Publié le 10 Nov 2021 - 13:28
PRESIDENTIELLE GAMBIENNE

Le combat d’Amnesty International

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La campagne électorale pour l’élection présidentielle en Gambie a débuté. Amnesty International a saisi cette occasion pour interpeller les différents candidats. Il leur demande, dans un communiqué reçu hier à ‘’EnQuête’’, à ‘’rompre avec le passé en s’engageant publiquement à améliorer, une fois élus, la situation des droits humains dans sept domaines clés’’.

Ils devraient ainsi s’engager à  ‘’protéger le droit à la liberté d’expression, protéger le droit à la liberté de réunion pacifique, lutter contre l’impunité, mettre fin aux violences sexuelles et fondées sur le genre et aux discriminations touchant les femmes, promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels, adopter une loi interdisant la torture et abolir la peine de mort’’, lit-on.  Amnesty rappelle que ‘’le régime répressif de l’ancien président Yahya Jammeh a été marqué par les arrestations arbitraires massives, la torture généralisée, les homicides extrajudiciaires et la persécution des voix dissidentes’’.

Seulement, souligne la directrice pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale à Amnesty International, Samira Daoud, ‘’si nous avons noté de nettes améliorations dans l’espace civique depuis l’arrivée au pouvoir du président Adama Barrow, l’élection, le mois prochain, offre l’occasion à la Gambie de voir son bilan en termes de droits humains suivre la même voie. Aussi, invitons-nous tous les partis politiques et tous les candidats à signer notre manifeste et à s’engager publiquement à protéger les droits de tous en Gambie’’.

Ledit manifeste, dit-on, ‘’met en avant la nécessité de garantir et promouvoir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique qui demeurent menacés dans le pays. Le Code pénal contient plusieurs dispositions qui restreignent ces droits, notamment la criminalisation de la sédition en lien avec le président et l'administration de la justice, qui impose des peines sévères, dont l’emprisonnement, la confiscation des publications et des machines d’imprimerie’’.

Mais il n’y a pas que cela. Certaines lois posent problème. Parmi ces dernières, celle sur l’information et les communications, qui confère aux services chargés de la sécurité nationale, aux autorités chargées des enquêtes et à l’Autorité de régulation des services publics (Pura) le pouvoir d’intercepter les communications à des fins de surveillance, sans réel contrôle judiciaire. Il y a également, selon Amnesty, ‘’l’article 5 de la loi relative à l’ordre public, qui confère un pouvoir excessif à l’inspecteur général de la police, s’agissant de limiter les rassemblements, sans mécanisme de contrôle. Depuis cinq ans, cette disposition est invoquée pour restreindre les manifestations pacifiques’’.

Eu égard à tout cela, ‘’Amnesty International invite tous les candidats à prendre l’engagement public d’abroger ou de réviser ces lois et de veiller à ce que la législation gambienne soit conforme aux traités régionaux et internationaux relatifs aux droits humains que le pays a ratifiés’’. En outre, ‘’ils doivent également assurer l’obligation de rendre des comptes pour les violations des droits humains. Les partis politiques et les candidats doivent mettre en œuvre toutes les recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparation portant sur l’engagement de poursuites et la lutte contre l’impunité’’.

 

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