Publié le 27 Mar 2019 - 00:42
PROJETS DE REINTEGRATION

L’Etat et les 3 871 migrants en échec 

 

Depuis mai 2017, plus de 3 000 migrants en échec ont été rapatriés au Sénégal. Plus du tiers de ce nombre vient de Kolda où l’ambassadeur Sory Kaba, Directeur général des Sénégalais de l’extérieur, et les partenaires au développement ont procédé, hier, au lancement de deux projets accès sur la gouvernance migration et développement et protection et réintégration des migrants au Sénégal.

 

Depuis mai 2017, le Sénégal a accueilli 3 871 migrants sénégalais rapatriés de pays comme l’Allemagne, la Libye, le Maroc et le Niger. La région de Kolda compte 1 300 migrants de ces rapatriés. La collectivité territoriale de Guiro Yéro Bocar est la plus touchée. ‘’Dans le seul village de Guiro Yéro Bocar, 74 migrants ont été rapatriés ; 97 autres migrants sont issus des villages de la commune de Guiro Yéro Bocar’’, renseigne Boubacar Seydi, Maire de ladite collectivité territoriale. Fort de ce constat amer, l’Etat du Sénégal, en collaboration avec ses partenaires au développement, notamment l’Agence espagnole de coopération internationale et de développement (Aecid), l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) et le concours financier de l’Union européenne, à travers le Fonds d’urgence pour l’Afrique, ont élaboré deux projets pour assurer la protection et la réintégration de ces migrants sénégalais de retour.

‘’Ces jeunes migrants, âgés entre 18 et 35 ans, cherchent des nouvelles opportunités de travail. Donc, on est aujourd’hui ici pour aider le gouvernement sénégalais à aider ces jeunes qui ont accepté de retourner dans leur pays, pour qu’ils puissent trouver des opportunités de travail et bénéficier de tous les services de l’Etat’’, explique Lia Poggio, chargé des programmes à l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), par ailleurs chargé de la coordination du Projet pour la protection et la réintégration des migrants de retour au Sénégal.

Ces projets vont répondre aux attentes des migrants sénégalais rapatriés

Selon l’ambassadeur Sory Kaba, ces projets vont répondre aux attentes de ces milliers de Sénégalais qui ont échoué dans leur tentative de migration. ‘’Ces projets concernent également les Sénégalais qui sont encore en migration, mais qui souhaitent revenir et qui ont des difficultés à rentrer au Sénégal. Et enfin ceux qui sont encore en migration, qui ne souhaitent pas revenir, mais qui souhaitent investir dans leur territoire de départ’’, explique-t-il.

Le directeur général des Sénégalais de l’extérieur de poursuivre que ‘’ce sont des projets qui viennent pour répondre aux différentes préoccupations identifiées, depuis des années, avec les partenaires au développement, en l’occurrence l’Agence espagnole de coopération internationale et de développement, l’Organisation internationale pour les migrations et le concours financier de l’Union européenne, à travers le Fonds d’urgence pour l’Afrique qui nous permet de lutter efficacement et de manière urgente contre les causes profondes liées à la migration irrégulière’’.

‘’La migration offre la perspective aux milliers de jeunes Sénégalais qui ont envie de voyager et de réussir dans leur vie, mais malheureusement souvent au risque de leur vie. Donc, il nous faut une approche multi-acteurs pour permettre à tout un chacun de pouvoir s’identifier dans ce projet et de pouvoir apporter sa contribution pour sa réussite’’, poursuit Sory Kaba. Avant d’ajouter : ‘’Dès ce mardi 26 mars, les activités vont démarrer, avec l’identification des porteurs de projets au sein des Sénégalais rapatriés. Ceux qui ne portent pas de projets seront mis dans une approche communautaire avec les collectivités territoriales pour qu’ils puissent être accompagnés financièrement, à la suite d’une formation et un renforcement de capacités.’’

Les secteurs porteurs seront identifiés

Pour Sory Kaba, les services de l’Etat déconcentrés, les collectivités territoriales, les Ong et les associations diverses seront impliqués dans l’identification des secteurs porteurs pouvant pour prendre en charge les besoins des migrants. ‘’Nous allons demander à chaque service : dans quel domaine pensez-vous que nous pouvons réussir, si on s’investit ? Et tout le monde va se prononcer et, ensemble, on les identifie et on les fait porter aux différents compatriotes qui sont dans le besoin’’.

Parmi les migrants rapatriés, certains soutiennent que ‘’l’Etat du Sénégal a validé leur retour au bercail’’. Une accusation balayée d’un revers de main par le directeur général des Sénégalais de l’extérieur qui soutient que ‘’le gouvernement du Sénégal n’a signé aucun accord de réadmission. Quand on rapatrie un compatriote, souvent, on peut le rapatrier de bon gré. C’est-à-dire que ce dernier a accepté volontairement qu’on le rapatrie, parce que ses conditions de vie ne lui permettent plus de voir le bout du tunnel. Il a besoin d’une assistance de retour. Nous lui achetons un billet d’avion, nous l’accueillons à Dakar et nous le réintégrons’’.

Il poursuit que ‘’ceux qui sont rapatriés de force sont souvent des Sénégalais qui commettent des délits et n’importe quel genre de délit, et qui, en fin de compte, ne sont plus autorisés à vivre dans le territoire d’accueil. Auquel cas, le Sénégal ne peut pas rejeter ses enfants. Nous les accueillons comme des rois. Nous les mettons dans des conditions de réussite, parce qu’ils entretenaient des familles ici au Sénégal. Par ailleurs, il peut y avoir des cas isolés. Et nous tous, on fait allusion souvent aux Sénégalais en Allemagne ou aux Sénégalais aux Etats-Unis’’.

Les acteurs sont sûrs que les conditions de réussite sont bien réunies au Sénégal. Car la vie est paisible. Et le Sénégal est très loin des autres pays où il y a un conflit ouvert, où l’opinion est opprimée, où les conditions démocratiques ne sont pas réunies. C’est pourquoi ces derniers ont soutenu que ‘’les actions visent à contribuer au renforcement de la gestion et la gouvernance des migrations, à assurer la protection, le retour et la réintégration durable des migrants et à mobiliser la diaspora sénégalaise afin de promouvoir le développement économique du pays’’.

EMMANUEL BOUBA YANGA

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