées. À travers cette activité, on a découvert que nous avons des génies en littérature avec nos élèves. Ils ont fait de très belles productions », a pour sa part affirmé Fatou Kiné Guéye Diop, professeur de français et encadreure du Club de littérature, d’art et de philosophie (Clap) de l’établissement.
« À travers cet atelier, nous avons essayé de propulser, d'impulser, d'essayer de promouvoir la lecture et l'écriture. La lecture aujourd'hui est en train de disparaître au profit peut-être des réseaux sociaux. Il n'y a presque plus de bibliothèques et nous nous rendons compte que le niveau est en train de baisser. Au-delà de cet aspect, les élèves ne s'intéressent plus beaucoup à l'écriture », relève l'écrivain Paul Sédar Ndiaye.
Saly Vélingara n'est pas loin de la côte. C'est une région où la migration n'est pas une abstraction. C'est quelque chose qu'on vit, qu'on voit, qu'on respire. Les familles connaissent quelqu'un qui a tenté la traversée. Les jeunes grandissent avec cette question : partir ou rester ?
« Choisir ce lycée, c'est choisir d'aller à la rencontre de ceux pour qui ces questions sont les plus urgentes. C'est reconnaître que la littérature n'est pas un luxe réservé aux grandes villes, mais un outil pour tous ceux qui ont besoin de comprendre le monde », justifie l’auteur.
Censeur du nouveau lycée de Saly, Mme Aïssatou Seck Seydi a salué cette initiative de Paul Sédar Ndiaye qui recoupe à ses yeux les objectifs de l’enseignement du français dans nos écoles, a-t-elle souligné. C’est pourquoi elle a souhaité que la démarche soit pérennisée.
Même sentiment chez le rapporteur de la commission éducation du conseil municipal de Saly, Ibrahima Faye, qui a souhaité une rencontre entre l’initiateur de ce programme et le maire de Saly, pour formaliser un cadre de promotion de la lecture chez les jeunes de la commune. Dans cette perspective, il a fait part de la volonté de l’équipe municipale de mettre en place une bibliothèque municipale.
Pape Mbar Faye






