Trois héritiers de feu Alassane Ndoye traduits en justice
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Médoune Diop, Oumar Ndoye et Ababacar Guèye ont comparu hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Un litige foncier à Ouakam les opposant au député Farba Ngom est à l’origine de leur comparution devant cette juridiction pénale.
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a renvoyé des fins de la poursuite, hier, Médoune Diop, Oumar Ndoye et Ababacar Guèye. Ils étaient tous les trois poursuivis pour opposition par voie de fait à des travaux autorisés par les autorités compétentes et outrage au commandant de la force publique dans l’exercice de ses fonctions.
Tout est parti d’un litige foncier à Ouakam, qui oppose le député d’Agnam, Farba Ngom, aux héritiers de feu Alassane Ndoye.
En effet, selon l’économie des faits tels que relatés par le chef de chantier Mamadou Doumbouya à la police, en ce qui concerne le premier chef d’accusation, vers 9 h, un jeune du quartier est venu lui demander s’il n’a pas reçu un papier lui interdisant de poursuivre les travaux. Lui répondant par la négative, l’individu serait parti en lui disant qu’il allait revenir lui montrer les documents en question. Sur ces entrefaites, le chef de chantier lui a conseillé de saisir la Dscos pour toute réclamation.
Deux heures après, le jeune homme est revenu avec un groupe d’individus pour envahir le chantier et empêcher la poursuite des travaux. Pendant ce temps, le chauffeur du camion devant décharger des briques est arrivé et a été bloqué par ces derniers. C’est juste après que le renfort des gendarmes est arrivé.
Ainsi, selon le commandant de la gendarmerie, c’est à partir de ce moment que les prévenus ont tenu des propos outrageants à son encontre. A l’en croire, ils lui auraient dit : ‘’Commandant, vous êtes le premier complice de Farba Ngom, de même que le capitaine Faye. Vous êtes des corrompus. Le camion ne va rien décharger. Nous avons remis à votre patron un document lui ordonnant l’arrêt des travaux sur le chantier.’’
Des accusations que le trio a contesté avec véhémence, depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la barre.
Entendu en premier, Médoune Diop soutient mordicus que le terrain leur appartient. ‘’Ils ont démoli notre mur et ont entamé leur construction’’, a-t-il dénoncé. Quant à Ababacar Guèye, il reconnait qu’ils se sont opposés au déchargement des briques et à la reprise des travaux.
A la suite du parquet qui a requis l’application de la loi pénale, le conseil de la défense, Me Ciré Clédor Ly, a dénoncé ‘’l’abus de pouvoir’’ dont fait montre Farba Ngom. ‘’Il se trouve au centre de tous les scandales du pays. La Dscos est le gardien de Farba Ngom. La Dscos a passé la nuit là-bas pour surveiller le chantier. Les travaux ont débuté pendant la nuit. Nous sommes tous vulnérables face à Farba Ngom qui est homme de pouvoir’’, a regretté la robe noire, lors de sa plaidoirie.
Selon l’avocat, le délit d’opposition à des travaux autorisés n’est pas caractérisé. ‘’L’autorisation d’effectuer des travaux ou de construire n’a pas été établie. Les travaux ne sont pas d’intérêt public. Ils appartiennent à un particulier et l’article 410 n’a pas vocation de protéger des particuliers’’, a-t-il motivé.
L’avocat révèle également que ses clients ont servi une citation directe au ‘’bras droit’’ du président de la République, à la chambre correctionnelle. Et que, délibérément, celui-ci refuse de répondre à la convocation.
Le tribunal ayant suivi sa demande de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite, l’avocat s’en est réjoui.