Timbuktu Institute lance son Observatoire des fragilités

Pour améliorer la production et la diffusion de connaissances sur les facteurs de fragilité en Afrique de l’Ouest et du Centre, le Timbuktu Institute lance le Fragility Observatory of West and Central Africa for Resilience and Democracy (FOWARD). Ce nouvel outil de recherche et d’action est destiné à renforcer l’anticipation des crises, la résilience communautaire et l’aide à la décision.
Le Timbuktu Institute annonce le lancement du Fragility Observatory of West and Central Africa for Resilience and Democracy (FOWARD), un nouvel outil de recherche et d’action consacré à l’analyse des dynamiques de fragilité en Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon un communiqué de l’institut, cet Observatoire a été conçu pour contribuer à combler le déficit d’institutions capables de produire des données fiables et d’éclairer les politiques publiques.
Il capitalisera sur plus d’une décennie d’expertise et d’ancrage local du Timbuktu Institute auprès des communautés de la région, notamment celles qui sont les plus exposées à l’insécurité. Le Foward aura pour objectif de construire, de gérer et de diffuser des connaissances orientées vers l’action sur les facteurs de fragilité en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il devra également développer des synergies entre les différentes parties prenantes afin de promouvoir la résilience et de contribuer à contenir l’insécurité par le renforcement des capacités des communautés.
L’Observatoire aura notamment pour mission de suivre, à moyen et long terme, l’évolution des mécanismes, des dynamiques et des processus pouvant conduire à des conflits, à des instabilités politiques ou à des menaces sécuritaires dans le Sahel ainsi qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce travail reposera sur une veille permanente et sur la détection des signaux faibles, dans une perspective d’alerte précoce et d’amélioration des capacités d’anticipation des crises et des instabilités. Le Foward ambitionne également de promouvoir une prise de décision fondée sur des données probantes et régulièrement actualisées. À cet effet, il conduira des recherches sur les facteurs de fragilité et les différentes dynamiques de résilience observées dans la région.
L’Observatoire collectera et interprétera en continu des données provenant de plusieurs sources. Ces informations, à la fois qualitatives et quantitatives, porteront sur les dynamiques sécuritaires en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’analyse adoptera une approche globale intégrant les dimensions sociopolitiques, religieuses, environnementales, économiques et climatiques des phénomènes étudiés.
Le Foward mènera également des recherches thématiques et publiera des notes d’analyse, des rapports et des études. Ces différentes productions devront servir de support aux actions de plaidoyer menées auprès des décideurs et des communautés. L’Observatoire formulera, en outre, des recommandations à l’attention des États, des organisations régionales et internationales ainsi que des autres acteurs intervenant dans la région. Pour mettre en œuvre ses objectifs, le Foward organisera son action autour de quatre axes stratégiques. Le premier est consacré à la veille stratégique et à l’alerte, à travers la détection des signaux faibles en vue de rendre les stratégies de prévention plus efficaces. Le deuxième axe porte sur la production de connaissances, la collecte de données probantes et la gestion de l’apprentissage par les politiques publiques, ainsi que sur le partage des bonnes pratiques.
Le troisième est relatif à la promotion de la collaboration et du dialogue entre les différents acteurs. L’objectif est de stimuler des efforts inclusifs et intégrés face à la fragilité et en faveur du renforcement de la résilience. Le quatrième axe concerne l’intégration des dimensions climatiques et de genre dans la lutte contre les facteurs de fragilité et la promotion de la résilience.
« Avec le lancement du Foward, le Timbuktu Institute réaffirme une conviction qui l’anime depuis sa création : faire de la connaissance un levier central de la prévention des conflits et de la construction d’une paix durable en Afrique de l’Ouest et du Centre », indique le communiqué. À travers cet Observatoire, l’institut ambitionne de doter la région d’un outil de recherche et d’action capable de contribuer au renforcement de la résilience face aux défis actuels. Cette démarche reposera sur une approche holistique et sur des stratégies endogènes.
Le lancement intervient dans un contexte marqué par plusieurs années d’instabilité en Afrique de l’Ouest et du Centre. Une situation qui, selon le Timbuktu Institute, pèse lourdement sur les communautés locales et continue d’entraver les efforts de développement économique et social. La majeure partie des violences et de l’insécurité s’est d’abord concentrée dans la région sahélienne, notamment sous l’effet des actions des groupes extrémistes violents.
Mais plusieurs signaux montrent désormais que les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest ainsi que certains espaces d’Afrique centrale sont également exposés à ces risques, relève l’institut. Fort de plus d’une décennie d’expérience dans la recherche et l’action en zone sahélienne, le Timbuktu Institute dit avoir développé ou pris part à plusieurs programmes dans les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Ces initiatives visent notamment à favoriser l’apprentissage par les politiques publiques, en capitalisant sur les enseignements tirés du Sahel afin d’améliorer les mesures de prévention et de lutte. C’est ce travail de terrain, mené pendant une dizaine d’années, qui a conduit l’institut à structurer son expertise autour d’un outil permanent et systématique, en complément des dispositifs déjà existants.
CHEIKH THIAM






